Savoie – à défaut d’Ouille Noire, randonnée au refuge du Carro

La météo en moyenne et haute montagne n’est jamais à prendre à la légère et il faut toujours raison garder plutôt que de tenter le diable, même si c’est terriblement frustrant. J’avais ainsi prévu de gravir l’Ouille Noire depuis le Col de l’Iseran, afin d’aller encore un peu plus haut, 3357 mètres ! La montagne change encore à cette altitude et pour peu qu’il fasse beau, le sommet est réputé pour offrir des vues incroyables sur l’Italie, le Mont Blanc et la Vanoise. Bref : un must !

Sauf que ce matin-là, au Col de l’Iseran et déjà à 2764 m, la météo n’est pas bien claire et les sommets alentours sont tous couverts de nuages. De plus, l’Ouille Noire se cache aussi un peu sous les nuages. L’ascension sera donc forcément un peu frustrante en terme de points de vue mais aussi sûrement très fraîche avec le vent qui souffle, sans oublier le risque que la météo tourne à l’orage.

Changement de programme, avec une autre randonnée, nettement moins risquée et située à proximité. Je redescends du col de l’Iseran en direction de Bonneval-sur-Arc mais ne franchit bien sûr pas la barre qui mène au village. Je m’arrête plus tôt, au niveau du Pont de l’Oulietta. La vue sur la vallée de l’Iseran est d’ores et déjà incroyable et on n’a même pas encore commencé à marcher…

Le premier bout de la randonnée permet d’ailleurs de continuer à profiter de ce paysage qui s’ouvre peu à peu sur la Maurienne. La sente bifurque ensuite vers l’est, vers l’Écot où j’étais quelques jours auparavant. Le sentier devient balcon pendant plusieurs kilomètres, longeant tour à tour le cirque des Évettes et les différentes sources de l’Arc. On marche escorté par les cris de marmottes, la tête inlassablement attirée par le spectacle sur sa droite.

On dépasse ensuite le Plan des Eaux en passant sous la Pointe des Arses et sous la fameuse Ouille Noire, qui me nargue de son sommet désormais dénudé. Qu’importe, la vue aurait été bouchée. C’est ce que je me dis en tout cas et puis c’est tellement beau de toute façon, ici.

Le paysage change encore au niveau du lac du Pys, bien caché, alors que l’on pénètre dans un vallon dont un sentier s’échappe en cascade. Le refuge du Carro est quelque part dans la masse de roches en face de moi, pour ainsi dire invisible. Il reste encore une belle trotte pour arriver jusqu’à l’autre côté.

Le refuge, enfin. Cela semblait interminable à la fin tant il se cachait de détour en détour, de petit creux en petit creux, autant de mètres ajoutés à une marche de 3 heures aller ! Le refuge du Carro domine les alentours, perché à 2759 m, ce qui en fait le plus haut refuge de Savoie. Derrière lui, deux jolis lacs, un blanc et un noir, alimenté pour l’un par les glaciers et pour l’autre par des sources et donc des eaux claires. Baignade ? Non, sans façon. Le temps se couvre, qui plus est.

Le chemin du retour est long, difficile. Ce n’est pas tant la dénivelée qui est difficile à absorber, elle n’est que de 350 mètres ! En revanche, l’aller et retour se fait en 6 ou 7 heures, sous la forme d’un aller et retour. Ce type de randonnées n’est jamais le plus intéressant, puisqu’on voit les mêmes paysages au début et à la fin, ce qui rend les parcours longs un rien plus durs. Si je n’avais pas garé la voiture au pont de l’Oulietta, je pense que le parcours le plus intéressant aurait été d’en partir en bus et de descendre ensuite vers l’Écot pour rejoindre Bonneval-sur-Arc. Cela m’aurait aussi évité de voir encore et encore l’Ouille Noire dénudée…

Après une si longue randonnée, un retour à l’Écot était carrément nécessaire pour retourner « Chez Mumu » boire une bière, manger une tarte à la rhubarbe sauvage maison et boire un bon thé pour ma voisine de randonnée !

Je ne sais pas si je reviendrai l’an prochain en Maurienne, les Aravis me faisant fortement de l’œil, mais je garde l’Ouille Noire bien au chaud dans ma liste. Sachez en tout cas que le parcours jusqu’au refuge du Carro est un régal pour l’œil, de bout en bout (c’est la n°27 du Rother Vanoise !).

La carte de la journée (en piétons, parce que c’est l’hiver et que le col est fermé !)

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