Crète – gorges de Kritsa et randonnée au Lassithi

Voici enfin venu le temps de randonner de nouveau en Crète ! Après une première journée d’installation et une seconde à se dégourdir les jambes, cela me démangeait d’attaquer les choses sérieuses et d’en prendre plein les mirettes au milieu de la nature.

Pour faire simple et “tôt” (et éviter un éventuel groupe de randonneurs, donc), je reste à Kritsa puisqu’il y a là, à quelques centaines de mètres du centre du village, un départ de randonnée. Les gorges de Kritsa débouchent logiquement non loin du village et offrent très rapidement de jolies vues.

Les gorges sont très efflanquées et par endroit très étroites et brutalement érodées par le passage de l’eau. Ce n’est bien sûr pas aussi impressionnant que les gorges arpentées l’année précédente mais c’est assez intense sur un si court parcours, avec en sus quelques cuvettes et échelles.

On arrive en tout cas vite à une zone plus large et ombragée, jusqu’au moment où l’on bifurque hors de la gorge sur un sentier forestier nous ramenant en boucle jusqu’au village. Les vues changent, forcément, avec la gorge visible ici ou là mais surtout les monts Orno et enfin la descente, charmante, vers le point de départ.

Un joli petit parcours donc, qui se fait en une heure et demie, un peu plus ou un peu moins selon la chaleur et le nombre de pauses photos ! Pour vous repérer, c’est en tout cas très simple et bien indiqué. Au pire, vous faites comme moi : vous achetez le guide Rother de la Crète, c’est la numéro 47.

Pour la suite de la journée, qui s’annonce encore bien longue, je prends la (très très) belle route qui monte depuis Kritsa en direction du plateau du Lassithi, en passant à quelques encablures du site antique de Lato, qu’il faudra que je revienne voir un jour.

La route grimpe, grimpe, grimpe, serpentant sans cesse d’un flanc à l’autre, pour atteindre un premier col, puis un second. On traverse quelques villages, dans lesquelles de vieilles dames habillées en noir ont installé ici un stand de vente de miel, là un autre avec une foule d’herbes des alentours. A la descente, elles seront toujours là et je prendrai alors le temps de m’arrêter : miel délicieux, comme partout en Crète d’ailleurs… et des herbes – origan sauvage en tête – fantastiques.

Me voici enfin sur le dernier col, au dessus de Mesa Potami. Le plateau du Lassithi déroule ses champs de toutes les couleurs devant moi, dominé par plusieurs hauts sommets, dont le fameux Mont Dicté. C’est paraît-il par ici que Zeus aurait été caché et élevé, dans la grotte de Psychros ou Diki, par Amalthée.

C’est donc le point culminant d’une journée d’excursion mais je passe mon tour et prends la direction de Tzermiado. Ce petit bourg, comme tant d’autres du plateau, est bordé d’éoliennes ici et là, certaines fonctionnelles, d’autres seulement là pour le décorum. Elles étaient pas loin de 10000 fut un temps, elles sont bien moins nombreuses désormais et le plateau a un charme fou.

Depuis Tzermiado, j’attaque la randonnée 45 du Rother, en direction du Karfi. Ce sommet, l’un des plus accessibles du plateau du Lassithi, trône à un petit 1141 mètres de hauteur, soit seulement 320 mètres au dessus du bourg. Le chemin qui y mène est bien agréable, longeant d’abord la route et montant ensuite rapidement sur les flancs du plateau.

On découvre alors, à gauche et ensuite en se retournant de temps à autre à la montée, des vues magnifiques sur l’étendue du plateau, avec la chaîne du Dicté qui se découpe, encore enneigée. Voilà qui promet pour la fin du séjour et l’ascension du Psiloritis !

Le plateau finit par disparaître après les ruines d’anciens moulins à vent et c’est la côte Nord de la Crète qui apparaît soudain, parfaitement visible, tandis que le massif du Psiloritis, loin à l’ouest, se laisse apercevoir. Le Karfi aussi, apparaît. La montée s’effectue d’abord sur un chemin carrossable puis sur un sentier large comme mes bottes !

On atteint au bout d’une courte mais raide montée un petit col, où l’on découvre quelques ruines. Ces dernières sont les traces montagnardes de la civilisation minoenne. Ils avaient une belle vue… et cela témoigne aussi de l’importance du plateau du Lassithi à travers les siècles, les millénaires que dis-je !

Voici enfin le sommet du Karfi, après une dernière petite montée. La vue à 360° est de toute beauté, avec le plateau bien sûr, mais aussi les monts Orno et tout l’ouest et le nord de la Crète à vue. Une simple petite grimpette, récompensée par une vue largement au niveau.

Il ne reste alors plus qu’à redescendre tranquillement, en passant par un autre petit plateau, celui de Nissimos, avec sa petite chapelle et avant la descente finale, panoramique, sur le Tzemiado et le plateau du Lassithi. Splendide de bout en bout, cette petite boucle de quasiment 3h !

La journée n’est pas finie pour autant puisqu’un petit monastère m’appelle, en contrebas du Lassithi. Il s’agit du monastère de Kéra Kardiotissa, un joli petit ensemble dont l’église date du XIème siècle, avec des fresques du XIVème, quelques belles icônes et surtout encore pas mal de vie puisque le monastère est usité par des moniales.

En remontant sur le plateau, on découvre aussi le monastère de Vidiani, un autre joli site bien entretenu et dont les bâtiments jouxtant l’église datent du XIXème. Jolie escale donc avant d’entamer le tour du plateau du Lassithi dans le sens anti-hotaire, pour rejoindre ma route d’arrivée et descendre vers Mesa Potami et plus loin, Kritsa. Quelle belle journée !

 

La carte de cette journée de balade et randonnées :