Dragon de Glace – George R.R. Martin

Après avoir lu l’énorme Dance With Dragons, j’avais bien besoin de m’aérer la tête et d’enchaîner de petites histoires. Les nouvelles de Jean-Claude Dunyach ont été un plaisir, je me suis dit que cela pouvait être intéressant d’en lire quelques unes de George R.R. Martin qui, au delà d’être un bon écrivain de romans, est aussi un bon noveliste.

ActuSF a tout récemment publié un recueil de quatre nouvelles : Dragon de Glace. Au menu, la nouvelle éponyme, suivie de Dans les Contrées Perdues, l’Homme en forme de poire et enfin Portrait de Famille. Ces deux dernières ont reçu le Stoker et le Nebula, des prix plutôt prestigieux donc.

Dragon de Glace conte l’histoire d’une jeune fille née l’hiver et ayant développée une sensibilité toute particulière à cette saison et à ces créatures. Située dans un monde de fantasy, cette nouvelle, très agréable, traîne toutefois un peu en longueur mais sa poésie matinée d’héroïsme et noirceur en font un bon moment.

Dans les Contrées Perdues parle quant à elle d’une sorcière qui ne refuse jamais une commande. Jamais. Il lui faut cette fois-ci honorer la commande d’une reine qui souhaite acquérir le pouvoir de se changer en loup tandis que son garde lui commande de ne pas lui donner le pouvoir. Dilemme. Comment honorera-t-elle la commande alors ? La nouvelle est l’occasion pour George R.R. Martin de nous livrer un beau texte en terme d’immersion dans ces contrées perdues qu’Alys la Grise parcourt mais aussi en terme de réflexion sur ces portes que nous ne devrions jamais entrouvrir.

L’Homme en forme de poire, c’est cet homme un peu étrange, en forme de poire justement. On en a tous un dans notre entourage, on en a tous croisé un au moins une fois dans notre vie. L’auteur nous parle ici d’un Homme en forme de poire que son héroïne rencontre. Il s’agit de son voisin du dessous. Drôle de bonhomme. Effrayant. La nouvelle est oppressante, stressante, on se sent tout aussi mal que la principale protagoniste jusqu’au dénouement qui m’a plongé dans des affres de terreur tant il est sadique. A posteriori, je comprends très nettement pourquoi cette nouvelle a reçu le prix Bram Stoker…

Enfin, Portrait de famille s’intéresse à un écrivain très célèbre, divorcé, père d’une fille unique avec qui il s’est fâché de manière assez sévère. Peu d’informations en ce début de nouvelle mais la structure prend forme lorsque sa fille, peintre, lui envoie un tableau représentant le personnage principal de son premier roman, celui qui est et reste son fils aîné… Sous forme de discussions et de flashbacks, George R.R. Martin décortique les névroses et les obsessions de l’écrivain, personnifiées dans chacun de ses romans majeurs. La nouvelle sombre ensuite peu à peu dans les ténèbres tandis que l’on progresse jusqu’aux ultimes discussions entre le père, les portraits et la fille. Une nouvelle bluffante, glauque et oppressante aussi mais un régal malgré la dureté des thèmes qu’elle aborde.

Au final, ce recueil démontre une fois de plus que George R.R. Martin est en effet un très bon noveliste même si je n’en doutais point vu que j’avais déjà lu certains de ses autres romans et nouvelles. A acheter les yeux fermés pour peu que l’on n’ait pas peur de plonger dans des univers quelque peu sombres et effrayants.

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