Normandie sous neige

Ce weekend, on l’a vue partout, à la télé, sur le net, elle a submergé les réseaux sociaux sous des milliers de photos mais toujours est-il que cela faisait bien longtemps que je ne l’avais pas vue en profusion « chez moi », en Normandie, chez ma mère plus exactement. Villez sur le Neubourg, petit village très (trop) tranquille, un havre de paix pour moi quand je souhaite quitter Paris et m’évader à moindres frais, quelle que soit la saison. Samedi matin, un léger saupoudrage sur les toits et pelouses avait annoncé la couleur, le temps était à la neige. Samedi soir, mon ami du Vieux Cadran m’avait parlé de sa fumée de grange orientée à l’est en même temps que nous discutions de tout et de rien, c’était vraiment un putain de temps à neige. Alors quel bonheur samedi d’ouvrir le volet de la chambre pour tomber sur une belle couche de poudreuse.

La sortie était bien évidemment obligatoire, dûment chaussé et équipé pour gambader dans la neige vierge à défaut de m’y rouler comme l’occasion le voulait. Sequoia pleureur qui pleure encore plus que d’habitude, sequoia sempervirens dont la cime ne semble pas vouloir de la neige, magnolia qui s’attriste sur le printemps qui pointait le bout de son nez, bruyères aux fleurs enfouies, charrue et pressoir enveloppés d’un blanc manteau, feuillus décharnés recouverts d’une lumineuse poussière, tout est blanc sur blanc et noir… Il y a aussi et surtout ce silence si particulier d’un paysage enneigé seulement troublé par quelques piafs venus profiter de la manne sortie de la maison quelques minutes auparavant. Sacrée énergie pour de petites boules de plumes en plein hiver.

Ce petit bonheur est de toute façon de courte durée puisqu’il faut bien rentrer sur Paris en espérant que les routes ne seront pas aussi paralysées que l’an passé. Le maire, croisée pendant la balade, me dit que la DDE a ordre de ne pas bouger afin de ne pas racler les routes et provoquer ensuite du verglas dans la nuit à venir… Okay… ça promet du sport !

Finalement, les premiers kilomètres passés, la route s’éclaircit jusqu’à Louviers puis l’A13, déjà bien dégagée et le retour se fait sans encombres malgré quelques boulets à l’arrêt. Je ne suis finalement que bien rarement rentré aussi vite à Paris. Si j’avais su, j’aurais gambadé un peu plus longtemps chez moi.

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