Canaries – El Hierro – Jour 4 – balade entre Sabinar et Restinga

Après avoir déjà bien arpenté le côté est de l’île, il était temps ce matin-là de partir plus à l’ouest afin de découvrir le bout du monde que voyaient disparaître les caravelles des conquêtes des Amériques, ultime terre avant bien longtemps.

La route qui part de Tigaday se sépare à un moment en deux branches, l’une longeant les flots et assez peu intéressante, l’autre serpentant dans la montagne en direction du village de Sabinosa. C’est par cette seconde voie qu’il faut passer pour bénéficier des jolies vues…

On finit bien sûr par redescendre et contourner l’extrémité ouest de la dorsale. La végétation est ici extrêmement rase, fouettée par les embruns, par le vent, maltraitée par le sable et les roches volcaniques. Le paysage est pour ainsi dire lunaire et le devient encore plus alors que l’on passe sur le flanc ouest de l’île.

Il y a à partir de là deux jolis points d’intérêt à ne pas manquer : l’Arco de la Tosca et la Playa del Verodal. Ne pensez pas vous baigner à l’un ou l’autre endroit, c’est fortement déconseillé voir interdit car ça tabasse ! Les deux spots sont en tout cas accessible au travers d’autant de pistes bien entretenues et ne présentant pas de difficulté.

Juste avant la piste pour le Verodal, la route remonte sèchement sur les flancs montagneux. C’est ce chemin que j’emprunte après avoir photographié la plage. On y trouve un petit mirador à mi-hauteur, le mirador de Lomo Negro I (oui, il y a un II, vous verrez plus loin). C’est le moment de garer la voiture pour randonner en direction du symbole de l’île de El Hierro.

Le chemin, bien dessiné, grimpe rapidement à travers une végétation rase mais dense. On s’arrête au mirador II en jetant un oeil sur la côte ouest volcanique et déchiquetée avant de reprendre l’ascension. Les premiers arbres couchés apparaissent, sculptés par le vent. Le chemin traverse un mur et grimpe désormais plus brutalement en direction du faite d’une colline.

A partir de là, passée une petite crête, c’est le festival des arbres taillés par le vent ! El Sabinar, le symbole de l’île, est encore plus haut, à côté d’un petit parking et entouré d’une petite cordelette pour décourager les imbéciles qui ne manquent sûrement pas. Je n’ai pas osé chercher de photos. Je suis sûr qu’elles existent.

Pour ma part, je suis resté à distance respectueuse de cette arbre majestueusement résistant aux éléments, tordu, couché, déplumé par endroits, comme tous ses semblables s’acharnant à tenir sur cette roche si réfractaire à leur enracinement et à leur développement. Cette petite forêt / population d’arbres est unique au monde.

La descente est l’occasion de prendre une nouvelle belle dose de paysage volcanique avant de reprendre la voiture et de filer vers les prochains points d’intérêt situés à quelques encablures. Le phare d’Orchilla et le petit débarcadère éponyme sont un sacré bout du monde, plantés au milieu des roches désolées, non loin de l’ancien méridien de Greenwich.

Le petit village de la Restinga l’est également, paumé à la pointe sud de l’île de El Hierro, au terme d’une énorme zone de malpais tout à fait inhospitalière. Pour y accéder, on a d’abord traversé l’île d’ouest en est, depuis le phare jusqu’à Taibique, en manquant le Santuario de Nuestra Senora de los Reyes, fermé. Après, il y eut une superbe forêt de pins pendant les longs kilomètres d’une route délicieuse et le joli village perché de Taibique !

Allez, trêve de déception : la Restinga n’a strictement aucun intérêt, sauf à vouloir y mouiller un navire ! Direction la playa de Tacoron pour une baignade hautement méritée et vraiment géniale. La zone, volcanique, a été joliment aménagée avec échelles et plongeoirs, dans de petites anses bien protégées de la houle. Un vrai régal par cette chaleur !

Ultime escale sur le chemin du retour vers Tigaday : le mirador de Las Playas, très similaire à celui d’Isora mais avec quelques jolis pins pour agrémenter le paysage… El Hierro m’aura montré aujourd’hui de nouveaux visages, encore plus sauvages et désolés que ceux déjà vus sur la côte est, plus romantiques aussi avec ces arbres couchés face aux éléments et cette petite jetée du bout du monde. Alors qu’elle est plus petite que La Gomera, elle offre autant de visages que sa grande soeur que j’aime tant, La Palma.

La carte de cette journée de randonnée et roadtrip à El Hierro :

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