Canaries – La Gomera – Jour 3 – de Valle Gran Rey à la Fortaleza

Après deux jours passés à arpenter le sud-est et le cœur de l’île de la Gomera, c’est le sud-ouest qui a eu les faveurs de la troisième journée du voyage sur la petite île. Après une traversée rapide des paysages centraux de l’île maintenant bien connus, la route bifurque à gauche et descend doucement vers Arure, un petit village d’altitude sans grand intérêt si ce n’est d’offrir des paysages splendides sur les montagnes alentours depuis le mirador del Santo.

Quelques encâblures plus loin, on découvre un nouveau mirador, celui de Cesar Manrique, le fameux artiste canariote originaire de Lanzarote. Le restaurant qui trône dans l’épingle à cheveux que forme la route à cet endroit est malheureusement fermé mais ses terrasses supérieures restent ouvertes pour offrir une vue tout à fait dégagée sur la plus grande vallée d’érosion de l’île : le barranco de Valle Gran Rey. Ne pas non plus oublier de s’arrêter au mirador de la Curva del Queso (oui oui). Époustouflants.

Oh et depuis l’église que vous voyez ci-dessus, on a aussi une fort belle vue sur les environs !

Après des kilomètres de descente, je m’arrête à El Guro pour une petite randonnée (numéro 35 du Rother) qui s’enfonce dans le barranco de Arrure en direction d’une cascade bien connue des habitants. La randonnée n’est pas vraiment difficile et offre de jolies vues sur les recoins du barranco, très exploité d’un point de vue agricole avec ses terrasses et arbres fruitiers. Au bout de quelques kilomètres à sautiller d’un côté et de l’autre du cours d’eau, on tombe enfin sur la cascade. Une balade rafraîchissante alors que la météo s’obstine avec cette sorte de brume de mer qui envahit les vallées et rend le travail de photographie bien difficile ! Ne m’en veuillez pas trop, c’était l’enfer à photographier et ça duré trois jours complets sur la Gomera !

La ville de Valle Gran Rey en elle-même ne présente pas grand intérêt. Elle est dotée de quelques plages bien sympathiques et est dominée par des falaises dantesques ! C’est d’ailleurs la petite playa de Vueltas, tout au sud, qui a le plus retenu mon attention. Peut-être parce que le soleil tentait de poindre un peu…

La balade achevée, que faire ? La météo n’est pas vraiment propice à du farniente au soleil et la journée est trop avancée pour arpenter l’une des nombreuses (et à priori splendides de ce que j’ai pu voir !) randonnées qui sillonnent les flancs du barranco de Valle Gran Rey. Je fais alors un pari : repartir dans les montagnes, aller voir le petit village de Chipude (qui fout les miquettes, c’est désert là-haut !) et tenter de grimper sur le plateau de la Fortaleza.

Une idée stupide, par ce temps ? On verra. Le vent se lève.

Me voici au pied de la fameuse forteresse. Le temps est toujours aussi bouché, baigné d’une lumière blanchâtre qui assomme les pupilles. Le vent souffle, de plus en plus fort, dans ce qui me semble être la bonne direction. Allez, on tente l’ascension et on verra bien ce que ça donne sur la dernière portion au milieu des roches qu’il faut escalader pour rejoindre le plateau. Comme de par hasard, le soleil pointe le bout de ses rayons alors que je songe à me retourner vers l’Alto de Garajonay, le point culminant de l’île. Claque. Le vent qui fouette le visage, le paysage qui se débouche tant bien que mal et une sensation de profondeur incroyable.

Le reste de l’ascension est à l’avenant et l’arrivée sur le plateau, très large finalement, donne une impression de sommet du monde, de monde à part, ou perdu, qui sait ! L’ascension dans les roches s’est finalement très bien passée, il faut simplement rester prudent et précautionneux sur deux ou trois passages mais pas de quoi se faire très peur.

Là-haut, à 1243 mètres d’altitude, il ne faut surtout pas oublier de se diriger plein sud pour admirer le paysage, toujours un brin bouché ceci dit, qu’est-ce que ça doit être par temps clair ! La vue sur les mamelons rocheux du sud dans cette lumière aveuglante est bluffante mais le mieux, c’est encore de s’avancer sur l’éperon rocheux, comme suspendu au dessus du vide pour mieux se retourner et admirer les falaises verticales de la Fortaleza, avec vue sur le barranco de la Rajita et le sommet de l’île. Impossible de rendre l’immensité de cet endroit en photo mais ce paysage restera bien longtemps gravé dans mon crâne !

Redescente. Un dernier regard alors que le soleil se la joue contrejour après s’être planqué dans la brume toute la journée. Petit con. Je reviendrai pour la revoir par temps clair, cette Fortaleza.

La Gomera, même sous un ciel capricieux, sait distiller ses merveilles, qu’elles soient végétales ou minérales. Si le photographe en moi aurait largement apprécié de retrouver les lumières du premier jour, voire du second, il a bien fallu composer avec ces lumières et profiter, se gorger de cette ambiance très singulière mais collant au final bien avec ces paysages sauvages du sud de l’île.

La carte de cette journée de roadtrip sur la Gomera :

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