Tigane – Guy Gavriel Kay

 Il y a des auteurs qui ont un mal fou à me décevoir, Guy Gavriel Kay fait partie de ceux là. Après avoir écrit la Tapisserie de Fionavar, drôle d'épopée fantasy clairement inspirée du Seigneur des Anneaux et sympathique quoique très classique, Guy Gavriel Kay a bifurqué sur les Lions d'Al-Rassan, où il nous avait fait voyager dans l'Espagne de la Reconquista et du Cid, appelée Espéragne pour l'occasion : une réécriture de l'histoire sur un ton de fantasy : un livre sublîme. Avec la Mosaïque de Sarance, c'est Byzance et son empire qu'il nous dépeignait, dans un climat de chute de l'empire romain, toujours avec autant de talent.
 
Pour Tigane, l'un de ses premiers romans, il s'est cette fois attaqué à l'Italie de la Renaissance. La Botte cède la place à la Palme, divisée en de multiples duchés ou provinces, toutes orgueilleuses et rapidement conquises par deux tyrans débarqués des pays environnants. Le livre retrace alors le combat d'une poignée d'hommes pour reconquérir leur péninsule et l'unifier sous un nom unique qui ne sera bien sûr pas l'Italie !
 
Avec ce livre, ne cherchez pas de l'action à chaque coin de page, car Guy Gavriel Kay est ici fidèle à ses principes littéraires : une mise en place progressive, une profondeur énorme pour chaque personnage, des questionnements à chaque retournement de situation sur les thèmes fondateurs de nos sociétés modernes (religion, identité, etc.) avant un dénouement d'une puissance rare dont nul ne sort indemne, à commencer par le lecteur. Lente et puissante comme un fleuve, c'est comme cela que je décris l'écriture de Guy Gavriel Kay. Elle nous pénètre peu à peu, nous innonde avant de nous submerger d'émotions dans les tous derniers moments, c'est simplement grandiose, à tel point que j'ai quelques larmes aux yeux en écrivant ce billet.
 
Je ne veux pas ici vous parler plus des personnages, de leur origine, de ce qu'est la Tigane, de ce qu'est la Palme, je vous invite plutôt à me faire confiance et à lire ce livre en aveugle, tout comme vous pouvez aussi lire les Lions d'Al-Rassan ou la Mosaïque de Sarance, qui font partie de mes lectures favorites, tous genres confondus.
 
Il me reste maintenant à me procurer la Chanson d'Arbonne pour découvrir la France sous cet éclairage spécifique qu'est la fantasy historique … mais d'ici là, lisez, lisez !
 

4 Commentaires

  • J’avais la tapisserie et j’avais adoré..Il faut que je lise les lions cela devient urgent…
    POur l’inspiration Tolkienniste, c’est assez normal puisqu’il a collaboré avec Christopher Tolkien sur des morceaux épars laissé par le père…

    Vinz ce genre s’appelle une uchronie.

  • garko > Clairement 🙂

    Calou > En fait, il a écrit Fionavar juste après avoir bossé avec le fils Tolkien, d’où la forte inspiration. Pour le reste de ses livres, c’est du 100% lui.
    Par contre, ce ne sont absolument pas des uchronies. Dans une uchronie, on réécrit l’histoire après en avoir modifié en élément (exemple : les Alliés ont perdu la guerre), là, il s’agit de l’écriture d’un nouveau monde en s’inspirant de l’histoire réelle, sans la modifier.

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