Savoie – de Rosuel au lac de la Plagne sous le Mont Pourri

Pour l’ultime journée de cette première moitié de séjour en Vanoise, la zone de Pralognan est malheureusement à proscrire avec une météo très instable. Beaucoup d’autres zones étaient d’ailleurs concernées par cette météo très variable, à l’exception notable de la porte de Rosuel, l’un des points d’entrée du parc national de la Vanoise.

La bonne nouvelle, c’est que cette randonnée nous emmène dans le coin de la Pointe du Vallaisonnay que j’avais tant apprécié quelques jours auparavant. En plus de ça, elle se promène aux pieds du légendaire Mont Pourri. Que demander de plus ? Pas grand chose si ce n’est une météo aussi stable que possible.

Cela commence très bien dans la première phase d’ascension qui court sur les flancs de l’Aliet et grimpe assez fort vers une vallée d’altitude, celle de la Plagne justement. L’Aiguille du Saint-Esprit, le Mont Pourri, le Mont Turia ou encore les brèches Poccard et Puiseux jouent à cache-cache avec les nuages, l’ascension est splendide !

La dernière partie est marquée par une petite course avec les nuages d’évaporation qui remontent furieusement vers la vallée de la Plagne encore bien ensoleillée. Phénomène normal, bien sûr et pas du tout inquiétant, mais qui annonce malgré tout que l’ensoleillement ne durera pas toute la journée.

Pour le moment en tout cas, c’est tout bon tandis que le sentier redevient plus ou moins plat, grimpant maintenant en pentes douces au travers de la vallée, sous le Dôme des Platières et celui de la Sache. Le ruisseau qui s’échappe du lac de la Plagne fait des méandres incroyablement photogéniques dans la vallée.

Le lac de la Plagne est là, étincelant. Le sentier le longe, sous la masse imposante du Mont-Blanc de Peisey, jusqu’à rejoindre le refuge Entre le Lac, sympathique à souhait. On peut alors soit finir le contournement du lac, soit prendre un peu de hauteur, ce que je fais en rejoignant progressivement le GR quitté quelques jours plus tôt (je passe toutefois sur un sentier un peu plus bas que le pierrier du tour du Vallaisonnay).

Le rocher des Mindières, avec son petit refuge ou chalet, nous tend ses roches panoramiques en surplomb du lac, incroyable balcon sur la montagne environnante. Je croise deux guides du parc de la Vanoise, l’occasion de discuter comptage des gypaètes barbus qui reprennent peu à peu possession des lieux. Je crois que j’aimerais bien être guide ou agent de parc national, un jour.

Le déjeuner avalé au soleil, il est temps de quitter les lieux car le vent se lève un peu et que la couverture nuage progresse rapidement, s’assombrissant même du côté de Pralognan et de la Grande Casse, “comme prévu”. Il ne faudrait pas qu’un nuage se décide à sauter une crête…

On part malgré tout gagnant en prenant une variante du sentier après les chalets de la Plagne. Le sentier normal repart vers le parking par la montée de l’aller mais son alternative reste en balcon aux pieds du Mont Pourri et c’est un pur régal.

D’une part, les vues offertes sur la vallée en contrebas mais aussi à l’arrière sur le chemin parcouru sont superbes, surtout avec le ciel chargé et de plus en plus menaçant. D’autre part, une multitude de ruisseaux descendent du massif du Mont Pourri, avec autant de gués ou de ponts qu’il faut traverser, rendant la randonnée toujours plus ludique.

Je ne pousserai pas la gourmandise jusqu’à faire un autre détour jusqu’au refuge du Mont Pourri… mais je l’aurais volontiers fait si la météo n’avait pas été aussi instable.

La dernière étape, passée la bifurcation menant au refuge du Mont Pourri est une descente progressive jusqu’à d’anciennes bergeries dominant la vallée. On croise encore quelques ruisseaux puis arrive l’ultime bifurcation : soit prendre à gauche le sentier de descente de la via ferrata de Rosuel, soit à droite vers Beaupraz pour une descente très tranquille mais rallongeant le parcours de quelques hectomètres.

J’ai choisi la première option et force est de constater que oui, la descente est très abrupte ! Mais il y avait aussi une immense quantité de framboisiers sauvages ; histoire de faire quelques pauses pour le genou et pour la gourmandise. Quel coin, mais quel coin, que la Vanoise…

 

La carte de la randonnée :