Californie – de Bodie à Yosemite

Le lendemain d’une belle journée pleine de surprises, me voici face à un nouveau dilemme : visiter Bodie et avoir un peu moins de temps à Yosemite ou faire l’impasse et filer dans la partie du nord de Yosemite pour en profiter pleinement.

J’ai finalement choisi la première option et après un café rapide, je me suis retrouvé aux portes du parc d’état de Bodie, une drôle de ville fantôme abandonnée au milieu de nulle part, transformée depuis en parc que les rangers tentent de maintenir debout, malgré tout !

Je ne vais pas vous asséner une explication dans le détail mais plutôt vous laisser avec quelques photos pour j’espère vous convaincre de passer du temps sur place. Une visite guidée avec les rangers serait vraiment un must, un grand must ! L’endroit est incroyable, c’est le moins que l’on puisse dire. Je ne regrette tellement pas d’y avoir passé quasiment une matinée là où je pensais y rester une grosse heure.

Après cette délicieuse matinée, je redescends en direction de la route 120 qui bifurque depuis Lee Vining en direction du parc de Yosemite. Le Mono Lake s’étend dans toute sa splendeur alors que la route joue aux montagnes russes !

Il faut savoir que la route 120 est fermée en hiver, comme par exemple maintenant alors que j’écris ces mots et que la carte Google Maps ci-dessous ne correspond pas tout à fait à mon itinéraire ! En réalité, de retour de Bodie, je me retrouve à Lee Vining et prend la route vers Yosemite, évitant un détour de plusieurs heures par le nord. Bref : renseignez-vous avant d’emprunter mon itinéraire, qui peut être bouché jusqu’à mai certaines années !

A la clé, il y a des paysages magnifiques, avant même de rejoindre l’enceinte du parc de Yosemite. Bodie semble déjà loin et reste pourtant dans mes souvenirs, comme une persistance rétinienne que l’on projette partout sur les montagnes et paysages environnants. La route 120 est une merveille, à n’en pas douter et il est d’ailleurs difficile de ne pas s’arrêter tous les kilomètres pour prendre des photos !

La frontière du parc franchie, je file vers le Visitor Center pour prendre ma dose d’informations et de suggestions de la part des rangers du parc, toujours aussi… serviables et adorables. Une constante. On me conseille, au vu du temps disponible et de mes chaussures, de faire un tour du côté du Lambert Dome pour commencer. Il paraît que la vue de là-haut est superbe. Je confirme, entre la frontière et ce promontoire, c’est d’ores et déjà un déluge de paysages superbes, avec en fond des forêts de pins de toute beauté.

Un peu plus loin, je m’arrête au parking de Stables pour une nouvelle balade, cette fois en direction des Soda Springs et du Parsons Lodge, témoins de l’intérêt des pionniers pour l’endroit, intérêt qui fut le prémisse du classement de la zone en parc national… La terre est vivante à Yosemite et cela se voit très bien dans ce coin du parc, coloré, bouillonnant et foisonnant de végétation.

Toujours plus au sud, je dépasse la zone du Tenaya Lake, quittant les décidément très intéressantes Tuolumne Meadows. Il fait bon randonner dans cette région du parc de Yosemite, il n’y a à dire vrai pas grand monde sur place et pourtant, c’est d’ores et déjà superbe à défaut être dans « la » vallée. En clair, il serait un peu criminel si vous avez du temps de faire l’impasse sur ce coin et sur le superbe Olmsted Point qui offre une vue différente du Half Dome…

Pour finir la journée, je décide de me prendre une première dose de séquoias… J’ai pour être honnête une fascination sincère pour cet arbre, du moins pour ses deux principaux représentants, le sempervirens et le giganteum. Il faut dire que ma jeunesse et mon âge actuels sont bercés en Normandie par la présence d’un giganteum au ras de ma maison.

Un beau bébé de 25 mètres de haut, vieux d’une grosse soixantaines d’années et d’ores et déjà imposant, statutaire. A dire vrai, un nain. Rien ne me préparait en effet à ce que j’ai découvert dans la courte mais belle balade de Tuolumne Grove, zone forestière où quelques géants résident… Impossible de vous décrire mon émotion, pour être honnête. Mon rapport à cet arbre est très personnel, intime. Je n’arrive pas encore à vraiment décrire ce que je ressens en leur immense présence.

Quelle merveille. Pourtant, ces séquoias de Tuolumne Grove sont loin d’être les plus grands, les plus imposants. Leur inscription dans la forêt est si remarquable, géants cachés par les frondaisons des plus petits, troncs immenses vous sautant soudainement au visage. Il y aura d’autres d’occasions de m’ébahir dans les jours à venir mais je ne m’en rends pas encore compte et cette futaie géante est d’ores et déjà pour moi l’occasion de sentir une lame poindre au coin de mes yeux.

Les séquoias. Je ne sais pas, il y a quelque chose dans cet arbre si fabuleux qui m’émeut. Comme un rappel. Leur âge. Leur volume. Leur persistance. Leur capacité à grandir et à résister au feu, emplis de cicatrices de plus en plus profondes. Leur mortalité aussi, géants abattus en cour de décomposition ou de pétrification, difficile à dire. La vue de Tunnel View, si fameuse, au soleil couchant, est belle, bien sûr, mais je crois qu’elle s’efface devant eux.

La carte de cette journée de roadtrip :

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