Festival de Gérardmer – cinéma et perle des Vosges

Il y a quelques semaines, je reçois un mail de la part de l’équipe du blog LG qui me dit en substance : « Hey, ça te dirait de découvrir le festival du film fantastique de Gérardmer ? » … Vous vous doutez bien de ma réponse : montagne + cinéma = je dis forcément oui à un truc pareil surtout si l’on part du principe que je n’avais encore jamais assisté à un festival dans ma vie (j’aurais pu être à Cannes l’an dernier mais j’ai du abandonner, tristesse infinie). Du coup, le rendez-vous était aussitôt fixé à Gare de l’Est le samedi midi du festival : direction Épinal en TGV pour découvrir cette ville que l’on appelle la perle des Vosges. Et il faut bien avouer que la trajet entre la gare d’Épinal et Gérardmer suivi de l’arrivée sur la ville le long du lac, en mettent plein la vue. Première fracture oculaire du weekend.

Il fait beau, il fait agréablement froid et sec, on boit du vin chaud avec les amis Chandleyr et Alexandra : tout s’annonce pour le mieux en somme. On a même nos pass pour aller voir les films, ce qui tombe bien parce qu’on est quand même là pour ça. Sauf que la visite s’est quelque peu gâtée à ce moment là pour une simple et bonne raison : Gérardmer, qui en est à sa 18ème édition, attire énormément de monde ! Bilan, même en arrivant 30 minutes à l’avance devant la salle, nous n’avons pas pu rentrer pour voir Rare Exports – A Christmas Tale. Et trois blasés, trois ! Autant vous dire qu’on est repartis bien vite pour boire du vin chaud et ainsi tenter d’évacuer notre frustration. Nous n’étions d’ailleurs pas les seuls puisque le festival a cette année rencontré quelques difficultés pour satisfaire à la fois festivaliers, invités et autres détenteurs de pass plus ou moins VIP venus en masse…

Du coup, le soir, nous avons joué la sécurité en nous pointant une heure avant la projection de The Loved Ones, projection précédée d’un hommage à Dario Argenton, grand maître du fantastique et président du festival… Légère queue dehors par -8°c, huées bon enfant (enfin pas que) de la queue « festivaliers » envers l’autre queue, celle des pass prioritaires, arrivée dans une salle comble et enfin Dario Argento qui arrive sur scène après un vibrant hommage d’Alexandre Aja. Cet homme est un Monsieur, voilà tout.

Mais place à The Loved Ones avant d’aller dîner au Beau Rivage en compagnie de tout le gotha du cinéma présent à Gérardmer (soirée quelque peu surréaliste d’ailleurs, hey salut Kim Chapiron, hey Dario, hey Clovis, hey hey hey ! je me demandais quand même un peu ce que je foutais là…). Bref : The Loved Ones.

Il faut déjà savoir que je suis assez « chiant » comme garçon pour ce qui concerne le fantastique. Ce genre me met très rapidement mal à l’aise, il faut croire que je suis quelqu’un d’un peu sensible et la vue d’une séance de torture me donne en général des nausées et des sueurs froides. En clair, côté réalisateur, tout doit être dans le dosage : m’en montrer un peu, mais pas trop non plus. C’est justement cet équilibre qu’atteint Sean Byrne dans ce film qui se révèle être une petite pépite à mes yeux et semble-t-il aux yeux de la salle tant le nombre de « Excellent » était impressionnant dans les boîtes à vote à la sortie (phrase indigeste, bonjour).

Très bien filmé, très bien monté, doté d’une photographie splendide et de fulgurances ultra violentes absolument jouissives, le film n’oublie pas son scénario et monte en puissance tout en conservant ce petit côté teen-movie par moments qui, s’il n’est pas pour me déplaire, est un poil trop appuyé parfois. Au final, on s’éclate bien, on stresse, on entend quelqu’un défaillir dans la salle et être évacuée en pleine séance, on redescend par moments à cause de certaines maladresses mais l’ensemble est bon, voire très bon. Une belle découverte que ce film.

Après une bonne nuit de sommeil, la balade de 2h30 autour du lac de Gérardmer fut tout simplement un régal : ciel sans nuages, lumière aveuglante et léger voile blanc… Parfait.

Après tous ces efforts, le cappuccino et une nouvelle projection étaient les bienvenus. Au menu : des trolls. Ou plutôt, pour être exact, un chasseur de trolls pour le bien nommé The Troll Hunter.

Comme son nom l’indique et comme l’affiche du film le révèle avec un peu trop d’enthousiasme, on parle ici de vrais trolls, ils sont tout ce qu’il y a de plus vivants et peuplent la Norvège. Le réalisateur André Øvredal nous immerge dans le reportage d’étudiants de l’université de Volda qui réalisent dans le cadre de leurs études un documentaire sur la chasse à l’ours et son braconnage, sauf que bien évidemment, tout cela va aller bien plus loin que ce à quoi ils s’attendaient.

Tourné caméra à l’épaule, à la Blair Witch / Cloverfield / REC, comme on veut, le cadrage se veut donc libre et un peu bordélique et est présenté comme étant un document authentique et sommairement monté à partir de bandes brutes. On a au final parfois un peu la nausée tant ça bouge mais on s’y habitue rapidement passées les premières minutes et on se laisse prendre au jeu du réalisateur qui n’hésite pas à nous montrer le sujet de son film, les fameux trolls. Le film repose donc sur la révélation progressive de leur mystère, révélations assumées par le fameux chasseur de trolls qui y voit là l’opportunité de parler de son métier de merde, des manipulations du gouvernement norvégien et autres traits comiques plus ou moins bien gérés. L’ensemble, même s’il est plaisant voire jouissif pour ce qui est des trolls, est malgré tout plutôt inégal. Le comique tombe parfois à plat, des rires fusent mais on ne sait pas trop s’il s’agit de moqueries ou de franche rigolade. Reste l’univers trollesque, magique et onirique ainsi que le charisme nonchalant et indéniable du chasseur. Un bon moment de cinéma, en somme.

Gérardmer, vous l’aurez compris, aura été une splendide expérience tant pour la partie cinématographique que pour la partie plaisir de se balader en pleine nature. Sans oublier le vin chaud, les vannes, le froid, la chambre d’hôtel un peu étrange, les zombies qui se baladent dans les rues, etc. etc. etc. Vivement l’année prochaine.

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