Essai – Porsche 718 Boxster PDK

Il y a maintenant un peu plus de deux ans, j’avais pu m’asseoir dans le dernier 718 Cayman S sur le joli circuit de Maison Blanche, au Mans. J’avais pu y apprécier son châssis et son équilibre mais la prise en main était forcément courte et orientée piste. Depuis, rien qui ne porte le légendaire blason Porsche n’était passé entre mes mains, avant la fin du mois de septembre dernier…

Alléluia, voici que l’on me tend les clés d’un Porsche 718 Boxster afin de (re)faire connaissance avec la marque et avec son produit le plus « accessible ». Nous sommes vendredi et j’ai un crédit d’une journée et 500 km pour aller m’amuser à son volant. Coup de bol : il fait beau ! Les petites routes du parc du Vexin semblent être le terrain de jeu idéal au vu des contraintes de cet essai dont je rêvais depuis un moment.

Une fois la banlieue parisienne effacée, je prends le temps de faire le tour du propriétaire. D’aucuns regrettent la ligne des Boxster et Cayman type 981, je trouve pour ma part la nouvelle génération 718 Boxster et Cayman tout à fait réussie.

La face avant est indubitablement Porsche, avec un regard caractéristique et une horizontalité des entrées d’air qui me plaît, même si la robe noire de mon modèle d’essai n’était pas la plus facile à photographier ou à admirer. Le capot avant semble creusé, accentuant le côté saillant des ailes et le côté bas et élancé de l’auto.

Le Boxster avait dans sa première génération la mauvaise idée de beaucoup ressembler à la 911 au moment où elle était la moins belle… Il a désormais son propre visage et sa silhouette s’est affirmée au fil des générations. Si le 981 était effectivement un modèle d’équilibre de lignes, le 718 Boxster ne casse rien de tout cela et raffine juste son regard et sa lippe somme toute moins agressive mais qui frôle le bitume.

Ma version d’essai, très richement dotée, était par ailleurs posée sur des roues « Carrera S » de 20 pouces, accentuant une fois de plus le caractère sportif de l’auto et remplissant à la limite les ailes avant comme arrière.

On note aussi les flancs creusés pour attirer l’air vers les ouïes latérales, de noir vêtues elles-aussi et venant rappeler le positionnement central du nouveau moteur qui défraye tant la chronique ! Vu de profil, le 718 Boxster est vraiment plat et galbé autour de sa mécanique, impression d’autant plus prégnante que j’aurai passé l’ensemble de la journée décapoté.

Même changement dans la continuité à l’arrière avec une lame amovible faisant le lien entre les optiques complexes, tandis que le bouclier arrière se perce pour laisser passer une double trompette synonyme d’échappement Sport ! Youpi ! Souvenez-vous, j’avais été terriblement frustré par mon expérience en 718 Cayman S à échappement standard.

Bon, pour ce qui est de l’arrière : j’ai toujours adoré les lignes du Boxster et du Cayman de ce côté-ci, avec des ailes galbées et une malle arrière fuyant doucement et accentuant ce galbe. Le 718 Boxster n’échappe pas à cette règle, toujours malgré cette robe noire en plein soleil !

A l’intérieur, difficile de ne pas tomber amoureux de l’ergonomie pour ainsi dire parfaite. Les finitions ne sont pas irréprochables avec quelques boutons en plastique peu esthétiques mais cet habitacle est globalement bluffant et fonctionnel, dédié au sport.

Les baquets chauffants en cuir Gris Quartz sont splendides, offrant un peu de contraste avec le noir extérieur et surtout changeant des variantes de noir vues partout dans l’industrie. Le volant et la planche de bord reprennent cette teinte, tandis que l’on retrouve au centre le levier de la boîte PDK optionnelle (2.8 k€).

Pas facile en une seule petite journée de faire le tour complet du propriétaire mais je me suis senti très vite à mon aise dans cet intérieur, séduit plus particulièrement par le volant tout simplement dénudé et parfait, avec son petit sélecteur de modes allant avec le Pack Sport Chrono (2.2 k€).

Quelques menues attentions rendent également la vie plus facile, comme les rangements intégrés aux portières, un petit logement en retrait du tunnel central (qui aurait gagné à ne pas avoir d’allume-cigare pour gagner en volume) ou encore les porte gobelets masqués au dessus de la boîte à gants.

Ce qui est moins facile en revanche, c’est la forêt de boutons qui pousse autour du levier de boîte PDK. Ouverture de la capote souple, ouverture des clapets de l’échappement Sport en argent (2.3 k€), sélection du mode de suspension du PASM (1.4 k€), déploiement de l’aileron (en auto au dessus de 120 km/h) ou encore coupure de l’ESC. Ceux-là… ça va !

C’est au dessus que c’est plus compliqué. Si le 718 Boxster adopte un petit écran tactile 7 pouces bien réactif et intégré, compatible CarPlay, il ne supprime pas tous les boutons qui l’entourent et qui font un peu tâche dans cet habitacle de belle facture. On s’y perd un peu et ce n’est pas très esthétique. Dommage, sur une auto à 57 k€ en base et facturée ici 77 k€ avec les options.

Côté écran et côté compteurs, plein d’informations donc et de la réactivité. L’utilisation de l’écran est globalement agréable et instinctive. En fait, on l’aurait aimé plus grand et remplaçant les boutons situés juste en dessous pour aller au bout des choses mais j’ai apprécié le fait qu’on puisse largement le configurer, tout comme l’affichage des compteurs. C’est là que l’on sait qu’on est chez une marque de sport / luxe…

Les compteurs reprennent quant à eux le triptyque habituel Porsche : le plus important au centre (compte-tours, rapport engagé, mode de conduite) et de part et d’autre l’accessoire (tachymètre à gauche, informations complémentaires à droite, que l’on commande au moyen du petit bouton sur le sélecteur de mode et via le comodo en bas à droite, pas ultra instinctif au début mais ayant le mérite de dénuder totalement le volant de boutons et s’apprivoisant facilement à la fin de la journée.

Un dernier point habitabilité ? Les coffres. Il y en a donc bien deux et ils sont plutôt généreux, avec un total de 275 L. Largement suffisant pour partir un weekend en amoureux… peut-être lors d’un prochain essai, qui sait !

Bon. On le démarre, ce flat4 ? Clé à gauche, clic, clac, brap. Le petit bloc de 2.0L turbocompressé s’éveille dans un grondement métallique assez brutal. Les clapets sont ouverts, comme l’indique la petite loupiotte allumée à ma droite sur le tunnel de transmission.

Il développe 300 ch et 380 Nm, respectivement à 6500 tr/min et 1950 tr/min. C’est ce qu’on appelle une plage d’utilisation bien large, grâce notamment à la turbine à géométrie variable qui rend donc ce petit bloc assez « atmosphérique » puisqu’il faut aller chercher la puissance en haut des tours.

Pour sortir de Paris, je fais en tout cas sauf ça, cherchant plutôt à voir si l’auto est agréable à vivre. Il convient d’être prudent sur les ralentisseurs et cassis qui abondent, cela doit être encore plus vrai avec le châssis sport abaissé de 20 mm sur le 718 Boxster S. En revanche, l’auto est très bien suspendue et seuls quelques raccords remontent fort aux vertèbres, merci le PASM qui gère à merveille l’amortissement.

La boîte PDK, en mode standard, est quant à elle irréprochable et d’ailleurs, je n’en parlerai plus : cette boîte est irréprochable, tout le temps, quel que soit le mode engagé. Le niveau de maîtrise de Porsche sur cette boîte 7 est hallucinant, avec une belle intelligence de gestion douce ou sportive, des passages ultra rapides en mode manuel ou sport et ce qu’il faut de violence quand on le demande. Au. Top.

Le moteur se fait discret dans ces conditions de prise en main. Il ronfle, gronde, je roule sur le couple plutôt que dans les tours. Les relances sont bien suffisantes pour perdre quelques points et la masse de 1400-1500 kg ne semble pas être un problème au quotidien. Avec 300 poneys, cela aurait été fâcheux.

Il n’empêche, alors que je m’amuse à ouvrir et fermer les clapets pour voir l’influence sur le niveau sonore, un constat s’impose. L’échappement Sport est obligatoire car une fois les clapets fermés, plus de bruit, plus de grommellement, plus de son en fait. Le flat4 est muet, surtout si l’on roule en mode Normal. Vous allez me dire qu’on n’est pas non plus tout le temps obligé de faire du bruit mais là, c’est vraiment le silence.

J’ai trouvé quelques routes mignonnes dans le Vexin, dont quelques sections vraiment très sinueuses, avec des qualités de surface oscillant entre l’excellent et le bosselé… de quoi songer à basculer en Sport et en Sport Plus afin de voir l’évolution de la suspension, de la sonorité et de la boîte. Certes, je n’ai que quelques heures pour m’amuser et il faut en garder sous le pied pour ne pas faire de bêtises, mais bon…

Le flat4 se réveille et hurle jusqu’en haut du compte-tours ! Alors oui, ce n’est pas l’ancien boxer 6 cylindres en terme de sonorité et cela ne le sera jamais mais tout de même, l’échappement Sport le ressuscite en terme de volume sonore et de caractère mécanique ! La sonorité, métallique, prend gentiment aux tripes en haut du compte-tours et les pétarades au rétrogradage sont plutôt jouissives.

Pour être honnête, je partais pour cet essai avec un certain à-priori vis à vis de ce bloc et j’en ressors avec quelques interrogations quant à la capacité de certains journalistes à accepter le changement. La sonorité du nouveau flat4 Porsche n’est pas des plus nobles, certes, mais il se passe quand même quelque chose quand il ratatouille, ronfle comme un bateau et finit par s’époumoner avec vigueur !

Comme je le disais plus haut, la boîte PDK est pendant ce temps-là irréprochable, égrainant les rapports avec rigueur et intelligence, tandis que la suspension, une fois passée en mode Sport, lit nettement plus la route. Je me suis trouvé un petit pif-paf en dévers vraiment taquin et c’était le parfait endroit pour me rendre compte de l’excellence du châssis Porsche.

Le 718 Boxster, lancé à belle allure, se joue des bosses et du dévers pour se replacer à merveille sur ses appuis et détaler à la vitesse de l’éclair, à peine perturbé par tous ces changements soudains sous ses quatre roues. La poupe est issue toute en rigueur et en efficacité, le niveau de grip impressionnant le conducteur et le rassurant aussi pas mal. Où est la limite ? Surtout plutôt loin.

Et la direction dans tout ça ? Royale. La perception du grip sur le train avant sur une portion extrêmement sinueuse et en montée / descente, arpentée 4 ou 5 fois de suite tant elle était addictive, est un régal. L’auto est finement équilibrée, se plaçant bien aux freins, mordant les cordes et pivotant gentiment au lever de pied pour revenir lécher la corde en cas d’enthousiasme un peu marqué à l’inscription !

Les corrections de cap, les inscriptions et les légers contre-braquages sont bien retranscrits et l’auto fait montre d’une réactivité irréprochable. Franchement, quel châssis, quelle suspension et quelle direction ! Le toucher de pédale de freins m’a par contre laissé un peu plus sur ma faim mais l’auto revenait d’une session circuit et avait peut-être un peu eu chaud.

Pas de quoi se faire de frayeurs non plus mais je me souvenais de quelque chose de plus consistant sur le Cayman S et là, le 718 Boxster m’a fait douter à une ou deux reprises. L’endurance reste de mise, même sur le fameux enchaînement dont je parle ci-dessus. En fait, on a tout simplement envie de tourner, tourner, tourner, tourner et enchaîner !

Reste pour finir la question de la douloureuse, puisque comme je le disais, cette version d’essai est facturée 77 k€ alors que le 718 Boxster démarre à 57 k€. La version d’origine est-elle aussi bonne ? Sûrement sur beaucoup d’aspects et notamment du côté de la direction et de la suspension car la marque sait mettre au point ses châssis. En revanche, quelques cases d’option méritent sûrement d’être cochées pour un total avoisinant sûrement les 8-10 k€. Tout de même.

Pour ce prix, vous pourrez vivre ce que j’ai vécu avec le 718 Boxster. C’est simple : il m’a collé un énorme sourire sur le visage, toute la journée ! Je pensais souffrir côté moteur et il n’en fut finalement rien (sauf la conso à 14.3… mais bon j’ai arsouillé un brin)… Pour tout le reste, Porsche est à un niveau de maîtrise indubitable et cette petite auto est une usine à donner du plaisir dès que la route serpente un peu. Finalement, ma seule frustration aura été de ne pas pouvoir passer un peu plus de temps en sa compagnie !

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