Pyrénées-Orientales – randonnée des Tours de Cabrenç

Pour cette dernière journée dans les Pyrénées-Orientales, en tout cas pour ce weekend prolongé (il y en a d’autres, bien prometteurs, pour 2019 !), je ne savais trop où aller, le guide du Rother sur l’Occitanie étant bien peu détaillé pour ce qui est des alentours de Céret et de la vallée du Valespir.

Quelques conseils familiaux, quelques recherches sur Open Runner et enfin ce site m’ont amené à considérer un parcours : les tours de Cabrenç ! Me voici donc en route pour la haute vallée du Vallespir et je m’arrête avant toute autre chose à Serralongue pour découvrir le tout dernier Conjurador des deux Catalognes.

Ces petits édifices religieux destinés à conjurer le mauvais sort étaient légion en Catalogne et il n’en reste aujourd’hui plus qu’un, dans un superbe état de conservation et de restauration, avec une vue superbe sur la chaîne du Canigo mais aussi sur les tours de Cabrenç, perchées au loin sur leur crête.

La route m’emmène ensuite dans le village de Lamanère, tout simplement la commune la plus au sud de la France continentale, si l’on met bien sûr de côté la Corse ! La randonnée vers les tours de Cabrenç part d’ici, remontant doucement à travers le village avant de traverser la forêt en direction des crêtes.

L’ambiance est automnale à souhait, avec des fruitiers abandonnées ici et là, des feuilles qui se colorent de plus en plus au gré des points de vue plus ou moins dégagés ou encore de cette remontée finale vers la première des tours, côté nord et avec des couleurs incroyables pour compenser le froid de canard.

On atteint alors la première des tours de Cabrenç, la plus récente et celle qui servait en réalité de tour à signaux du temps des rois de Majorque. On profite déjà de quelques vues incroyables, à défaut d’avoir pensé à prendre les clés au café de la Poste de Serralongue.

La seconde tour est atteinte après quelques mètres supplémentaires, dégageant franchement l’horizon sur le Canigo, maître absolu et déjà enneigé des environs. La dernière des tours de Cabrenç est alors visible mais il s’agit en réalité des ruines du château éponyme, dynamité par Vauban !

On atteint lesdites ruines après une petite descente et autant de grimpette à travers les rochers. L’ancienne voûte tient de la chapelle du château tient on ne sait trop comment, tandis que l’horizon est ici dégagé de toutes parts, avec cette vue qui restera gravée dans mon esprit, à savoir celle de la seconde des tours de Cabrenç avec le massif catalan enneigé. Fou.

La randonnée change ensuite de visage. Le chemin s’enfonce tout d’abord dans la forêt, pentu au possible et risqué aussi avec toutes les feuilles tombées. Il s’agira ensuite, pour les heures qui viennent, d’arpenter la forêt catalane, en passant tantôt côté espagnol, tantôt français, de col en col, sous les frondaisons automnales, sur les sols ferrugineux, avec parfois un horizon dégagé et parfois seulement les futaies pour spectacle.

Le sol est partout retournée par les sangliers qu’on imagine volontiers se balader ici la nuit, les feuilles sont encore bien là, donnant des lumières irréelles parfois, si difficiles à capturer sans trépied. Une zone humide marque la frontière avec l’Espagne, gardée par quelques ânes d’une mignoncité à tombe qui m’amènera à me mettre la moitié de la jambe dans un trou d’eau… Voilà qui m’apprendra ! Mais leurs têtes et leurs oreilles étaient si douces, ça valait bien trempette.

La ronde terminée, on revient à Lamanère, ce bout de notre monde national, après avoir jonglé toute la journée entre deux nationalités, toujours en pays catalan. Un beau symbole que cette randonnée, au delà du spectacle ahurissant offert au tout début par les tours de Cabrenç.

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