Hautes-Alpes – randonnée du Pic du Lac Blanc à Névache

Après la journée au dessus de Briançon et avec une météo annoncée comme étant passable pour la journée qui allait suivre, le choix pour cette seconde journée de randonnée dans les Hautes-Alpes fut aisé : vite, foncer dans la Haute Vallée de la Clarée pour découvrir l’un des plus beaux joyaux des Alpes.

Pour ce faire, il faut partir tôt, voire très tôt si l’on veut aller en voiture au bout de ladite haute vallée. En saison, l’accès automobile est en effet limité, avec une interdiction à compter de 9h. N’espérez toutefois pas vous garer à Laval à cette heure, il faut plutôt arriver vers 7h…

Pas envie de me lever trop tôt de mon côté, aussi ai-je garé la voiture à Névache, point au delà duquel le département a mis en place un service de navettes qui font plusieurs arrêts tout au long de la vallée. Direction les Chalets de Fontcouverte pour entamer l’ascension du Pic du Lac Blanc (6h15, 1130 m D+, 13.1 km, #14 du Rother).

Après avoir quitté la vallée et la belle Clarée, on grimpe assez rapidement et à travers bois vers le hameau du Ricou (et son refuge éponyme – bonne bière, bons desserts, à la descente bien sûr). Quelques chalets sont plantés ici ou là, avec des vues à couper le souffle. La haute vallée de la Clarée est un sacré petit bout de paradis.

On dépasse alors le hameau pour emprunter le chemin des lacs. L’ascension est rude mais bien progressive. Le chemin est bien tracé et présente mêmes quelques raccourcis, coupés par des pierres et rondins. Rappel aux abrutis : la montagne, ça se respecte et les raccourcis, ça ne se prend pas, sauf à vouloir fusiller les sols une bonne fois pour toutes comme un gros con. Quant aux parents qui ne montrent pas l’exemple à leurs chiards, il ne faudra pas venir pleurer quand ils n’auront plus de quoi randonner…

Ceci étant dit (y a des coups de bâtons qui se perdent, ou de fusil, parfois), le chemin est superbe et la vue sur le Ricou, démentielle, autant en profiter avant d’arriver au premier lac mais en évitant de tomber dans l’alpage à force d’avoir la tête vissée à droite !

Le premier lac, c’est le Laramon. Ses eaux bleutées qui prennent le soleil sont glaciales et tandis qu’on le contourne sur son flanc nord, il est difficile de s’arracher à sa beauté, surtout avec la barre de la Clarée en spectacle de fond. Mais bon, il faut continuer de grimper, en direction du second lac.

Celui-ci, c’est le lac du Serpent, à 2448 mètres d’altitude. La première image est superbe, avec les flancs montagneux qui le dominent, mais la plus belle vue apparaît aussi en le contournant, avec désormais les Écrins visibles au loin ! Quelle vision.

Après avoir grimpé, grimpé et encore grimpé à travers piste et parfois rochers, on se retourne une dernière fois sur le lac du Serpent et on découvre une drôle de baleine granitique au côté de laquelle un névé achève de fondre. Le terrain change, devenant plus rude, sauvage. Les petites Gardioles offrent autant de miroirs sur les montagnes attenantes, les Écrins étant désormais parfaitement visibles, tout comme les Aiguilles d’Arves ! (oh, elles… quelles beautés !)

C’est la dernière phase de l’ascension, dans un univers minéral. La cible est le Col du Grand Cros, depuis lequel on découvre une vue superbe sur l’Italie. On entame alors le dernier effort, celui menant au sommet du Pic du Lac Blanc. Un premier lac glaciaire se laisse apercevoir depuis la crête sommitale, le Lac Long.

C’est ensuite le Lac Blanc que l’on découvre, niché au pied de son pic encore parsemé de névés. Le Mont Thabor, la Vanoise, les Écrins, le Chaberton et les Aiguilles d’Arves. Quel panorama depuis ce pic où la pause déjeuner s’impose. Sublime rando !

Pour ne pas faire demi-tour, il y a un chemin de descente alternatif, ramenant de manière plus ou moins bien tracée vers le GR qui court sur les hauteurs de la vallée. On emprunte pour le rejoindre un marqueur géographique bien pratique : la crête de la Cula, dominant le lac du même nom et offrant surtout une vue bien perpendiculaire au gigantesque massif alpin des Écrins.

La fin de la descente n’est pas aisée, la piste étant bien peu empruntée. Il faut parfois un peu improviser et prendre les chemins tracés par les animaux, afin de ne pas piétiner l’alpage. L’avantage, c’est que le GR est bien visible en contrebas, bien tracé et qu’on le rejoint donc sans trop de mal après avoir récupéré quelques myrtilles ici ou là.

Dernier bout de descente, on rejoint de nouveau le hameau du Ricou pour une petite pause goûter, avant de rejoindre le point de départ. Les navettes se font un peu attendre et surtout, elles sont bien pleines. J’ai hésité en rejoignant le GR, à pousser la randonnée jusqu’à Laval, ce afin de pouvoir choper les navettes à leur terminus, vides !

Cela n’aurait pas été un mal… mais après un gros quart d’heure / vingt minutes d’attente, une navette à moitié vide s’est finalement présentée, me redescendant sur Névache pour une petite marche sympathique dans les ruelles du village et quelques emplettes sur place (très bon miel…).

C’était une superbe journée, vraiment. La Haute Vallée de la Clarée est une merveille, Névache est adorable et l’ensemble montagneux qui entoure le Pic du Lac Blanc est d’un équilibre époustouflant, présentant une palette de formes, couleurs et hauteurs complète. C’est peut-être l’une des plus belles vues des Alpes qu’il m’a été donné de voir. En fait, c’est simple, je crois que je pourrais tout à fait passer 2 ou 3 jours supplémentaires sur place.

La carte de la journée :

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