Ombrie – Assisi, Perugia et le Lago Trasimeno

Voici l’ultime étape du voyage en Toscane qui consiste en fait à la quitter en passant par l’un de ses ultimes bastions, Cortona. Cette ville, médiévale, charmante, dans les ruelles de laquelle il fait bon flâner, se love sur un piton rocheux dominant le lago Trasimeno duquel je reparlerai plus bas. Cortona donc, sous un ciel pas franchement fameux mais avec son bar célèbre où tous sont passés, y compris notre cher président Mitterand ! On y sirote un bon petit verre et on déguste quelques douceurs locales. Dernières saveurs toscanes. Fort heureusement pas les dernières saveurs italiennes de l’année. Je ne m’en lasse toujours pas, ce pays est devenu mon bastion, l’endroit où je me réfugie le plus souvent possible pour m’y ressourcer. Cortona, donc, ses ruelles bruissant d’activité, ses petits vieux posés sur les bancs et ses beaux bâtiments. Il paraît aussi qu’il faut grimper jusqu’en haut de la montagne, j’ai eu la flemme et me suis contenté en cette fin de journée de profiter de ce que le « centre » ville m’offrait, fort agréable déjà.

Je vous parle maintenant très rapidement de mon hébergement de ces quelques jours, à San Savino, sur les rives du lago Trasimeno. L’endroit est féérique et les couchers de soleil, fantastiques. Je dors sur la montagne donnant sur la ville et le lac, paumé au milieu des oliviers et chats de la maison, sauvages à souhait, qu’on rêverait d’enlever et d’emmener ! Un nouveau petit coin de paradis après celui du Chianti.

Quittons la frontière de l’Ombrie et de la Toscane pour s’enfoncer dans les terres, en direction d’une ville qu’on pourrait presque qualifier de sainte tant son nom parle au plus grand nombre : Assisi, Assise… Saint-François d’Assise, dont les restes ainsi que ceux de ses disciples et frères sont encore conservés dans les catacombes de la cathédrale. Il règne ici une ambiance pieuse, calme, studieuse, mêlée d’une affluence touristique tout ce qu’il y a plus mercantile. Choc des cultures, choc des Fois. Si la ville est belle, elle est aussi bien trop peuplée et porte les stigmates de sa célébrité. Le temple romain transformé en église est aussi une sorte de crève-cœur, témoin de la conversion forcée, au forceps, des foules. Il faut en vérité s’aventurer dans les ruelles qui surplombent les grandes artères et la plaine environnante. Les mollets en prennent un coup mais la quiétude y est salvatrice après la folie des multiples églises et autres lieux de pèlerinage.

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Depuis les hauteurs de la ville et l’ancien fort et sous un rayon de soleil fort opportun, on découvre un panorama remarquable sur les différents édifices, surtout religieux, qui peuplent le piton. La cathédrale dédiée à Saint François resplendit sous le soleil tandis que la campagne semble soudainement sombre, sous les nimbes menaçantes et chargées de pluie. On s’attarderait presque mais le temps m’est compté, aussi je redescends en direction du phare d’Assise.

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Saint François d’Assise. Un saint remarqué et remarquable paraît-il, ma culture ecclésiastique étant ce qu’elle est… L’endroit qui lui est dédié en impose, du sol aux cryptes où sont justement stockés ses reliques. Le silence est d’or, les pèlerins légion. Je me faufile ici, étranger à toute cette Foi, impressionné malgré tout par tant la dévotion qui règne ici et ailleurs dans la ville. Drôle d’endroit pour l’agnostique que je suis.

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C’est sous un ciel radieux que je quitte ce lieu fort étrange et perturbant qu’est Assisi. Direction Perugia, non moins célèbre, plus contrastée mais surtout la véritable belle surprise de cette journée de promenade en Ombrie. La banlieue de Pérouse est pauvre, les bâtiments sont abîmés, on pénètre dans le cœur de la ville via un énorme tunnel et on se retrouve dans un marché couvert, sur plusieurs étages. Jusqu’ici, rien de transcendant, je commence à douter. La sortie dans les rues de la ville haute m’étonne mais c’est après une petite centaine de mètres que mon regard bascule sur les exceptionnels bâtiments qui forment le centre historique. Remarquables.

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Perugia est une réelle surprise après la folie d’Assisi, une ville nettement plus humaine et vivante que la capitale culturelle et spirituelle de l’Ombrie. Il faudra revenir dans le coin, un jour, profiter de la richesse méconnue de cette province moins connue dans l’ombre de la Toscane.

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