Essai – Ford Fiesta ST Plus / Pack Performance

De l’ancienne Ford Fiesta ST, je garde un souvenir lointain mais fort sympathique, pour ne pas dire enthousiaste ! Je n’avais à l’époque pas pu essayer la version « finale » de l’auto, déjà forte de 200 ch ; voire de 215 à la faveur d’un boost du turbo mais déjà, la version d’origine était un régal à conduire et une vraie petite puriste qui taillait des croupières aux GTi françaises.

Entretemps, la 208 est devenue « By Peugeot Sport », la Clio a tenté de se faire « Trophy » et Toyota est rentré dans la danse avec son nouveau blason « GRMN ». Le fait est que le dernier venu est aussi le plus enthousiasmant avec une auto certes vieillissante mais réellement puriste dans son approche, avec un diff’ accrocheur, une direction et un ensemble moteur-boîte réjouissants.

Alors, la nouvelle Ford Fiesta ST – au même titre que la génération précédente – est la première de cette nouvelle génération de petites citadines qui va voir arriver sous peu une nouvelle Clio, une nouvelle 208 ou encore une nouvelle Yaris. Sans parler de la Corée qui se fait attendre ou de CUPRA que l’on verrait bien se saisir de la nouvelle Ibiza.

En revanche, pour les allemandes, on attend la flamme de la passion depuis un moment déjà. L’avenir n’est donc pas encore vraiment écrit et rien n’est moins sûr que de retrouver un superbe plateau de GTi, alors réjouissons nous pour le moment de l’arrivée d’une nouveauté et faisons le tour de la petite bleue.

Extérieurement, au delà de ce bleu performance assez visible, cette nouvelle Ford Fiesta ST ne fait pas dans la démesure. Elle est tout de même bien reconnaissable avec une face avant plus musclée et dotée d’éléments anthracite (gris, quoi) joliment dessinés et intégrés dans le bouclier qui n’est pas sans rappeler avec sa calandre feu la Focus RS.

Les feux sont expressifs avec leur joli liseré lumineux enveloppant quatre bloc optiques simplement mais là-aussi joliment dessinés. On note aussi bien évidemment le logo ST qui trône dans un coin de la bouche béante et obscurcie de l’auto qui fait donc dans la sportivité plutôt discrète.

Impossible en revanche de rater les roues, superbes ! Ford ne fait pas le diamanté classique et a choisi un très joli dessin à cinq branches qui se dédoublent de façon asymétrique. C’est du plus bel effet, tout comme les petits étriers peints en rouge à l’intérieur. On note d’ailleurs qu’il ne s’agit pas de pinces fixes… on y reviendra.

Les flancs sont creusés, comme sur la version ST Line essayée il y a une petite année, mais cela s’arrête là. Il faut ensuite regarder à l’arrière de l’auto pour retrouver quelques signes extérieurs de sportivité : mignon becquet, double sortie d’échappement, point de diffuseur factice en revanche et c’est tant mieux.

Oh, vous l’aurez sûrement noté : cette nouvelle Ford Fiesta ST est une cinq portes (nota : la version trois portes existe également). Je trouve en tout cas qu’elle n’en souffre pas plus que ça, grâce à une ligne de caisse qui remonte pour converger avec celle, descendante, du toit.

Au final, cette nouvelle Ford Fiesta ST peut sembler bien sage mais c’était déjà un peu le cas à l’époque de son aïeule, discrète et polyvalente également.

A l’intérieur, même combat ! Ford semble avoir fait le minimum pour rendre l’habitacle de sa Ford Fiesta ST sportif, tout en conservant l’excellent niveau d’équipement déjà vu sur la ST Line. Attention toutefois : ce minimum est fait avec sérieux.

J’en veux pour preuve les baquets réellement enveloppants et dotés d’un maintien irréprochable. Ford persiste et signe d’ailleurs : il vaut mieux ne pas être trop gros dans ses autos sportives car les flancs des baquets Recaro (chauffants) sont sacrément resserrés ! Cela me rappelle vraiment l’ancienne Ford Focus ST et ce n’est à dire vrai pas un mal.

Les blasons ST et Ford Performance sont visibles ici et là, sur les baquets mais aussi sur le volant qui a lui aussi bénéficié d’une attention particulière. Bon, il me semble toujours un peu trop grand au niveau du diamètre mais sa prise en main et sa tenue sont excellentes.

Toujours dans le registre de la sportivité, on note l’apparition au centre de l’auto de boutons de choix de mode de conduite (Normal, Sport, Track) et de la possibilité de déconnecter tout à fait l’ami ESC. Nota : ces boutons ne bénéficient pas d’un accès forcément ultra pratique du fait de la présence d’un levier de frein à main (oh, tiens, un survivant !)

Pour le reste, la Ford Fiesta ST ne brille pas forcément par la qualité directement perçue de ses matériaux mais plutôt par le sérieux de son exécution et la quantité d’équipements disponibles sur cette version Plus particulièrement équipée. Maintien en ligne, régulateur, volant chauffant, climatisation bien faite, rétroviseurs et pare-brise chauffants, système SYNC toujours satisfaisant avec une bonne intégration de Apple CarPlay (ça change) : il y a tout pour faire de la Ford Fiesta ST une voiture également ultra pratique au quotidien.

Au delà de la logique évolution technologique de l’habitacle, on note aussi une différence de taille au moment de démarrer l’auto et de basculer aussitôt sur le mode Sport : le son. Le moteur sonne juste, gronde joliment au ralenti et jappe à l’accélérateur mais il y a quelque chose de caractéristique dans sa sonorité, c’est un trois cylindres !

Alors voilà, la carrosserie passe au chiffre 5 et le moteur au 3. Je préfère dans l’autre sens mais il convient de saluer la performance de… Ford Performance, qui extrait 200 ch à 6000 tr/min et 290 Nm à 1600 tr/min du petit bloc qui sait aussi se mettre sur deux pattes quand c’est nécessaire. Bilan : des consommations limitées en utilisation courante (testé et approuvé !), à 5-6 L/100… et 9.3 L/100 de moyenne après 490 km à rouler dans cette voiture comme si je l’avais volée !

Ford prouve avec sa Fiesta ST que le downsizing peut être bien fichu avec un trois pattes caractériel et sonore à souhait, métallique et pétaradant, capable d’un moment à l’autre de se mettre en retrait pour sauver un maximum de litrons (il faut dire que le réservoir ne fait que 42 L) et ensuite de vociférer avec rage jusqu’à 6000 tr/min (pas besoin d’aller au delà).

La boîte n’a pas été oubliée non plus et cette petite BVM6 fonctionne à merveille, avec des verrouillages francs et un guidage de bon niveau, sans être trop ferme et fatigante en conduite en ville. C’est une réussite et un plaisir à manier, surtout que ça ne tire ni trop court ni trop long. Le fond de 4 est à 170 km/h (sur circuit !), pour une vitesse maximale donnée pour 232 km/h.

J’avoue avoir été un petit peu dubitatif lors de l’annonce de l’auto en me demandant ce qu’allait bien pouvoir donner ce petit moulin de 1.5 L sur une GTi mais cela fonctionne bien, en sus d’aider à maintenir le poids à un niveau raisonnable malgré la profusion d’équipements et les normes choc toujours plus dures à tenir : 1262 kg annoncés sur la balance, soit malgré tout un petit quintal de plus que l’ancienne.

Cette relative légèreté se ressent d’ailleurs bien dans le comportement de l’auto ! Ma version d’essai était par ailleurs dotée de l’option performance qui ajoute le différentiel Quaife au package mécanique de la Ford Fiesta ST. Au vu de la cavalerie proposée par l’auto, j’aurais tendance à dire qu’il s’agit-là d’une option obligatoire et ce d’autant plus qu’il est bien réglé.

Avant même de parler de dynamisme ou de qualité du châssis, j’ai été vraiment impressionné par la calibration du différentiel Quaife. D’un côté, on trouve les 208 by Peugeot Sport ou Yaris GRMN dont les diff’ tractent violemment l’auto vers la corde, avec un côté on/off certes impressionnant et efficace ; de l’autre, cette Ford Fiesta ST se montre bien plus équilibrée et progressive avec un différentiel qui fait le job avec sérieux mais qui ne donne pas l’impression de brutaliser la direction lors de sa mise en action.

C’est donc pour moi une franche réussite, même si je pense que certains trouveront là à redire après être passé au volant des deux autos sus-citées. Le caractère brut de décoffrage de ces deux voitures peut bien sûr séduire et m’a beaucoup plu mais j’ai aussi apprécié le caractère plus filtré et progressif et sûrement plus rapide à la fin de la Fiesta.

La suspension dans tout ça ? Elle est bien sûr passive et n’est donc pas affectée par le mode Sport qui joue seulement sur la réactivité des commandes. Le compromis général est excellent, bien plus qu’il ne l’était sur l’ancienne Ford Fiesta ST. La filtration n’est pas irréprochable et il y a petit côté « bout de bois » en compression qui n’est pas rédhibitoire pour autant. C’est ferme mais l’amortissement reste bon.

La tenue en compression / détente est également bonne, avec une caisse qui se maintient bien même quand on la déséquilibre volontairement ! L’équilibre du châssis est d’ailleurs tel qu’on prend un très malin et vilain plaisir à la brusquer ici et là pour envoyer des décrochés du train arrière, qui obéit assez prestement.

La Ford Fiesta ST n’est bien sûr pas une 205 GTi qui survire au moindre lâcher de pédale d’accélérateur mais son popotin accepte volontiers de se translater et de se placer dans les virages, permettant de doser agréablement les trajectoires ! Seul bémol : un ESC qui peut intervenir un peu rapidement quand on y va comme un furieux. Bon, vous me direz, c’est mieux pour « tout le monde ».

On est bien aidé dans ces bêtises par une direction qui comme je le disais, gagne en réactivité au passage du mode Sport. Le mode Normal n’est pas mal non plus mais il manque un peu de dureté que l’autre mode lui apporte sans trop en faire. On récupère un volant facile à déplacer, facile à corriger aussi et avec un bon ressenti du grip procuré par les Michelin Super Sport (des Pilot Sport 4S auraient été mieux ? peut-être !).

Le point qui me pose à dire vrai le plus question est le freinage. Le choix technique fait par les équipes Ford Performance n’est pas sans me rappeler celui fait par Peugeot sur sa 208 GTi avant qu’elle ne devienne « by Peugeot Sport ». Des étriers flottants, de la même marque… et une pédale qui s’allongeait diablement en descente alpine, avec en sus et à chaud des bruits de sablage / friction vraiment pas agréables.

Je n’ai pas eu l’occasion sur mon parcours normand d’atteindre les limites du système mais je pense que pour une utilisation circuit ou un peu plus intensive (alpine ou équivalent ?), cela risque d’être un peu léger. Il va falloir essayer pour en être sûr… !

Au final, les kilomètres s’enchaînent et plaisir augmente, peu à peu, alors que la connaissance de l’auto et de ses réactions se fait plus complète. Les limites de ce petit châssis sont lointaines et il communique déjà beaucoup à fort rythme ! Il y a vraiment de quoi s’amuser sans aller extrêmement vite, mais il y a aussi largement de quoi aller très vite avec cette petite bombinette.

Alors, de nouveau reine de la catégorie ? J’ai envie de dire oui ! Elle n’est pas aussi puriste dans l’exécution qu’une Yaris GRMN, qui m’a vraiment arraché beaucoup de sourires, mais il faut aussi dire que cette dernière souffrait de quelques tares particulièrement gênantes, à commencer par une position de conduite de camionnette – acceptable uniquement car elle était le feu d’artifice, l’adieu d’une voiture déjà vieille.

La Ford Fiesta ST est toute neuve, plus complète, plus technologique mais toujours très prenante et communicative avec une base moteur toute neuve et réussie. Le reste n’a pas été oublié et même si on aimerait bien sûr avoir encore un peu plus de folie dans cette auto, il va falloir attendre un peu l’évolution du modèle pour voir.

Pour commencer et pour ce premier jet sportif moderne, l’essentiel est bel et bien là. Un moteur qui crache avec enthousiaste, un châssis aux petits oignons, des ressentis venant de partout (freins, direction, baquets), la Ford Fiesta ST respecte son ADN à merveille et prouve qu’il est encore possible de faire de petites sportives abordables et respectant les dernières normes.

La facture s’établit à 25k€ pour la ST Plus d’origine (23k€ pour la plus simple et « pure » Pack), 28k€ pour mon modèle d’essai : c’est somme toute raisonnable au vu des capacités de cette auto qui, on l’espère, aura de la concurrence. Pour le moment, elle est tout simplement anéantie par la nouvelle venue. Je reviens d’ailleurs sur mon chapeau d’essai car du côté du losange, il se dit qu’il n’y aura pas de RS et on parle aussi d’une 208 GTi qui passe au 100% électrique… Je suis dubitatif.

Alors oui, savourons d’autant plus cette nouvelle Ford Fiesta ST vraiment bien née ! Pour bien faire les choses, on pourrait presque penser qu’il faut en acheter trois. Une à garder d’origine. Une à « taper » de partout en libérant l’échappement, en allégeant la caisse et ainsi de suite. Et une enfin, pour pièces, pour alimenter les deux autres !

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