Un dimanche de balade et d’expos à Paris

Le weekend dernier, il y avait comme un air de fin d’été plus que de fin d’automne à Paris. Ciel bleu, lumière oscillant entre une blancheur éclatante et une chaleur dorée délicieuse, c’était tout simplement le temps idéal pour profiter de Paris tel qu’on l’aime : assez peu de monde en apparence, les bords de Seine et le bruit de l’eau qui court, la chaleur du soleil qui tape sur les quais rendus aux piétons une fois de plus.

Du coup, j’ai traversé Paris ou presque. De Saint-Paul à Orsay, puis d’Orsay à Branly et enfin le retour. 13 kilomètres environ de marche agréable, une petite main calée dans la mienne. Qui dit mieux ?

A Orsay, ce n’était pas tout à fait aussi paisible ! Énormément de monde pour voir le musée mais aussi l’exposition “Beauté, Morale et Volupté dans l’Angleterre d’Oscar Wilde” qui était d’ailleurs notre but initial. Fort heureusement, les pass nous ont permis d’éviter tout ou partie de la queue étalée sur le parvis de l’ancienne gare. L’exposition vaut le détour, regorgeant d’œuvres issues de cette tendance esthétique prônant l’art pour l’art, la beauté pour la beauté. Bien documentée, détaillée et expliquée, on y apprend beaucoup tout en gorgeant de beaux objets et tableaux. A voir, indubitablement.

Ce qu’il faut (re)voir à Orsay aussi, c’est la galerie des Impressionnistes, rouverte il y a peu et simplement magistrale. Je pourrais me perdre pendant des heures dans cet espace semble-t-il infini, voire pendant une bonne semaine pour peu que l’on reste passionné devant tel ou tel tableau. Tant de chefs d’œuvres étalés sous nos yeux ébahis alors que la simple vue depuis le cadran de la gare vaut elle aussi qu’on s’y arrête un temps, tout comme celle qui surplombe l’ensemble du musée. Je suis décidément de plus en plus fan d’Orsay et je serais un fan inconditionnel si seulement ils supprimaient cette consigne imbécile d’interdiction des photos et vidéos…

Autre exposition faite il y a quelques semaines et qu’il faut absolument que vous alliez voir au Musée Carnavalet : Le Peuple de Paris au XIXème siècle ! Prévoyez en revanche quelques heures pour l’explorer plus dignement que je ne l’ai fait ! L’exposition est terriblement dense, traitant tous les sujets possibles et imaginables sur cette société qui est devenue la nôtre, sur sa métamorphose et celle de la ville avec. Que l’on soit parisien, banlieusard ou tout simplement parisien d’adoption (pour ne pas dire provincial débarqué dans cette ville de fous), c’est un déluge d’informations en tous genres si l’on excepte la question de la prostitution, tout juste abordée sur un minuscule pan de mur. Très étrange. Une volonté ? Une censure volontaire ? Cela m’a déçu en tout cas, cela manque d’honnêteté. A voir absolument quoiqu’il en soit.

Au Musée du Quai Branly, l’exposition Samouraï étant bondée (un bon 45 minutes d’attente), je me suis dirigé vers l’exposition Maori. Remarquablement documentée, riche d’objets contemporains et anciens d’une grande délicatesse, elle met en perspective l’évolution des tribus maori, de la prise de pouvoir des colons et enfin de l’autodétermination difficile mais indispensable de ces peuples avec les combats que cela implique. Loin de la simple étude d’objets tel que Branly nous en sert souvent, cette exposition se veut aussi être un témoin des combats menés, gagnés ou perdus, c’est l’âme des Maori que l’on scrute et tente de comprendre et non pas seulement leurs créations. Une exposition très bien foutue et très instructive surtout.

Quant à Samouraï, j’y suis retourné ce jeudi à l’occasion de la nocturne, ayant préféré passer mon tour dimanche ! Les armures de ces guerriers exposées dans le hall d’accueil m’avaient déjà subjugué, le reste de l’exposition m’a achevé. Je nourris une fascination très commune pour les samouraïs, leur code, leurs armures et surtout leurs armes, ils symbolisent pour moi une forme de perfection. Les pièces présentées, agrémentées d’une bonne documentation sur leur signification, s’étalant sur une vaste période allant du XIVème siècle aux dernières heures de l’ère Edo, sont d’une finesse fascinante. C’est un triomphe d’artisanat, d’orfèvrerie, de laque finement déposée, de façonnage de métaux divers et variés, du plus basique au plus noble. Quelques sabres, quelques arcs, des pièces d’armure destinées aux chevaux sont là pour entourer les pièces maîtresses : un beau nombre d’armures et une quantité astronomique de masques et casques divers et variés, représentant aussi la mer nourricière que les démons ou les esprits protecteurs. De l’armure guerrière des premiers temps aux armures décoratives et d’apparât de l’ère Edo, c’est tout l’éventail d’un art millénaire qui se trouve exposée sous nos yeux. Pour l’apprécier, il suffit d’être comme moi fasciné par cet art ou tout simplement d’être curieux de quelque chose qui nous dépasse.

Fin de cette revue d’expositions diverses et variées, on a gentiment profité du soleil un peu plus léger pour rebrousser chemin et prendre la voie de nos pénates. 13 kilomètres, il fallait bien croiser un drôle de personnage et s’accorder un petit plaisir pour clore ce qui fut une belle journée, peut-être la dernière avant longtemps car les weekends et semaines à venir s’annoncent chargées.