Pyrénées-Orientales – randonnée du Puig de Sallfort et Tour Madeloc

Après la randonnée avortée du jour précédent dans le Conflent et en regardant les annonces météo des deux jours à suivre dans la région, équivalentes ou pires, la décision de revenir sur Céret et sur les alentours de la Côte Vermeille a été rapidement prise. Tant pis pour la nuit perdue à Oreilla, ce n’est que partie remise pour revenir faire l’ascension des Péric, Carlit, Puigmal et Canigou !

En attendant, les Pyrénées-Orientales offrent une énorme variété de paysages et je retourne aujourd’hui au ras des flots, sur les hauteurs de l’adorable Collioure : direction le Puig de Sallfort et la Tour Madeloc (que je connais déjà) pour une belle randonnée vers ce sommet panoramique de la région, le dernier de la chaîne des Albères et par conséquent dernier sommet de la chaîne des Pyrénées, en quelque sorte.

Le départ se fait depuis le Coll de la Serra où un parking accueille de nombreuses voitures, la plupart des visiteurs allant voir la Tour Madeloc. Pour ma part, je bifurque à droite pour une belle section de sentier peu ou prou horizontale. On contourne alors tout l’éperon rocheux au sommet duquel se niche la tour, dominant quelques vignes ici et là et surtout en ayant en ligne de mire l’objectif du jour, le Puig de Sallfort.

Arrivé à une bifurcation et une piste forestière au niveau d’un petit col, le sentier se fait soudainement plus pentu, prenant de la distance avec la Tour Madeloc et visant le Sallfort avec détermination. Après cette première phase, un panneau indique à gauche le Puig de Sallfort, à 1.5 km… et 1h de marche. Ok, c’est donc maintenant que les 600 et quelques mètres font se gravir !

Et oui, ça grimpe sec et net, mais bien délimité et marqué, ce bout du sentier empruntant tout simplement le GR de la Transpyrénéenne ! On est donc en terrain bien défini et on peut monter les yeux fermés. Ce serait toutefois dommage de ne pas s’accorder une petite pause ici ou là pour profiter des vues de plus en plus minérales et dégagées sur la Catalogne, au nord comme au sud.

Le kilomètre et demi est à dire vrai rapidement avalé pour ce qui me concerne et me voici au sommet du Puig de Sallfort. Un grand troupeau de vaches y est établi, se déployant entre les multiples sommets rocailleux qui font le Sallfort. Le sommet n’est pas une pointe, plutôt un gros plateau avec quelques piques aux sommets desquelles il faut grimper pour découvrir le paysage.

Au sud, un amas rocailleux ouvre la vue sur la Catalogne du Sud et sur les Albères, avec la plaine de Perpignan à leurs pieds. Plus au nord, un autre amas rocailleux m’attire mais il faut en réalité le dépasser pour découvrir une croix et un point de vue absolument remarquable sur toute la Côte Vermeille et ses villages. Splendide !

La descente après le rapide déjeuner se fait sans trop d’encombres grâce aux bâtons qui aident à aborder le terrain parfois glissant. On retrouve la bifurcation entre le GR et le contournement de Madeloc et on continue à ce moment-là sur le GR, avant de le quitter rapidement au moment où ce dernier s’apprête à descendre vers la côte.

Le sentier qui monte à la Tour Madeloc est à peine balisé et cairné mais reste facilement identifiable avec quelques points blancs et jaunes, quelques cairns et une végétation laissant un sentier pour ainsi dire permanent. Il faut se battre un peu avec le maquis par endroits et mettre également les mains dans une petite cheminée qui monte aux vestiges des remparts de l’enceinte ; c’est ludique à défaut d’être facile et ça fait une bonne suée de quelques centaines de mètres de D+ pour se finir les jambes !

Tout là-haut, on campe sur les remparts pour profiter de la vue sur le Puig de Sallfort, sur la Catalogne du Sud qui semble avoir récupéré les orages du Conflent pour la soirée et enfin sur la Tour Madeloc qui domine tous les alentours, superbe.

On la rejoint et on la contourne afin de prendre le chemin de la descente, assez vertigineuse et technique par endroits. Les jambes fatiguent doucement, aspirant à l’arrivée du Coll de la Serra qui est encore bien loin ! Le sentier dépasse une ancienne batterie de défense de la frontière avec l’Espagne avant de plonger enfin, brutalement, vers le col. Fin de la balade, décidément superbe, avec cette vue de fin de journée sur Collioure et sur la côte pour finir.