Pirelli P-Zero Experience – gentlemen drivers et technologie

Le weekend dernier se déroulait au Castellet le premier volet 2014 des Pirelli P-Zero Experience auxquels Antoine et Charles avaient pu assister l’an passé. Ils m’avaient pour être honnête fait très envie, aussi étais-je ravi en recevant le mail d’invitation, sautillant partout à l’idée de rouler sur un circuit fantastique au volant de voiture non moins fantastiques chaussées de gommes italiennes que l’on retrouve sur une grande majorité de véhicules à hautes performances ! Un programme alléchant qui a pris forme ce dimanche 22 juin à l’arrivée au Castellet. Jugez plutôt sur la photo ci-dessus : Audi R8 V8 et V10, Jaguar F-Type Coupé S et R et enfin ma délicieuse Alfa Romeo 4C, le tout étant environné des signes du manufacturier premium italien.

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Premium ? Oui, indubitablement. Je n’avais pas conscience de la relative petitesse de Pirelli avant cette présentation groupe / produit, ayant toujours été persuadé d’avoir affaire à plus gros du fait de la portée de leur image de marque. Pirelli, c’est bien sûr le fameux calendrier mais c’est également ces publicités qui ont marqué mon enfance à base de  » Sans maîtrise, la puissance n’est rien. » ! Forcément, j’ai toujours associé Pirelli aux constructeurs exclusifs, oubliant au passage que lesdits constructeurs ne produisent pas 12 millions de véhicules par an et Pirelli ne représente finalement que 5% du marché mondial de pneus. La marque communique néanmoins sur une « descente » en gamme qui n’en est pas une car il est hors de question pour eux d’abandonner le « premium », chiffres comparatifs avec les manufacturiers « budget » à la clé. Le manufacturier reste ainsi leader côté prestige et ultra hautes performances et également pour ce qui est des co-développements.

On découvre ainsi que Pirelli a développé son premier pneu spécifique à une voiture lors du développement de la Ferrari F40. Les contraintes sur cette supercar étaient telles qu’il a fallu concevoir un pneu y répondant à merveille et le pli est resté. Porsche a poursuivi le mouvement en demandant un marquage spécifique sur les gommes développées pour une voiture en particulier. Les autres ont suivi et la gamme Pirelli est désormais constituée à 42% de pneus exclusifs, à 58% de pneus « homologués constructeurs », le reste (les 42 et 58 se recoupent) n’étant pas marqué ou spécifique première / seconde monte. Première place pour Pirelli, talonné par son plus proche concurrent dont on taira le nom.

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Intéressant également, la manière de développer… J’ai beau avoir travaillé à proximité de collègues des « pneus » lors de mon passage chez un constructeur français, je ne m’étais jamais intéressé à la manière dont ils procèdent pour la consultation et la sélection de fournisseurs. Ce PZE fut donc l’occasion d’apprendre qu’une fois consultés, les fournisseurs de pneumatiques travaillent en quelque sorte gratuitement au développement du produit idéal avant d’être sélectionnés en phase finale de mise au point de la voiture, soit 2 ans 1/2 à 3 ans 1/2 après le début des activités. Aucun gage de succès bien sûr, l’enjeu étant la sélection en première monte par le constructeur. Pour les autres, soit l’abandon du projet, soit la possibilité de faire homologuer le produit comme seconde monte ou tout du moins comme produit homologué sur le véhicule. Un process bien différent de certains autres produits composant une voiture où un seul fournisseur est d’ores et déjà sélectionné après la phase de consultation et ne travaille donc pas « gratuitement » pendant le développement du véhicule.

Trêve de considérations d’ingénieur, passons maintenant à celles du conducteur du dimanche ! Le parking s’est entretemps bien rempli et si tous les véhicules ne sont pas montés en Pirelli, le plateau reste ouvert à la concurrence. Qui sait, les propriétaires pourraient bien changer d’avis… Au menu : Lotus Elise, Porsche 911 diverses et variées, Lamborghini Gallardo et Murcielago, BMW M3 ou M5, Ford Mustang et Chevrolet Camaro ; sans oublier une démente Ariel Atom V8 ! Folie furieuse, complétée par la Lotus Evora S des Carabinieri de Milan venus célébrer en compagnie de Pirelli les 200 ans de leur arme. Ils ont roulé ! Je crois même bien qu’ils ont pris en chasse un GT-R, gyrophares et sirènes allumées. Bel esprit et belles discussions le samedi soir avec eux.

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La première session de roulage se met en place pour les clients comme pour nous. Il fait déjà pas loin de 30°c et on insiste bien en briefing sur la nécessité de faire des pauses pour les freins et les moteurs, sans oublier de contrôler les pressions des pneumatiques. J’aurai l’occasion de m’en apercevoir avec l’Audi R8 V10 dont la pression pneumatiques augmentera de presque 0.8 bar en quelques tours ! Vite, remise à 2.5 comme le préconise le constructeur. En parlant d’elle, je commence ma découverte des P-Zero en sa compagnie, sur un circuit que je ne connais pas ! V10, plus de 500ch, plus de 500Nm, régime maxi dans les 8000/9000 tr/min : c’est un monstre qui abat le 0-100 en moins de 4 secondes que l’on me prête le temps de quelques tours. Ces derniers s’enchaînent au rythme des conseils des instructeurs d’Oreca, très présents et globalement pédagogues. Le temps de connaître un peu le circuit, je me mets en confiance et augmente le rythme peu à peu. Malgré les températures et malgré le poids conséquent de la voiture, les gommes tiennent effectivement le choc et les limites d’adhérence ne sont pas atteintes bien souvent, si ce n’est quand on accélère un peu trop, volant braqué. La base. En tout cas, d’un strict point de vue mécanique, le V10 est incroyable et diantre, cette sonorité… !

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On continue avec la Jaguar F-Type R Coupé pour seulement deux tours. La voiture est à l’aise sur circuit mais son système de freinage peut vite voir rouge par de telles températures, aussi faut-il tempérer un peu et rester raisonnable sur la quantité de tours, pas sur le rythme en revanche ! Le V8 de 550 chevaux transmet sa puissance et son couple uniquement aux roues arrières, aussi amorce-t-on la prise en main avec quelques œufs sous le pied droit lors des remises de gaz. Peu à peu, on se rend finalement compte que la voiture et les gommes tiennent le choc tandis que le train arrière se place gentiment si on ne s’amuse pas, là aussi, à mettre plein gaz roues braquées. Drifter, c’est perdre du temps, ne l’oublions pas (c’est aussi faire un train de pneus en deux tours). La Jaguar F-Type Coupé montre en tout cas de belles choses, s’avérant plus efficace que sa consœur le Roadster. Le V8 sonne toujours aussi bien et mon instructeur en a même profité pour tester les instructions à la main. Silence dans la voiture, hurlement du V8 et légers crissements de pneus, c’est un régal même si le toit limite quelque peu sa perception. Préférence Roadster pour le lifestyle et la musique, préférence Coupé pour la perfo !

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Pendant tout ce temps là, les gentlemen drivers s’en donnent à cœur joie sur la piste, faisant montre d’un bon esprit et trouvant semble-t-il le compromis entre attaque et responsabilité vis à vis des autres véhicules. Dans les stands, l’ambiance est également bon enfant et si l’on excepte quelques classiques grandes gueules prouvant qu’il faut toujours des exceptions pour confirmer la règle, les participants de ce PZE étaient sympathiques, souriants et profondément normaux ! Voilà qui rassure un peu et qui vient confirmer le bon esprit dont on m’avait parlé concernant PZE.

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La journée continue avec l’Alfa Romeo 4C. J’avais déjà pu l’essayer sur route et sur circuit mais c’était la première fois que je l’essayais sur le sec ! Si les gommes semblent avoir souffert avec elle, ce n’est pas pour rien : la bête est vissée au sol et est d’une vivacité incroyable, autorisant des vitesses de passage assez bluffantes qui sollicitent fortement les pneumatiques. L’inscription dans les virages se fait sans broncher tandis que le train arrière se déhanche et se place. Réjouissant petit jouet, sonore comme il faut, il ne paraît pas du tout fade et lent même après l’essai des deux monstres de plus de 500 chevaux. Le châssis très joueur et vif et le freinage dantesque qu’elle prodigue sur le sec y sont pour beaucoup et j’ai donc retrouvé avec joie ce petit chef d’œuvre de design italien. Il n’y a plus qu’à attendre la prochaine rencontre avec impatience !

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Dernière épreuve ? L’Audi R8 V8 chaussée non plus en P-Zero « normaux » mais en Trofeo R ! Épreuve ? Indubitablement. Je ne mens en vous disant que ces pneus transforment totalement l’approche que l’on a du circuit et plus globalement de la voiture qui le parcourt. C’est un révélateur du talent du châssis mais cela peut également être un révélateur de sa mauvaise conception tant il est collé à la route et supporte de fortes charges radiales. Avec un bon châssis, la voiture se transforme en voiture de course. Avec un mauvais châssis, ce dernier se tord sous la charge ! Incroyable donc avec cette Audi R8, dotée de la première option, que de parcourir le Castellet avec un regard tout neuf et l’instructeur qui vous appuie sur la jambe droite pour vous montrer à quel point ça passe vite. Le premier tour est un réapprentissage du circuit. Le second une succession de rires avec les yeux écarquillés. Ce n’est plus la même voiture. Ce n’est plus le même circuit. Tout va bien plus vite, à l’accélération, au freinage ou en courbe. Bluffant.

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Comment est accompli cette évolution technique ? C’est plutôt simple : prendre une variété de gomme tendre, revoir les blocs qui composent le pneumatique, renforcer la carcasse d’un P-Zero, le rainurer juste ce qu’il faut pour qu’il soit homologué route et zou ! Je schématise mais il y a de ça. Par rapport au P-Zero, dispo de 16 à 21 » et assurant une réelle polyvalence aussi bien sur le sec que le mouillé, le Trofeo R n’est dispo qu’en 17-20 » et est développé spécifiquement pour le circuit. Le mouillé est donc un peu en retrait mais la performance sur le sec devient hors norme, même si l’endurance en pâtit forcément. Démonstration concluante par conséquent tant il y a un réel monde entre P-Zero et P-Zero Trofeo R.

Allez, pour finir, vous reprendrez bien un peu de V12 italien ?

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Pour les prochains rendez-vous, vous pouvez regarder la vidéo ci-dessous mais sachez que ça se passera à Dijon-Prenois et au Mans les 18 Septembre et 7 Novembre prochains !

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