Crète – randonnée à Kavousi dans les gorges de Mesonas

Ce matin-là, je quitte Kritsa pour une autre étape de mon voyage dans la moitié Est de la Crète. Le nom de cette nouvelle destination : Zakros. Tout au bout du bout de la Crète, vers le soleil levant. Entre les deux villages, il y a toutefois de quoi s’arrêter, de quoi randonner et s’émerveiller.

Cela commence assez sagement, avec une escale très rapide à la petite église qui trône à deux pas d’une entaille dantesque dans la montagne. Voici l’embouchure des gorges de Ha, un monstre de canyoning. 1800 mètres de long, 8 m de large à la sortie et surtout, une dénivelée record de 700 mètres entre le point haut et le point bas ! Je reviendrai.

Je prends la direction de mon étape principale de la journée : le joli petit village de Kavousi. Un sentier s’échappe à travers les oliviers au bout du village, en direction d’une faille bien visible dans la falaise. Voici le débouché des gorges de Mesonas, un splendide défilé et une bien belle randonnée (4h40), décrite dans le Rother au numéro 48.

On attaque les flancs du défilé assez rapidement, pour grimper en surplomb de la gorge qui s’est frayé un passage très abrupt et profond en son embouchure. La vue est spectaculaire avec de l’autre côté le massif du Lassithi et Kavousi au premier plan. On se laisse ensuite guider le long de la gorge qui s’est évasée, à bonne hauteur, en direction du hameau de Melisses.

On quitte alors la gorge de Mesonas pendant un temps, suivant un chemin carrossable en direction du hameau. Un autre sentier de randonnée est alors possible mais pour ma part, je bifurque à droite et continue de grimper, en suivant le sentier carrossable principal, vers le col de Milonies.

La montée est assez longue mais très progressive, en plein soleil en revanche ! Les vues s’élargissent peu à peu, tant du côté de mon point d’arrivée sur le cirque de Melisses, superbe ! Quelques maisons ont tout d’un petit paradis perdu, qu’on imagine volontiers en permaculture / autosufficance / bobo chèvre Larzac. La vérité, c’est que la vie ne doit pas être tous les jours évidentes, par ici.

Au col de Milonies, on change encore de paysage, le chemin commençant sa descente progressive, toujours le long d’un sentier carrossable confortable aux pieds. On se laisse guider jusqu’à entendre le bruit de l’eau et repérer une ancienne conduite d’eau en béton, en surplomb d’un petit ensemble de maisons abandonnées et sérieusement ruinées.

Le voici, le petit paradis… de l’eau, des figuiers, des oliviers, la montagne au dessus et pour peu qu’on grimpe quelques mètres, la vue la mer ! Bon, y a du boulot pour tout reconstruire… Allez, trêve de rêverie, il faut désormais suivre la canalisation qui a tout d’une levada de Madère ! Amusant.

C’est à partir de ce moment-là que la randonnée, déjà superbe, devient tout à fait remarquable ! On a récupéré dans sans vraiment le savoir le point d’entrée de la gorge de Mesonas en suivant la conduite d’eau. On la suit, on la suit, aveuglément, quand soudain le défilé se resserre et la falaise s’entaille d’un grand coup de serpe.

La canalisation passe là, au bord d’un à-pic, plongeant dans la faille pour descendre abruptement vers la gorge de Mesonas et ses belles cuvettes. Âmes sensibles au vertige, s’abstenir, même si tout est globalement sécurisé, quelques passages peuvent impressionner jusqu’à rejoindre le fond de gorge.

On se laisse ensuite toujours guider par la canalisation qui charrie désormais des litres d’eau en glougloutant tranquillement. La gorge de Mesonas est toujours bien en contrebas du sentier qui descend paisiblement, offrant des vues et perspectives sans cesse renouvelées et photogéniques à souhait.

C’est simple, ce genre de randonnée, je souhaiterais qu’elles durent des heures et des heures, tant elles sont superbes ! Mais las, on rejoint finalement et bien trop rapidement à mon goût la zone où le chemin avait bifurqué vers Melisses.

Le sentier se dirige progressivement vers l’ouest, s’éloignant de la bifurcation pour rejoindre Kavousi par une autre étape, un bien célèbre olivier. Mais avant cela, il est possible de faire un petit bout d’ascension supplémentaire jusqu’au site antique d’Azoria, village minoen perché sur un téton dominant Kavousi et les alentours. A ne pas manquer !

Voici enfin, après encore quelques centaines de mètres de balade, l’étape finale avant le retour au village : Elia Azoria, l’olivier millénaire de Kavousi. Au moins 3200 ans, 15 mètres de circonférence et une forme olympienne puisqu’il continue de produire des fruits année après année. Remarquable, émouvant, impressionnant, tout ce que vous voulez. Cet arbre a connu la civilisation minoenne…

Fin de la randonnée, début de la balade. Je cherche un endroit où tremper mes pieds et mes fesses… la baignade, c’est sacré. Première étape, la plage de Tholos, à côté de Kavousi. Raté, c’est joli mais la plage est un peu sale, pas très engageante malgré ses eaux cristallines et sa petite église dans un coin.

Tant pis, je prends donc la route vers Sitia où je dois faire mes courses pour le soir, mais je fais avant cela une dernière tentative, en direction du monastère abandonné de Panagia Fanéroméni. De belles falaises crayeuses et quelques canyons débouchant au ras des flots… De la craie, de l’eau, voici donc une belle opportunité de baignade translucide et sans personne aux alentours. La voilà, la baignade sacrée !

Quelques courses et direction Zakros pour la nuit, alors que le soleil se couche tranquillement sur le Géopark protégé qui couvre une grande partie de cette pointe Est de la Crète. Le changement de région est terminé, la journée de transition finie, c’est parti pour un nouveau bloc de quelques jours d’exploration.

La carte de cette journée de balade et de randonnée :

Où dormir dans la région de Zakros ? Où dormir à Zakros ?

J’ai choisi un AirBnb au charme fou, directement dans le village de Zakros. Eleni et Harry, un couple anglo-grec, a retapé cette vieille maison traditionnelle avec beaucoup de goût et de confort. Grand salon, belle cuisine avec ancien évier et plan de coupe, un beau jardin avec un oranger en pleine forme, c’était un vrai délice que de rentrer là tous les soirs.

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