Roma Æterna – Robert Silverberg

 Dernière lecture en date, Roma Æterna de Robert Silverberg, un livre qui porte son nom : Rome Eternelle… ou comment l'Empire Romain a traversé sans s'écrouler, survivant aux tourments des siècles. Une uchronie donc, un monde entièrement revisité et décrit par Robert Silverberg qui ne se lasse pas de nous faire voir le monde tel qu'il aurait pu être sans l'effondrement de Rome et des grandes puissances de ce temps.
 
Concept intéressant mais risqué et dont il se débrouille parfaitement en choisissant de traîter l'évolution de l'Empire d'un point de vue très proche du pouvoir en place, que ce soit en prenant la place de l'Empereur ou de ses proches, ou bien d'observateurs très bien placés dans la société romaine. Chaque chapitre couvre une période clé de cet Empire omnipotent, dominant le monde de manière plus ou moins outrageuse. 
 
Et si l'Empire romain n'avait jamais disparu ? Sur près de deux mille ans, Robert Silverberg illustre par tableaux successifs l'histoire parallèle d'un Empire romain qui a connu bien des vicissitudes, des guerres et des crises politiques mais qui n'a jamais cessé d'exister et de faire régner, avec quelques interludes sanglants, la Pax romana. Ainsi, l'Empire a survécu, avec ses dieux auxquels personne ne croit. Trop vaste pour être gouverné par un seul homme, il est divisé en deux zones d'influence, l'Empire d'Orient et l'Empire d'Occident qui parfois se chamaillent, se font même la guerre mais finissent toujours par se réunifier. La technologie évolue plus lentement que dans notre continuum. Vers l'an 2650 AUC (Ab Urbe Condita : depuis la fondation de la ville), qui correspond à la fin de notre XIXe siècle, le téléphone existe et l'automobile fait son apparition… L'Amérique a été révélée à peu près à l'époque de nos Grandes Découvertes, mais après deux tentatives d'invasion, l'Empire renonce et les étranges sociétés de l'Outre-Atlantique poursuivent leur développement. De même, Rome ne s'attaque jamais sérieusement à l'Inde et à la Chine : l'Empire est déjà trop grand, trop difficile à gérer et à maintenir uni.
Se croisent dans ces différents tableaux les personnages historiques de notre réalité sous des identités bien sûr différentes mais on reconnaître Leonardo Da Vinci ou Magellan et bien d'autres encore ! Splendide travail de Silverberg qui a su donner corps à sa réalité en tombant toutefois dans un style parfois lourd consistant en un rappel quasi systématique du chapitre précédent à chaque nouvelle tranche historique, comme pour faire un lien, comme pour nous rappeler les faits alors qu'on vient tout juste de les lire ! On finit par lire en diagonale pour arriver à retrouver un peu de fraîcheur, pour se retrouver dans l'époque présente et non pas relire le chapitre précédent de manière résumée. Frustrant… cela alourdit l'oeuvre et la rend presque indigeste parfois.
 
Un livre à lire pour la qualité de la création, pour cet Empire éternel et pour les perspectives politiques, économiques et historiques qu'il permet d'entrevoir en nous donnant l'occasion de prendre un petit cours d'histoire des religions, des peuples et des nations. Reste le style, imparfait, souvent trop descriptif et ces rappels systématiques des chapitres précédents, pesants. 
 

2 Commentaires

  • Ping : Viinz
  • Intéréssant et décevant …

    Toute la première partie de ton billet me donne une envie folle de lire le livre. L’histoire semble tout simplement passionnante.

    Mais quand tu décrit la forme: une chose est sure: je ne lirais pas ce livre. Je n’aime pas du tout les ½uvres alourdies.

    Dommage, le concept est plus que prometteur …

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