Savoie – randonnée autour des forts de l’Esseillon

Il y a des régions que l’on sait adorer, dans lesquelles on sait qu’on sera heureux de voyager et pourtant, pour une raison qui nous échappe, la prochaine visite est sans cesse repoussée. Cette année, pour la petite semaine de vacances du mois d’août, la tentation de retourner en Islande était très grande, après une courte escale à Stockholm l’an passé. Le problème, c’est que les tarifs de la destination se sont encore envolés et il a donc fallu trouver une alternative.

Les Alpes. L’évidence, la fameuse région que l’on sait adorer. Le choix de la destination fut beaucoup plus âpre. Savoie, Haute-Savoie ? La première, plus haute ! Ensuite, la Maurienne, les Ecrins, la Chartreuse, d’autres vallées et parcs ? Ce sera la Vanoise et la haute et basse Maurienne pour cette fois. Cinq jours dans la première, quatre dans la seconde. Autant de paysages incroyables et de superbes randonnées que je vais détailler dans une série d’articles.

Premier jour, je me réveille dans mon AirBnb à Lanslevillard. Je suis arrivé de nuit, sous un crachin tout sauf sympathique et je m’attends au pire. La Maurienne est encore bien couverte, ce qui n’est pas vraiment gênant pour une première journée dédiée à prendre le petit-déjeuner tranquille, faire les courses pour la semaine et se mettre les jambes en température, sans violence. Direction Modane et ses alentours pour commencer.

Sur la rive sud de l’Arc, la route sinue tranquillement depuis Lanslevillard vers la basse vallée. On traverse d’abord le joli bourg de Termignon (vous connaissez le fromage éponyme ? c’est un régal), puis Bramans et on s’insère ensuite dans les gorges nettement plus creusées par la rivière. Les forts de l’Esseillon se laissent entrevoir, massifs. Un premier arrêt est possible en bord de route dans les refuges pensés pour les photographes mais aussi et surtout au niveau de la redoute Marie-Thérèse, fortification transformée depuis en petit musée et restaurant. On peut démarrer la randonnée ici mais ce ne sera pas mon choix.

La seconde étape est une madeleine de Proust, pas très désirable mais assurément surprenante : la Maison Penchée ! Il s’agit tout simplement d’un ancien bunker, soufflé et déplacé par l’explosion d’un tunnel ferroviaire et retombé sur ses pattes, tout à fait de biais. Je me souviens d’y avoir déambulé, enfant, avec mes frères et parents et il fallait que j’y passe car oui, ce voyage était aussi une sorte de pèlerinage.

Les étapes suivantes se situent du côté d’Avrieux, en passant à côté du fort Saint-Gobain que je visiterai une prochaine fois. L’église du village est austère et j’avais prévu de découvrir l’une des plus belles chapelles baroques de Maurienne sauf qu’elle était… fermée ! Tant pis, je me contenterai de la mignonne petite chapelle Saint-Benoît avec sa cascade éponyme.

Voici maintenant le clou du spectacle de la journée : une randonnée autour des forts de l’Esseillon, au départ du parking situé au pied du massif Fort Victor-Emmanuel. La voiture garée, je prends le chemin qui remonte doucement mais sûrement vers les ruines du Fort Charles-Félix. Si ce dernier est bien ruiné, il offre de belles vues sur la vallée de l’Arc et sur le fort principal, dominé par la barrière de l’Aiguille de Scolette.

Plus haut, on débouche sur un troisième fort, celui de Marie-Christine. Transformé en gîte et restaurant, il est parfaitement restauré. Chacun de ces forts porte en fait le nom d’un membre de la maison de Savoie et ils furent construits entre 1819 et 1833 pour empêcher les français d’accéder au col du Mont-Cenis, dont je parlerai dans quelques jours ; avant de viser l’Italie une fois la Savoie revenue dans le giron français…

Il ne reste en revanche pas grand chose du dernier fort, le Charles-Albert, qui ne fut d’ailleurs jamais achevé. Le chemin descend ensuite vers un vieux cimetière sarde puis bifurque plus profondément dans la gorge de l’Arc, offrant ici et là une jolie vue sur les deux premiers forts. On rejoint alors le petit hameau de l’Esseillon, sur lequel veille le fort Victor-Emmanuel.

Le sentier file ensuite vers le gorges et le pont du Diable, qui fait la jonction entre les deux rives, entre les forts et la redoute, clairement isolée en comparaison. La vue depuis le pont est splendide, vertigineuse. Ce serait vraiment dommage de ne pas descendre jusque là, même si la remontée picote gentiment.

Il est maintenant temps de traverser le fort Victor-Emmanuel de bas en haut ! Les fortifications sont impressionnantes, massives, austères. Si les forts ont été vidés et sont ruinés, un travail de remise en état est en cours, bien documenté par ailleurs avec de nombreux panneaux explicatifs sur la fonction des différents bâtiments.

Le clou du spectacle reste la vue depuis la prison qui trône au sommet du fort. La vue sur les forts Charles-Félix et Marie-Christine, dominés par le Rateau d’Aussois est à couper le souffle…

Quatre heures plus tard, le sentier des Bâtisseurs est achevé avec un retour au parking et quelques centaines de mètres de route pour trouver une petite terrasse encore ensoleillée à Aussois. Cette jolie randonnée, que vous pouvez retrouver dans le Rother dédié à la Vanoise (sentier n°34), est une belle première approche de la Haute Maurienne, mêlant paysages splendides, fort intérêt historique et dénivelée raisonnable (400 m). Parfaite pour se chauffer les jambes !

La carte de la journée :

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