Essai – FIAT 124 Spider

Après les essais satisfaisants des Mazda MX-5 1.5 et 2.0, je ne pouvais pas m’arrêter en si bon chemin et passer à côté de la déclinaison italienne de la petite Miata. D’abord prévue pour naître sous un trèfle, le petit cabriolet plaisir a finalement changé de route pour permettre la renaissance d’un modèle emblématique disparu depuis trois décennies : la FIAT 124 Spider.

Autant vous dire que j’étais un peu perplexe au début, triste déjà de ne pas le voir sous les couleurs Alfa Romeo, inquiet ensuite en voyant les images « presse » qui ne lui rendaient pas vraiment hommage. Un peu désabusé, en somme. Un ami journaliste, grand amateur de piscines devant l’éternel mais doté d’une plume et d’un goût sûrs m’a dit d’attendre de la voir en vrai et de la conduire pour juger. Soit. Dont acte.

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Me voici donc face à la FIAT 124 Spider, bleue, avec son regard un peu… écarté mais définitivement séduisant. Je cherche les proportions bizarres perçues sur les images officielles mais ne les trouve pas ! Indubitablement, ce 124 Spider est plus grand, plus long et plus large que son homologue japonais mais le charme opère encore. Oh, différemment, mais il opère.

Le capot s’est allongé, gagnant quelques galbes au passage et enveloppant deux feux au dessin parfaitement reconnaissable et propre au modèle et à la marque. L’intégration dans le design d’origine est réussie même si les optiques semblent un peu trop écartés de part et d’autre d’une calandre joliment dessinée et renforcée par la seconde ouverture alimentant le radiateur.

Les anti-brouillards et clignotants sont bien intégrés mais je trouve la différence de formes entre les deux bouches de la face avant un peu perturbante : petit nid d’abeille en bas, gros nid d’abeille différent en haut. En revanche, l’arceau chromé est bien pensé et avec cette robe bleue, l’ensemble de la face avant fonctionne vraiment bien !

Franchement, la FIAT 124 Spider se montre suffisamment différente et singulière pour se démarquer de son homologue, offrant un cabriolet un tout petit peu plus imposant, sans devenir massif ; plus galbé et doux en opposition aux lignes acérées du MX-5.

Sur les flancs et à l’arrière, le constat est un peu plus mitigé. Si les roues et le bas de caisse sont bien fichus, l’arrière est plus convenu, avec l’intégration du logo FIAT au sommet du coffre, un brin bizarre et le reste, tout à fait semblable à l’initiatrice japonaise. L’ensemble est élégant mais un peu moins réussi que l’avant à mes yeux. L’augmentation de taille et de gabarit fonctionne un peu moins bien de ce côté qu’à l’avant.

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Dans l’ensemble, la FIAT 124 Spider se démarque bien de son initiatrice, proposant quelque chose de moins agressif, de plus galbé et enrobé, invitant à la balade plus qu’à l’attaque. La dolce vita italienne en opposition à une énergie japonaise très pure.

L’intérieur ne mérite que peu que je m’y arrête tant il ressemble justement à celui du MX-5. Le volant se dote évidemment d’un logo maison, le levier de boîte et les sièges sont spécifiques et bien réalisés mais pour le reste, je vous renvoie à mes articles sur le petit roadster pour la liste des qualités et défauts maîtrisés d’une auto qui se montre très bien équipée et conçue au vu du tarif demandé. Si les kilomètres s’enchaînent sans effort et avec plaisir dans le MX-5, c’est tout autant le cas dans la FIAT 124 Spider.

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Il est plus que temps de quitter la revue des détails intérieurs (c’est réussi) et extérieurs (si l’on excepte le regard un peu clivant, on ne peut nier le bon travail des designers de FIAT) pour s’intéresser à la partie mécanique ! La FIAT 124 Spider conserve évidemment le châssis, les trains roulants et la boîte de vitesse nippons mais la marque a imposé sa patte sur les réglages de suspension et a carrément changer le bloc moteur pour se différencier tout à fait.

Appui sur le bouton de démarrage. Brop. Le quatre cylindres cube 1.4 L et est ici suralimenté pour développer 140 ch (c’est 9 de plus que le bloc atmo Mazda) mais surtout 240 Nm de couple (contre 150 !!!). Autrement dit, la manière de conduire cette voiture va se montrer très différente. Là où le Mazda MX-5 1.5L commence à vivre à partir de 5000 tr/min et jusque 7000, la FIAT 124 Spider en a déjà terminé. Ce bloc, couplé à l’excellente boîte, meut sans s’émouvoir les 1050 kg de l’auto, là où le MX-5 devait être cravaché pour avoir du rythme.

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On peut ainsi beaucoup plus se permettre d’enrouler autour des 3000/4000 tr/min tout en ayant l’impression d’avoir suffisamment de vitesse. L’échappement est en revanche quelque peu en retrait, ne distillant pas grand chose, les 1400 centimètres cube étant tout à fait étouffés par le turbo en terme de sonorité. Il faudra attendre la version Abarth pour avoir un peu plus de fun acoustique car cette FIAT 124 Spider joue la carte d’une certaine discrétion.

Avec ce bloc, que je trouve un peu trop gourmand (consommation moyenne de 8.6 l/100 sur les 633 km de l’essai), la FIAT 124 Spider est donc parfaite pour la balade. Le système de capote toujours aussi simple et rapide permet de vite se mettre le crâne au frais et profiter de l’air de n’importe quelle saison. Robe bleue, touches de chrome, léger vrombissement à l’arrière, rapports qui s’égrainent sans forcer et légers pschits de turbo, son Bose de qualité : les kilomètres s’enchaînent, vraiment sans forcer, avec ce qu’il faut de plaisir mais toujours avec beaucoup de confort et de douceur.

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Car oui, la FIAT 124 Spider est confortable, un peu plus encore que le Mazda MX-5 1.5. Sur routes dégradées, il filtre très bien les imperfections et permet vraiment d’aborder toutes les routes sans crisper les vertèbres. En revanche, cette douceur relative combinée à l’allongement du porte à faux avant donne aussi plus de mouvements de caisse à l’accélération et au freinage. La sensation de cabrage et de plongée est bien là quand le rythme augmente, de façon assez peu agréable à dire vrai.

C’est une preuve supplémentaire à mes yeux que FIAT a fait le choix de la douce balade pour la renaissance du 124 Spider et je les comprends parfaitement, laissant ainsi le champ libre à Abarth pour la partie sportive mais sans renier complètement les bonnes qualités dynamiques de la base du roadster.

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La FIAT 124 Spider, si elle ne se montre pas particulièrement rigoureuse, reste une voiture bien conçue et bien née ! Son excellent train avant couplé à une direction tout juste légèrement floue en son milieu et une propension assez modérée à glisser de l’arrière la rendent plaisante à emmener à bon rythme, à défaut d’attaque.

Pour ce dernier point, ce n’est comme je le disais plus haut pas vraiment agréable. Trop de mouvements de caisse, pas assez de feeling dans les reins du fait de l’amortissement très efficace, il ne reste plus que la direction pour aider et ce n’est pas non plus la plus folle des directions, si le reste ne suit pas. Vraiment, il faut voir la FIAT 124 Spider comme un parfait objet automobile récréatif pour les belles balades quotidiennes ou dominicales.

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L’heure de rendre l’auto et de tirer le bilan de cet essai approche. Alors, cette FIAT 124 Spider ? Mieux ou moins bien que l’originale nippone ? Mieux que le 1.5. Moins bien que le 2.0. FIAT réussit à mes yeux à se placer pile entre les deux japonaises, offrant notamment plus d’agrément moteur et de rondeur que l’anémique mais sympathique et métallique 1.5.

La FIAT 124 Spider assume aussi un peu plus la volonté de bourgeoisie, de douceur et de confort que la petite Mazda, se montrant très prévenante, moins pointue et finalement parfaite pour un usage quotidien tout en douceur, avec quelques pointes de folie possibles sur simple demande, sans être aussi ludique et sans rompre l’équilibre et le confort globaux.

Le MX-5 2.0 reste encore pour moi la voiture la plus équilibrée du côté ludique et sportif. Il n’est en revanche à mon sens pas du tout pertinent de comparer la FIAT 124 Spider à cette seconde auto comme j’ai pu le lire ici ou là. Pour cet autre match, c’est bien l’Abarth qu’il faudra essayer !

Le bilan aujourd’hui, c’est que oui, à mes yeux, la FIAT 124 Spider fait un peu mieux que le Mazda MX-5 1.5 en assumant clairement un positionnement différent de la référence. Il fallait oser et c’est réussi avec une facture globale un peu plus salée côté italien. Reste à voir désormais si les clients chercheront à tout prix le caractère ludique d’une Mazda ou si ce surplus de dolce vita et de confort proposés par FIAT les convaincra.

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