Hautes-Alpes – ascension du Pic de Morgon

Troisième jour. Il fait un temps de chien. Après le petit-déjeuner, il a fallu prendre le temps de compulser un brin le guide du Routard pour trouver de quoi occuper la journée avec des visites ou de jolis villages. Pas grand chose autour de Briançon si ce n’est les forts, mais ça, je veux le faire en randonnée.

Alors direction « le sud », en se disant que le lac de Serre-Ponçon allait bien jouer un rôle quelconque sur les nuages, du fait de sa masse d’eau gigantesque et bien chauffée par l’été. La descente jusque l’Argentière-la-Bessée se fait sous un temps maussade alterné avec de gros crachins. Pas bien engageant tout ça.

Embrun, enfin, sur les bords du lac. La fin de matinée approche et soudain, le soleil semble vouloir se montrer. Changement de programme : direction l’abbaye de Boscodon dans un premier temps, elle qui devait servir de point final au roadtrip. Pourquoi ? Parce qu’il y a à côté d’elle une belle piste de quelques kilomètres montant au Grand Clot, un point de départ d’une belle randonnée… Qui sait, on verra…

L’abbaye est belle à défaut d’être superbe. Une association de bénévoles y a passé beaucoup de temps à tout remettre d’aplomb et à retrouver les fragments d’une histoire bien riche, autant que la forêt environnante qui attira nombre de convoitises et fut source de revenus pour l’abbaye. Les bâtiments sont bien entretenus et certains sont bien restaurés. Le cloître, visible en payant, est un peu cher d’accès mais quand on voit le travail accompli et la bonne et complète scénographie, cela le mérite.

En ressortant, le ciel est bleu, ou pas loin. En tout cas, il y a de quoi envisager une petite grimpette… Je prends la piste en direction du Grand Clot pour réaliser l’ascension du Pic de Morgon, qui domine le lac de Serre-Ponçon. Voilà qui devrait être pas mal et même s’il est déjà midi, la boucle fait 4h30 (664 m D+, 10.3 km, #21 du Rother).

La première partie de l’ascension ne présente à dire vrai pas grand intérêt puisqu’il s’agit de suivre une belle piste forestière qui file au gré de nombreux méandres vers ce qu’on appelle les Portes de Morgon. Les portes, mais les portes de quoi, se demande-t-on en apercevant ici ou là, à travers les frondaisons et les nuées, tantôt le lac, tantôt le Pic de Morgon, tantôt Embrun au loin.

C’est à ce moment-là que la randonnée devient vraiment intéressante, s’engageant au travers d’un nouveau chemin (le tracé a été remodelé pour éviter l’alpage en saison, afin de ne pas perturber chiens de troupeaux et… troupeau) dans le cirque de Morgon. Le temps reste menaçant mais quelques rayons de soleil traversent de temps en temps, contrastant le paysage pour le plus grand plaisir du photographe plutôt frustré jusqu’alors.

L’ascension qui suit est raide, bien que courte. Les flancs du Pic de Morgon sont plutôt escarpés et la randonnée, populaire, a abîmé les pentes en plusieurs endroits. Il faut donc bien prendre garde à suivre le chemin le plus récent, afin que le sol puisse se régénérer par ailleurs. Ne pas oublier non plus de se retourner de temps à autre car il est bien beau, ce cirque !

Le sommet, enfin. Presque ! Une arête rocheuse fonce vers l’ouest avec en son bout un pare-tonnerre, ou une antenne, je ne sais pas. Toujours est-il que c’est d’ici que la vue est la plus belle à ce moment de la journée, avec le Pic de Morgon qui domine outrageusement le lac et le massif des Écrins coiffé de nuages menaçants.

Les nuages, d’ailleurs, se baladent à vive allure, passant au dessus des crêtes, bouchant le paysage quelques minutes avant de disparaître de nouveau. J’aurais pour sûr préféré faire cette balade un jour de beau temps mais l’ambiance qui régnait là-haut était incroyable et le challenge d’attraper le bon rayon de lumière au bon moment était amusant !

En parlant de nuages, cela se bouche un brin… alors je file, rapidement, jusqu’au sommet du Pic de Morgon. Raté ! Les nuées sont arrivées, bouchant complètement le paysage. J’attends, entouré de brume, que cela veuille bien se lever. Au bout de quelques minutes, il faut bien se rendre à l’évidence : c’est foutu pour aujourd’hui.

Il est temps de redescendre par la suite de la boucle, sur la belle crête qui part du Pic de Morgon et file vers les arêtes du cirque. Hors de question bien sûr de rejoindre le pic de Charance mais on fait malgré tout un beau bout de chemin, parfois vraiment exposé, avec d’un côté le cirque et de l’autre, avec des à-pics vertigineux, l’autre extrêmité du boomerang que forme le lac de Serre-Ponçon. Superbe.

Le chemin bifurque à gauche à un moment. Il est temps de redescendre définitivement dans le cirque de Morgon, vers le lac aussi. Sur le retour vers les Portes de Morgon, le troupeau est en mouvement et les cloches tintent de toutes parts. Le spectacle des moutons dirigés par les chiens de berger est superbe, caressé au bon moment par un beau rayon de soleil. Le Pic de Morgon ? Toujours la tête dans les nuages.

Le temps de redescendre à la voiture, j’ai le temps de vérifier qu’il est bien possible de se baigner dans le lac de Serre-Ponçon. Le plus est tout simplement d’aller à la base nautique d’Embrun, qui constitue un beau havre de paix bien protégé par de belles digues. Le plan d’eau est de toute beauté et le cadre à l’avenant.

Les nuages s’amoncèlent au loin, au sud. Le Pic de Morgon a désormais la tête dans le noir. Nous sommes descendus au bon moment car ça y est, la masse du lac ne suffit plus à contenir les nuées qui nous arroseront bien copieusement juste après la baignade et jusqu’à Briançon ! L’essentiel fut sauf en tout cas : nous avions randonné !

La carte de cette journée :

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