Pirelli P Zero Experience 2016 – succès renouvelé

Il y a plus de deux ans, j’avais eu l’opportunité d’être invité aux Pirelli P Zero Experience sur le circuit du Castellet. Cette belle expérience, centrée sur le Trofeo R, était dans mon esprit censée rester unique. L’année 2016 étant toutefois bien riche en surprises et en petits et grands bonheurs automobiles, je me suis retrouvé début novembre à la dernière manche 2016 du programme Pirelli, au Castellet de nouveau !

Quel intérêt de revenir me direz-vous ? Le plaisir déjà, on le sait présent chez Pirelli et je ne vais pas vous mentir. C’était néanmoins l’occasion de tester de nouvelles choses, de nouveaux produits et de reprendre la température à cet évènement que l’on présente toujours comme un joli succès de marque. Sur cette édition des PZE au Castellet, ce ne sont pas moins de 60 voitures qui sont présentes. La pluie a décidé de se manifester sur ce weekend en particulier, entraînant quelques annulations « rebouchées » en quelques heures.

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S’il faut un indicateur du succès de ces journées, c’est le plateau de clients et passionnés, présents pour certains depuis le lancement du programme en 2010 ! Les motivés sont toujours là, certains ont changé d’auto entretemps, parfois plusieurs fois. Ils reviennent, encore et encore, avec pour cette année une belle présence avec le club BMW M France et une belle brochette d’autos dont je vous parlerai plus bas. En tout cas, les places sont vite comblées et la liste d’attente est réelle, pour chaque édition.

Me voici donc dans le paddock du Castellet, une fois de plus. Il est tôt, très tôt. Les voitures arrivent une à une, certaines déjà préchauffées sur les routes menant au circuit ! Le plateau s’annonce splendide avec du jaune, du rouge, du bleu éclatant, de l’orange et même du violet. Avant de me mettre définitivement à baver devant tant de merveilles, direction le briefing marque et sécurité.

L’année 2016 a vu l’arrivée d’un nouveau protagoniste chez Pirelli : le nouveau P Zero. Né avec la dernière Ferrari 488 GTB, il vient en quelque sorte célébrer les 30 ans de sa toute première naissance avec un autre cheval cabré légendaire : la Ferrari F40. La marque italienne n’est pas la seule à utiliser les services de Pirelli puisque c’est Audi qui est ici partenaire de cette édition des Pirelli P Zero Experience.

Pour les clients, ce partenariat se traduit de plusieurs manières : du fun chronométré avec le dernier Audi RS Q3 sur le Driving Center et la possibilité d’essayer les dernières TT, RS6 et RS7 Performance et la toute dernière Audi R8 V10 Plus sur le grand circuit du Castellet ! Propre. Pour moi, cela veut dire RS Q3 mais aussi et surtout la mise à disposition d’une R8 pour l’équipe media, toute la journée. Royal. C’est le moins que l’on puisse dire.

Avant ça, direction donc le petit circuit du Driving Center, découvert il y a quelques temps déjà et dont je me souvenais avec affection ! Technique, sinueux en diable, il est idéal pour s’amuser avec une « petite » Audi RS Q3 chaussée de P Zero. Le challenge du jour : faire le meilleur chrono en combinant attaque, système quattro et tout le grip disponible sur cette version SUV du pneumatique sportif.

Pas de doute quant à ce dernier : le P Zero n’a pas montré ses limites, le RS Q3 un peu plus… Je ne suis pas un énorme fan de cette auto, il faut bien l’avouer. Il n’empêche, en attaque matinale et avant de plonger dans le grand bain, cette petite épreuve était bien agréable et a forcé les neurones à définitivement sortir du lit !

Retour sur le grand Castellet. La piste est encore détrempée mais les clients sont déjà à l’attaque ! Quelques glissades, deux trois tricotages de volant mais rien de méchant et cela s’assèche doucement. Avant de prendre le volant, je prends le temps de m’attarder dans le réceptif pour me réchauffer. J’étais venu en tshirt. Le sud, c’est le soleil, m’avait-on dit et j’avais encore le souvenir du weekend précédent, dans le pays narbonnais, avec un bon 20°c dans l’air…

Café, BATAK, exposition de la gamme P Zero, comptoirs des partenaires. Entre deux sessions de roulage, Pirelli a reconduit ce qui faisait le succès des dernières éditions, un bon mélange de cordialité et de convivialité autour d’un circuit entièrement privatisé. L’ambiance qui règne dans les différents stands le long de la ligne droite et également dans ce réceptif est d’ailleurs sans équivoque : ça rigole, ça échange, ça se conseille sur la piste et tout le reste. Certains se connaissent déjà bien, d’autres se retrouvent. J’avais déjà apprécié cela en 2014, me voici de nouveau convaincu.

La piste devient moins grasse, partiellement séchée par les multiples passages et le vent qui se lève doucement. La pluie ne reviendra pas de la journée, le brouillard oui, rendant les sessions encore plus amusantes avec quelques nappes de nuages ici et là, forçant la concentration et l’anticipation. Il est temps de (re)faire connaissance avec la monture du jour, l’Audi R8 V10 Plus.

V10, atmosphérique et pour résultat 610 chevaux que je n’essaierai décidément jamais sur le sec ! Une gueule toujours aussi fantastique et un habitacle cocon dans lequel on se glisse avec un grand sourire aux lèvres. Le carbone est un peu partout, y compris du côté des pinces du système carbone-céramique. Le jappement du moteur au démarrage est un régal, sa sonorité une fois le système en Dynamic et la boîte en Manuel / Sport aussi, avec cette montée furieuse vers les 9000 tr/min pour claquer le rapport suivant.

Pirelli P-Zero Experience - Circuit Paul Ricard - Le Castellet - 5 novembre 2016

Je n’en suis pas encore là. Christophe, mon moniteur et patron du jour, est prudent lors des premiers tours. Il a bien raison, maintenant que j’y repense ! La piste est traître et elle est par ailleurs complexe, même en l’ayant déjà arpentée. Il faut toujours un peu de temps pour se recaler au Castellet. La piste est extrêmement large, avec ses zones de dégagement multicolores et un horizon qui semble lointain. La prise de repères de freinage et de braquage, bien que convenablement matérialisée par des cônes par les équipes Oreca, est loin d’être évidente.

La première session de tours sera donc prudente et didactique, permettant de sentir le grip et surtout la motricité. De ce point de vue, le couple P Zero / Audi R8 semble bien fonctionner avec très peu d’allumages de voyant de Traction Control au tableau de bord. Je commence même à mettre un peu de latéral avant de me faire reprendre dans une courbe. Ouf. Y aller progressivement, sagement. Il y a largement le temps et surtout, la voiture ne va pas s’évanouir : elle est là pour moi et pour les collègues, Cédrik, Anneline et Thomas.

Seconde session. La piste est encore un peu plus sèche mais finalement encore un peu plus traître car il reste de belles plaques de gras ici et là. Le rythme augmente. C’est le moment d’être encore plus propre dans les trajectoires car je reste assis dans une catapulte de plus de 600 poneys ! La motricité est toujours là, c’est finalement du côté de la direction que je peine à toucher la route. Non pas que les pneus soient en cause, je pense que c’est le caractère assez doux de la R8 qui ressort, ce n’est pas un rasoir comme d’autres voitures peuvent l’être.

Dernière session. Voilà, ça y est, j’ai compris certains virages, j’ai compris l’auto, il y a plein de latéral disponible, GAZ. Les tous premiers virages après la ligne droite sont l’occasion de bien sentir la voiture. Sur ce première gauche / droite, la voiture se place et glisse très légèrement alors qu’elle se relance vers le prochain passage sinueux. Dans mes souvenirs, on n’est pas bien loin de ce que faisait l’ancienne R8 V8, en Trofeo R ! La voiture a progressé, le pneu aussi.

Dans l’épingle droite suivie de l’espèce de double droit sur gauche menant au Mistral, la prudence reste de mise afin de ne pas perdre l’adhérence. L’humidité reste bien présente ici mais cela n’empêche pas d’aborder le fameux gauche (qui mène au mur) du Mistral sur un filet de plus en plus ample de gaz. Qu’elle est longue, cette ligne droite du Mistral ! Et pourtant il y a la chicane Nord. Freinage, 252 km/h me dit le compteur. Cela faisait longtemps que je n’avais pas pris une telle décélération à cette vitesse.

La voiture se plaque sur ses suspensions, écrasant les pneus au sol, qui font le reste en compagnie des freins. Le dégressif qui m’emmène sur le gauche / droite de la chicane est tranquille. J’ai presque envie de dire « propre » mais je sens que Christophe me dirait que je peux mieux faire… N’empêche, j’en oublie quelques uns à chaque tour lors de cet enchaînement !

Signes. Ce fameux droite en léger dévers. Cela passe à 150/160 je crois. Plus, je n’oserais pas dans ces conditions ! Derrière, il y a le génial double droite du Beausset le gauche de Bendor, tellement difficile à aborder. Il m’aura fallu dix tours pour trouver la bonne trajectoire, le bon point de freinage ! Derrière, c’est le Village, le Tour et enfin le Virage du Pont. La fête est finie. C’est reparti pour un autre tour !

L’histoire dit qu’il faut rentrer, que c’est fini pour aujourd’hui. Il y a un avion qui m’attend. On a failli le rater d’ailleurs… Qu’il est difficile de s’arracher à une telle auto, à une telle journée et à un tel spectacle. Les clients du Pirelli P Zero Experience semblent souffrir du même mal que moi, peinant à abandonner leur auto, roulant en toutes circonstances, que la piste soit grasse, sous un peu de brouillard ou claire !

Au delà du plaisir personnel de rouler, de celui d’échanger avec ceux qui nous entourent, les Pirelli P Zero Experience sont aussi pour le passionné d’automobiles sportives une splendide vitrine, un buffet quasiment à volonté de tout ce qui se fait de mieux dans la production automobile moderne.

Je vais vous abandonner sur ces multiples photos de bonheur automobile, le souvenir encore ému de ces derniers tours parcourus à pleine allure, heureux de trouver les bons gestes, les bonnes trajectoires, les bons enchaînements, sentant le châssis et les pneumatiques travailler de concert pour aller chercher un maximum de km/h dans les bouts droits suivants.

Les Pirelli P Zero Experience célèbrent leur sixième édition. De 2010 à 2016, ils ont éveillé bon nombre de personnes au circuit, convaincu un bon nombre d’autres d’en faire régulièrement et s’imposent désormais comme l’un des beaux rendez-vous de l’année automobile en France.

Il ne leur reste plus qu’à faire des petits ailleurs… Je croise les doigts pour eux, ils le méritent amplement avec leur parfait équilibre de professionnalisme, de convivialité, de nonchalance et d’émotions sportives !

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Pirelli P-Zero Experience - Circuit Paul Ricard - Le Castellet - 5 novembre 2016

Pirelli P-Zero Experience - Circuit Paul Ricard - Le Castellet - 5 novembre 2016

© Denis Meunier pour les photos côté circuit, moi-même pour le reste !

2 Commentaires

    • Ah ça, Porsche… déjà si je pouvais essayer un 718 Cayman sans passer par des moyens détournés, ce serait superbe !

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