Madère – la randonnée des 25 sources et Paul da Serra

Après les escapades à Funchal et à proximité de la capitale, il est temps de passer aux choses « sérieuses » avec un premier enchaînement de randonnées ! Pour faire simple là-aussi et commencer petit à petit, le choix s’est porté sur l’une des randonnées les plus courues et parcourues de l’île : la levada das 25 fontes ou encore levada des 25 sources. Il est par ailleurs possible (évident ?) de la combiner avec le petit parcours qui mène à la cascada do Risco et c’est exactement ce que nous avons fait. Si d’aventure vous achetez le guide Rother, il s’agit des #50 et #51, enchaînement possible et facile entre les deux mais je reviendrai dessus !

On commence la randonnée sur le plateau Paul da Serra, plus exactement au lieu dit Rabaçal. Un parking / point de vue marque l’entrée du chemin de randonnée, impossible à rater ! Suggestion : arriver tôt, voire très tôt afin de faire la randonnée le matin et éviter l’embouteillage car oui, il y a du monde et j’ai pu l’expérimenter sur le chemin du retour. Donc voilà : arrivez tôt, repartez tôt, vous éviterez les cars de touristes moyennement équipés et surtout pas bien rapides qui peuvent vite boucher le chemin et gâcher le plaisir.

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Bref : départ de la randonnée ! Le paysage à gauche est de toute beauté, d’un bleu et d’un vert éclatants avec un soupçon de nuages pour bien marquer le contraste. Les deux premiers kilomètres, que l’on peut parcourir en navette, sont bitumés et dénués d’intérêt. C’est à partir du poste forestier de Rabaçal, au bout de la route, que cela devient intéressant. Une rapide descente permet de rejoindre le niveau de base de la randonnée, à flanc de falaise. On découvre alors tout aussi rapidement la levada. Les levadas… Qu’est-ce donc que cette chose ? Pour faire simple : il s’agit de canaux sillonnant toute l’île de Madère, de haut en bas. Bâtis par l’homme dès le XVIème siècle et jusqu’à 1940 pour la plus récente afin d’amener l’eau (pure, limpide, claire et froide) depuis les cimes de l’île jusqu’à toutes les plantations qui parsèment les côtes, ils forment un réseau complexe et complet, entretenu au fil des années et offrant un terrain de randonnée absolument incroyable ! Ce réseau est unique au monde, son spectacle aussi. La première levada que l’on observe n’est en général pas identifiée comme telle puisqu’on la voit en ville, au sein même de Funchal. C’est quand on se retrouve en pleine forêt, sur un marchepied de 30 cm avec d’un côté l’eau et de l’autre le vide que l’on comprend tout ce que signifie et implique ce réseau fantastique. Alors on se tait, on marche, on admire.

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Au fil des kilomètres, la végétation change parfois, en fonction de l’exposition du versant que l’on parcourt. Tantôt ouverte et dénudée, elle est plus souvent verdoyante, luxuriante et torturée avec des arbres splendides et une foule de mousses et de fougères. On cale en général son rythme de manière à ne rattraper personne et à ne pas être rattrapé. Alors, seul le bruit de l’écoulement de l’eau accompagne celui des pas, du miroir du reflex et des quelques paroles échangées au milieu de cet océan de quiétude. Madère, c’est ça et je viens seulement de le découvrir une première fois. Il y en aura d’autres.

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Enfin, on débouche sur le cirque tant attendu : les 25 sources. Il s’agit en réalité d’un bassin dans lequel se jettent les eaux du plateau Paul da Serra. Souvent évoqué et considéré comme étant la mère des levadas, ce bassin recueille donc les eaux de pluie et de condensation des nuages venant bien souvent recouvrir le plateau. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’aéroport de Madère n’y fut pas construit. On n’est évidemment pas seuls à cet endroit, cul de sac et lieu de pique-nique s’il en est avec un pont-levada (oui, ça existe et il y en a même plein sur l’île !) et un espace bien tranquille avec des oiseaux bien habitués à la présence humaine (des pinsons des arbres, je crois).

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On repart après avoir repris quelques forces même s’il faut bien vous dire que la randonnée n’a rien de « rouge » comme le Rother l’indique. Les passages difficiles sont sécurisés, le seul dénivelé est au début / à la fin et peut être esquivé en partie via la navette et il y a généralement de la place pour marcher et pour croiser celles et ceux arpentant la levada dans le sens opposé. Pas de quoi se faire mal dira-t-on pour de jeunes gens en bonne forme ! (mais le guide est pour les 7-77 ans comme on dit)

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Sur le chemin du retour, après s’être coltiné la seule belle montée de la randonnée, on retrouve une bifurcation à laquelle on avait tourné à gauche. Un panneau y signale la « Cascada do Risco », une gigantesque chute d’eau de 100 mètres de haut, située à quelques centaines de mètres de là. Il serait dommage de ne pas aller la voir !

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Retour sur le plateau. La prochaine fois, il faudra faire la randonnée #52 du Rother, classée difficile et à priori bien sympathique aussi ! En attendant, on se contente d’aller se balader sur le plateau Paul da Serra, posé à 1300 mètres d’altitude et offrant sur ses bords un panorama splendide sur une bonne partie de l’île de Madère, pointe sud et ouest en premier. Beauté du lieu ? Les nuages parfois viennent lécher l’île mais n’y grimpent pas. Il peut donc faire beau là-haut et gris en bas. Autant de contrastes auxquels les vaches du plateau ont accès en permanence.

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Je pense que du coup, c’est assez clair : il faut aller à Paul da Serra pour ces étendues incroyables et il faut également parcourir cette randonnée car, même si elle est plutôt courue, elle offre un premier gros aperçu de ce qui attend le randonneur dans les jours à venir. Seul conseil : venir tôt, le plus tôt possible même si je répugne autant que vous à mettre un réveil en vacances !

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