Crète – de Zakros à Zaros en passant par Gortyne

Voici venu le temps d’entamer la troisième et dernière partie de ce nouveau voyage en Crète, toujours dans la moitié Est de l’île mais cette fois plus près de la zone de démarcation entre les deux moitiés, au sud de la capitale Héraklion et au pied du massif légendaire du Psiloritis, point le plus haut de l’île.

Il faut pour commencer ce nouveau bout du périple atteindre ce qui sera notre point de rayonnement dans la région : Zaros. Départ de Zakros (de quoi être confus, oui oui), pour longer la côte et la pointe sud-est de l’île, sur la superbe (mais alors superbe) route qui grimpe dans la montagne après Xérokambos et replonge ensuite de nouveau vers la mer.

Il y a dans le coin la centrale d’incinération des déchets de l’île et cela se voit… cherchez la traînée jaune dans le ciel sur mes premières photos. Voilà de quoi se motiver à réduire toujours plus sa production de déchets ! Un peu les comme les moines de Moni Kapsa ? Le monastère est ouvert et je visite en solitaire, faisant en sorte de ne pas déranger les quelques occupants du lieu.

Je trace ensuite, couvrant un maximum de kilomètres avant que le soleil ne chauffe de trop l’habitacle. Le petit village de Tertsa, paumé à souhait sur la côte sud, fait office d’escale pour le déjeuner et une rapide baignade dans une crique voisine. La route qui y mène vaut le détour à elle seule, longeant les flots depuis Myrtos (autre village mignon, ça tranche après l’horrible zone de Iérapetra).

On oublie la mer désormais pour filer dans les montagnes, une fois de plus. La Messara, la gigantesque (59×7 km tout de même) plaine fertile de la Crète, nichée en altitude, nous tend les bras mais aussi les nuages avec de bonnes grosses entrées maritimes pour rendre la visite grise mais pas trop étouffante. Voir le positif… !

Première escale dans la Messara : Agioi Deka. Il y a une petite église du XIIème siècle, jolie en soi, mais qui abrite surtout un bloc de marbre célèbre. On y voit ce qui est censé être les marques des genoux des dix saints qui furent décapités en l’an 250, saints qui donnèrent leur nom à la ville. Le petit quartier qui entoure l’église est par ailleurs peuplé de nombreux restes vénitiens et romains !

A la sortie de la ville, je me laisse guider par Google Maps vers l’ancien praetorium romain et le temple d’Apollon, tous deux situés au milieu des oliviers, abandonnés et à peine protégés. Au détour d’un virage, on aperçoit ici et là des restes de colonnes romaines au pied des oliviers. Ambiance assez magique à dire vrai et annonce de ce qui va suivre.

La suite, c’est le site de Gortyne, attenant. Gortyna était la rivale de Knossos à l’époque minoenne puis fut la capitale de l’île sous domination romaine (d’où les suppliciés chrétiens évoqués ci-dessus). Le site est par conséquent extrêmement étendu et seule une petite part est protégée et accessible facilement, tandis que d’autres bouts peuvent se découvrir au gré des sentiers de balade dans la région.

Le site à proprement parler date avant tout de la période romaine et il mérite largement le détour. Cela commence par les belles ruines de l’église dédiée à Saint-Tite, restant là depuis la destruction de la ville par les arabes du IXème siècle. On aperçoit aussi au loin les vestiges du théâtre et de l’acropole.

Au centre du site, on fait d’abord un petit détour pour rejoindre un drôle d’arbre, un platane à feuillage persistant. L’espèce est endémique et il y en aurait quelque chose comme trente spécimens uniquement sur l’île ! Oh, c’est sous ce platane que Zeus et Europe auraient conçu Minos et ses frères…

De manière moins prosaïque, le vrai grand intérêt de la visite de Gortyne, ce sont les murs des lois de Gortyne ! Ces épigraphes grecques, la plus ample collection au monde, sont gravées sur des murs de 2 mètres de haut et 12 de large, au coeur de l’odéon de la ville. Elles datent de 480-460 av. J-C ! Remarquable, ces textes édictant les lois de gestion de la cité, présomption d’innocence, propriété, protection des esclaves, etc.

Fin de journée… le temps de faire quelques courses et voici Zaros, nichée au pied des montagnes. Le programme des prochains jours s’annonce savoureux !

La carte de cette journée de roadtrip en Crète :

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