Essai – Suzuki Jimny 1.5 VVT BVM

Le Suzuki Jimny, au delà de l’avoir beaucoup croisé ici et là en France, je l’ai surtout désiré et vénéré lors de mon voyage en Islande. Il faut dire que c’était le petit 4×4 le plus accessible à la location, face aux indéboulonnables et autrement plus gros Wrangler ou Defender. Surtout, c’était le seul avec ces noms légendaires à avoir de réelles capacités off-road pour un prix raisonnable à la loc’ !

En face, de nombreux SUV et plein de citadines (j’ai opté pour une Chevy Spark), les premiers souvent conduits par des néophytes qui s’arrêtaient au premier croisement de pont ou au premier torrent à franchir. S’ils avaient eu un Jimny, ils seraient passés en rigolant… mais bon, ils avaient préféré avoir le dernier Qashqai ou autre SUV sans grandes compétences off-road pour compenser leurs propres manques.

Le temps a passé et la troisième génération du Suzuki Jimny vient de passer le flambeau à un petit nouveau, qui porte toujours ce drôle de patronyme que je croyais être « Jimmy » fut un temps. Il est tout nouveau, tout beau et à défaut d’être de retour en Islande en sa compagnie, je voulais absolument le découvrir et l’essayer sur mes petits chemins normands.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la marque japonaise n’a pas fait les choses à moitié pour ce qui est du style de ce nouveau Suzuki Jimny. Le petit cube reste cubique à souhait, avec un Cx de grosse boîte à godasses mais pour compenser tout cela un vrai petit look de baroudeur tout à fait sexy !

Oui oui, vous avez bien lu : je le trouve sexy. C’est un bébé Wrangler, avec tout l’ADN de l’ancien Jimny et une appartenance à la marque au S indubitable. La calandre en plastique noir, avec les petits feux ronds, le gros bouclier en plastique qui semble vouloir prendre des angles d’attaque pas permis et la ceinture de couleur tout autour : c’est par-fait.

Le fait est aussi que ce Suzuki Jimny est loin d’être aussi « petit » que l’on pourrait croire. Son capot trône en réalité à une hauteur très respectable avec une hauteur totale de 1m72 mais il est en revanche aussi étroit que je le pensais avec 1m65. Son gabarit global reste néanmoins contenu puisqu’il ne fait que 3m48 de long ! C’est petit, c’est mignon et la bouille est adorable. Coup de foudre assuré.

C’est d’ailleurs bien de côté que ce gabarit ramassé tape le plus à l’oeil avec la silhouette à trois portes. Il faut aussi dire qu’on n’a vraiment plus l’habitude d’en voir, des trois portes… Le tout est indubitablement carré et compact, on se demande d’ailleurs ce qu’il peut bien y avoir derrière les sièges avant que l’on aperçoit bien à travers les grandes portières.

Mention très bien par ailleurs pour le toit noir qui vient constraster avec la carrosserie et rappeler la face avant et les pare-boue. Quant à l’arrière, c’est la même histoire avec une silhouette complètement carrée et cette superbe roue de rechange d’un noir étincelant et que l’on aspire à salir le plus vite possible.

A l’intérieur, le tableau pourrait apparaître comme nettement moins flatteur. Les plastiques sont durs, noirs, sobres. Les sièges ne sont guère épais et le design est simplifié au maximum, sans fioritures. Le petit volant, bien équipé, fait même luxueux dans cet environnement dénudé, tout comme le petit écran tactile et plutôt réactif.

En fait, oui, tout cela pourrait paraître bien pauvre si l’on ne se rappelait pas un instant du prix demandé pour rouler dans ce nouveau Suzuki Jimny. A partir de 17k€ et seulement 20k€ pour cette version Pack équipée de nombreux éléments de technologie moderne : avertissement de franchissement de ligne, régulateur de vitesse, sièges chauffants, air conditionné bien fichu, compatibilité Apple CarPlay, système multimédia plutôt bien fichu et ainsi de suite.

En fait, dans un écrin très sobre et dénudé, le Suzuki Jimny n’oublie pas de fournir suffisamment d’éléments de confort et de technologie, tout en restant le plus léger et le plus fonctionnel possible.

Au delà de l’écran, dont vous pourrez retrouver une partie de l’interface ci-dessous, j’ai totalement craqué pour les blocs de compteurs cubiques avec leur design oscillant entre le rétro et le moderne ! L’autre point bien singulier reste bien sûr le double levier de vitesse au centre de l’habitacle.

Le premier est celui de la boîte de vitesse tandis que le second, très court et au centre de l’habitacle, commande la boîte de transfert. La première position est celle qui permet de se déplacer d’un point A à un point B, en deux roues motrices.

Tirez un premier coup et la boîte de transfert enclenche la transmission intégrale. Un appui et un coup de plus et voici le mode le plus court qui est enclenché… le tout étant bien rappelé au niveau des compteurs, au cas où…

Bon. Les places arrière. Les quoi ? Je pense sincèrement qu’il ne faut pas aimer les passagers arrière pour les installer sur l’espèce de banquette ultra fine que l’on trouve en avançant l’un des sièges avant. Et il faudra aussi leur confier les bagages car dans cette configuration, il n’y a tout simplement pas de coffre.

En revanche, avec les sièges très rapidement rabattus, on récupère un bel espace de chargement avec fond plat et possibilité d’entasser un gros paquet de bagages, de bûches, de champignons, de sac d’engrais ou que sais-je encore ! Le Suzuki Jimny est une petite chose pratique et tout son habitacle transpire la robustesse et la praticité. Conquis ? Oui.

Finalement, dans cette espèce de garage idéal à bas coût, je crois qu’il me faudrait une Mazda MX-5, un Citroën Berlingo ET… un Suzuki Jimny.

Et alors pourquoi pas un Suzuki Jimny en lieu et place du Berlingo ? Tout simplement parce que faire beaucoup de route avec cette petite bouille est un peu fatiguant. Sur autoroute, sa vitesse maximale plafonne à un peu plus de 140 km/h. Suffisant, me direz-vous, avec ses 102 ch pour un peu plus d’une tonne à transporter…

Oui, mais c’est faire abstraction de sa grande prise au vent (il y avait un vent à décorner les coc*s lors de mon essai), de sa suspensions souple et de sa direction tout sauf précise, il faut un peu se battre au volant pour tenir la ligne à haute vitesse ! De plus, le bruit de roulement et d’air devient assez désagréable au delà de 100 km/h et le confort des sièges n’est pas adapté aux longs trajets.

Vous m’aurez donc compris : le Suzuki Jimny est une voiture locale, pour les besoins pratiques du quotidien, pour les activités en extérieur et pour les courts transports et trajets. Utilisée dans ce cadre, c’est une petite auto vraiment agréable et amusante, avec sa boîte courte, son moteur qui pousse somme toute pas si mal et sa suspension qui rigole dans les virages et les ronds-points.

Le bon point, une fois ces limitations acceptées et la relative faible performance assimilée (102 ch à 6000 tr/min, 130 Nm à 4000 tr/min), une fois la boîte peu précise apprivoisée, on commence à bien rigoler en ne craignant strictement rien quand on veut absorber trous, roues en dehors de la route et ainsi de suite.

Bon, on ne va pas non plus se mentir en prétendant que le Suzuki Jimny est un virtuose de la technique car il continue d’embarquer un châssis échelle rigide comme depuis ses débuts ! C’est parfait pour la résistance à la torsion et les chemins affreux, moins en vie quotidienne et surtout pas dynamique.

De même, la BVM5 et le petit moteur 1.5L n’ont pas l’air d’être des foudres de guerre et les malus écologiques qui affligent malheureusement cette petite voiture très économique sont là pour le prouver. Qu’importe à priori, puisque les chiffres de vente ne sont pas mauvais malgré ça ! Bon, à mon avis, il ne doit pas y avoir beaucoup de BVA4 en circulation…

En tout cas, je me plais à imaginer les petits trois pattes et boîtes 6 PSA dans cette voiture, ce serait vraiment parfait (en sus de limiter la conso… 8.3 l/100 sur mes 400 km), pour le coup. Allo, Mr Tavares ?

Une fois tout ça pris en compte, il est temps de prendre les chemins de traverse ! Car le Suzuki Jimny n’aspire qu’à cela ! Sa robustesse, sa boîte de transfert en mode court, tout ce petit monde trépigne d’aller jouer dans la boue pour salir le plus possible la carrosserie et les dessous du châssis !

Aussitôt dit, aussitôt fait ! Le Suzuki Jimny est un régal avec ses pneus pourtant pas conçus pour le off-road pur. L’angle d’attaque est à 37°, ce qui permet d’aborder un grand nombre de cassis sans se poser de question et même chose pour ce qui est des trous pleins d’eau qui traînaient sur ma route.

La garde au sol s’établit à 21 cm, de quoi là-aussi voir venir et aborder encore toutes les situations sans souci ! J’ai trouvé quelques coins sympathiques pour vraiment m’amuser et j’avoue être passé dans quelques trous bien tordus où je pensais bien rester… notamment un. Pas de photos malheureusement car j’étais seul dans l’auto à ce moment-là et je ne pouvais pas sortir décemment de l’auto, à moins de vouloir chuter ou traverser l’auto de gauche à droite !

En tout cas, quand je vois les performances atteinte et le couple déployé en boîte courte, je me dis qu’il y a matière à vraiment faire des bêtises avec cette petite voiture sur un véritable terrain de 4×4, du genre celui de Loisirs Off Road à Salives. Je ne sais pas pourquoi, mais je sens que je vais tenter de me réorganiser ça fin 2019 avec les copains et une bonne raclette. Et des pneus spécifiques.

En bref et pour conclure, le Suzuki Jimny nouveau crû est toujours aussi désirable que l’ancien mais apporte un coup de frais bienvenu sur tout ce qui le compose. Technologie embarquée, design sexy, nouveaux éléments mécaniques ; tout cela sans jamais se renier une seule seconde.

Il est et reste la petite voiture pratique pour toutes et tous, pour une utilisation « locale » que l’on imagine volontiers campagnarde ou montagnarde. Le fait est aussi qu’il pourra lui monter sans souci sur les trottoirs de n’importe quelle ville mais ce n’est pas sa place, quand bien même ses éléments de protection intégrés le mettent à l’abri de tout.

C’est un vrai coup de coeur et je comprends après cet essai la fascination qui me faisait parfois sourire chez l’ami Victor. De mon côté, je les faisais ch*er avec mon MX-5… Force est de constater que comme moi, Victor avait bien raison et que ce petit 4×4 qu’est le Suzuki Jimny est vraiment un petit franchisseur et une belle automobile.

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