Canaries – La Gomera – Jour 1 – randonnée dans le barranco de Guarimiar

Après deux voyages passés “ailleurs” dans les Canaries, me revoici à La Gomera, la première île visitée lors de mon premier voyage dans l’archipel espagnol. J’en avais gardé un souvenir un peu ambigu, à dire vrai pas mal marqué par le phénomène de calima qui avait sérieusement bouché l’horizon sur les derniers jours. Mon souvenir était aussi très certainement mitigé par les balades réalisées à l’époque, les plus simples.

J’avais sciemment évité les “grandes” randonnées, ma partenaire les jugeant un peu trop dures à l’époque. C’était avant de passer trois étés dans les Alpes et d’enchaîner les voyages typés rando ! Autrement dit, la Gomera étant particulièrement abrupte et creusée de barrancos insondables, j’étais passé un peu à côté de cette petite île qui a par ailleurs énormément de charme.

La route parcourue le soir précédent et la belle vue m’accueillant au réveil ce premier matin sur place (mon logement) était en tout cas de nature à me réjouir et annonçait un second séjour de toute beauté. Et autant vous le dire dès maintenant : La Gomera est remontée très haut dans mon classement personnel des Canaries, carrément en seconde position…

Pas besoin de partir bien loin d’ailleurs pour découvrir un superbe parcours de randonnée, directement au départ de Alajero. Bon, le Rother (n°10) la fait partir de Imada mais on peut aisément faire la boucle depuis cet autre village situé sur la route de l’aéroport. Après l’avoir traversé de bout en bout et remonté pendant quelques centaines de mètre la route, le sentier se détache sur la droite pour monter vers la crête voisine.

Cet ancien sentier muletier est agréable, plutôt bien entretenu et pavé par endroits, témoignant des multiples liaisons qui existaient entre les villages de la côte sud de la Gomera. La végétation est typique de cette zone de l’île, avec des agaves et palmiers immenses, le tout faisant du miel de fleurs d’agave et du “miel” de palmier, un sirop bien rustique spécialité de l’île.

Le sentier retrouve la route, une bifurcation menant à Imada, puis s’en échappe en la recroisant ici ou là, toujours en direction du village assez idyllique que l’on va toutefois contourner avant d’atteindre ! Le sentier plonge en effet vers le sud-est dans le barranco qui commence à se creuser en direction de celui du Guarimiar.

On laisse donc Imada derrière soi pour progresser au milieu d’autres agaves et d’une végétation de plus en plus basse, à l’exception de quelques impressionnantes autres plantes grasses et quelques îlots de palmiers peuplés de quelques troupes de chèvres pas commodes.

Le barranco de Guarimiar apparaît enfin, gigantesque, avec ses falaises côté est à vous dévisser le cou. On ne se rend alors pas encore complètement compte de sa profondeur. Il faut progresser encore un peu pour réellement en prendre la mesure. Quelle beauté !

Le sentier, sécurisé, descend alors sur les flancs ouest de la gorge, longeant d’immenses falaises volcaniques. Les contrastes sont saisissants, entre le vert sombre et les ombres portées d’un côté et la lumière éclatante voire brûlante et désertique du sud de l’île.

Après cette belle descente, où la tentation de s’arrêter est permanente, on rejoint le petit hameau de Guarimiar, quasi intégralement abandonné. Quelques maisons tiennent encore le choc, tandis que d’autres ont quitté la lutte depuis déjà de nombreuses années. Le coin déjeuner est évident…

C’est désormais le moment de remonter car comme je le disais, les barrancos de La Gomera sont profonds et celui de Guarimiar n’échappe pas à la règle ! Fort heureusement, cette remontée se fait sur une face nord complètement ombragée où la température n’est pas vraiment un problème.

Le sentier grimpe à flanc de falaise vers Targa (0 Porsche observées, tristesse), d’abord avec Guarimiar dans le dos, puis ensuite avec celui de Santiago alors qu’il s’élargit et file vers la côte sud et l’océan. C’est… de toute beauté et si la lumière et les contrastes marqués n’aident pas vraiment le photographe, on en prend tout de même plein les yeux.

Les petites maisons bien entretenues (et sûrement touristiques) du village de Targa prennent largement le soleil alors que j’arrive au sommet de la côte. Un petit stand en self-service/paiement attend sur le bord de la route, avec plein de petits pots de miel faisant envie. De quoi compenser en poids les gourdes désormais vides… (et il est très bon, ce miel, petit ange déjà mangé)

Le retour à Alajero se fait en quelques foulées supplémentaires, alors que la voiture attend patiemment de servir. Elle n’a pas l’habitude des randonnées à domicile… mais je prends pour finir la journée la route du port et de l’aéroport, à Playa Santiago et plus exactement à la Playa del Medio, encore un peu plus loin, au calme, où les maillots sont plus qu’accessoires.

La carte de cette journée à La Gomera :