Pyrénées-Orientales – visite de l’Abbaye Saint-Martin-du-Canigou

L’abbaye Saint-Martin du Canigou me tentait depuis longtemps, richement décrite dans les guides des Pyrénées-Orientales, riche aussi d’une drôle d’histoire, à la fois médiévale et moderne, vivant à la fois dans le passé et dans le présent vivifiant de ses fidèles, laïques ou religieux. Je me devais en quelque sorte d’y aller, un jour.

Ce fut enfin fait au mois de Mai, pas tout à fait comme je le souhaitais ou le rêvais mais avec une satisfaction incroyable à la fin. Je voulais réaliser l’ascension du Canigou mais il faut le dire, c’est tout à fait utopique en cette saison. Alors, je me suis “contenté” de la seule abbaye, en dépassant d’abord une prochaine visite, l’autre abbaye de la région, celle de Saint-Michel de Cuxa.

L’abbaye Saint-Martin du Canigou se mérite un peu plus que sa consoeur, avec une belle ascension que l’on parcourt à pied depuis Casteil, à moins d’avoir le réel besoin d’être motorisé. Bon, des navettes sont organisées au coeur de l’été pour toutes et tous mais je trouve dommage, si l’on est bien portant, de passer outre cet accès “compliqué” qui participe au charme des lieux.

En haut, après avoir dépassé une première petite chapelle et pénétré dans le domaine de l’abbaye, on achète enfin ses tickets pour la visite guidée. Il faut dire que le lieu est habité, par trois confréries ! Des frères, des soeurs, des laïques. C’est unique en son genre et c’est aussi et grâce à cela que l’abbaye Saint-Martin de Canigou est prospère, vivante, vivace.

C’est un phénix né au XIème siècle, abattu et rebâti pour ainsi dire à l’identique, que l’on visite. Si ce n’est religieusement, on est a minima ébahi par le labeur catalan qui fit renaître l’abbaye, hommage à Saint-Martin du Canigou, établissement millénaire comme il en est peu, perché pour ne rien gâcher sur un nid d’aigle tout à fait remarquable.

Les voûtes de l’église basse sont incroyables, préfigurant l’art roman qui allait s’emparer de toute la région, tandis que l’église haute n’en impose pas moins, surplombant le joli cloître à deux étages. On déambule ici, dans le silence, guidé tantôt par une moniale, tantôt par un laïc, toujours avec une certaine admiration pour le lieu et ceux qui le font vivre.

En ressortant, on ne manquera bien sûr pas de prendre un peu de hauteur, à défaut de partir à l’assaut du Canigou, pour observer d’un oeil de rapace le fameux nid d’aigle. De même, au gré d’une promenade rapide, on atteint les anciennes carrières et une autre vue, remarquable. Que lieu !