Hautes-Alpes – ascension de l’Aupillon et lac Sainte-Marguerite

Je ne suis pas un amoureux des stations, loin s’en faut. A dire vrai, c’est exclusivement pour des raisons familiales que j’y ai passé un peu de temps cette année et j’espère bien que pour une prochaine occasion, c’est la solution “chalet immense” qui l’emportera. Si les Orres ne sont clairement pas la plus moche et atroce des stations, surtout sa zone à 1800, ces trois passés sur place m’ont confirmé que je n’étais définitivement pas client de ces endroits et que je leur préfère sans hésiter de plus petites stations ou plus simplement de jolis chalets ou appartements dans des villages paumés ! La bonne nouvelle toutefois, c’est que j’avais repéré quelques jolies randonnées à faire au départ des Orres 1800, sans avoir besoin de prendre la voiture donc.

Première journée et première randonnée, en direction du “must see” des Orres : le lac Sainte-Marguerite ! Le sentier part du pied des pistes à 1800 mètres et s’enfonce à travers bois, évitant donc le caractère bâti et les installations de ski qui enlaidissent la montagne, été comme hiver. Agréable et ombragé, cette première section de randonnée monte tranquillement dans une ambiance fraîche et parfumée, les pins étant rois par ici. On finit toutefois par sortir du couvert arboré pour traverser très vite un bout de piste et s’engager dans la fin de l’ascension vers le lac, à travers les alpages.

Une petite bergerie se laisse apercevoir sur la droite, au pied de la Costa Ruenda, un agréable pont franchit le ruisseau qui déboule de l’Aupillon et le lac Sainte-Marguerite est toujours invisible, niché dans la petite cuvette ceinturée par les crêtes montagneuses. On le découvre donc tardivement, avec ses eaux splendides, d’un beau vert émeraude. Le lieu est joliment aménagé, avec quelques bancs mais pas trop, du monde mais pas trop également – même s’il vaut sûrement mieux éviter l’heure du déjeuner pour rester raisonnablement au calme.

Alors que la troupe familiale s’arrête au lac, je continue pour ma part la randonnée en direction du grand sommet de l’Aupillon, perché à 2916 mètres, masse minérale désolée qui surplombe la zone. Le sentier pour le rejoindre est bien balisé, traversant d’abord les quelques pins au dessus du lac avant de rejoindre une cuvette et des pentes que l’on imagine volontiers couvertes de neige et de glace au vu de l’état des roches, copieusement broyées. La pente, d’abord acceptable, se transforme en joli mur pour rejoindre le col nord de l’Aupillon, qui fait frontière entre le sommet éponyme et le sommet voisin de la Montagne de l’Alpe de Verdun. On y découvre de superbes vues sur le vallon du lac Sainte-Catherine mais aussi et surtout sur le vallon opposé.

Il reste encore à gravir la pointe en forme de diamant de l’Aupillon, totalement déchiquetée par les éléments. Le sentier n’est pas évident et les bâtons sont clairement bienvenus pour d’abord longer la crête donnant sur le vallon et les lacs de l’Aupillon et ensuite gravir la pente raide et glissante jusqu’au sommet. La récompense au sommet est à la hauteur de l’effort, avec une vue à 360° de toute beauté, même si la météo se gâte doucement au dessus du lac de Serre-Ponçon.

La descente est assez technique sur le premier tronçon, oscillant entre la crête et les pentes très escarpées sur le versant sud. Quelques zones sont particulièrement glissantes mais on rejoint vite un sentier plus aisé qui va descendre tout doucement le long de la crête en direction du lac Sainte-Marguerite, jusqu’au col de l’Eissalete. Pendant toute cette descente, on observe le pic de l’Aupillon prendre le soleil, pyramide minérale incroyable, vraiment ! A gauche et à droite de la crête, les paysages évoluent doucement, le lac devenant plus tangible tandis que quelques gouttes tombent et me poussent à accélérer un peu le pas, retrouvant vite le lac et la descente par les pistes forestières jusqu’aux Orres 1800. Une très belle randonnée donc, au calme et au milieu de paysages désolés et minéraux comme je les adore !

La carte de la randonnée :