Essai – BMW M235i Coupé xDrive

Quelques semaines après mon essai de la version cabriolet, j’ai eu la chance de reprendre le volant d’une des voitures les plus désirables du moment à mes yeux : la BMW M235i Coupé ! Seul « bémol » : il s’agissait d’une version xDrive. Bémol ? C’était à voir et c’était d’ailleurs tout l’intérêt de cet essai car après avoir essayé la version Cab’ en deux roues motrices, je ne doute pas une seule seconde du potentiel de fun de la version Coupé avec toujours ces seules deux roues et un allègement significatif du fait de l’abandon du mécanisme de toit. La version xDrive constitue en vérité un entre deux en terme de poids mais également une alternative intéressante en terme de polyvalence grâce à l’adjonction du fameux système de la marque. La question, toutefois, restait celle du « fun » car s’il est bien une voiture pouvant se prévaloir de ce qualificatif en ce moment dans la gamme BMW, c’est bien la M235i.

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Extérieurement, j’ai évidemment retrouvé mes petits avec la ligne du petit coupé, à la fois très moderne et « classique ». Le commentaire de ma passagère habituelle n’est d’ailleurs pas à prendre à la légère, elle qui se contrefout généralement de la chose automobile et qui a apprécié le côté ramassé, musclé et en même temps fluide et dessiné de cette BMW au gabarit d’ancienne Série 3 Coupé mais au look moderne de bébé M4. Je n’ai rien à dire de plus si ce n’est que même en blanc, cette Série 2 Coupé à la sauce M allégée est très désirable. Ouïes ouvertes, roues de toute beauté, léger becquet sur la malle arrière et double sortie d’échappement : au même titre que sur la M550d, on navigue entre ostentation et discrétion, entre muscle et drapé.

A l’intérieur, même combat ! Je suis en terrain connu et il faut d’ailleurs signaler qu’au contraire des versions Cabriolet essayées en Corse, cette version Coupé était « moins » équipée, de quoi se rendre compte de ce que « tout le monde » va acheter, rares étant les client(e)s choisissant un niveau d’équipement 100% coûtant le prix du véhicule seul ou presque. L’essentiel est là avec caméra de recul, système infotainment avec molette tactile / cliquable, feux et essuie-glace automatiques. L’essentiel côté conduite aussi avec des sièges de moins bonne facture que sur le cabriolet mais suffisamment enveloppants et réglables pour bien tenir en latéral. Le délicieux volant M est également de la partie avec sa jante fine, sa préhension idéale et le petit symbole qui va bien dans sa partie basse. Derrière le volant ? Les palettes de la boîte ZF à 8 rapports, le désormais « classique » chez BMW en terme de boîte auto mais il ne s’agit pas ici d’une boîte aussi brutale que sur M550d ou à fortiori que les boîtes M-DKG des M3/M4 et sûrement de la future M2 (oh, toi, je vais tellement t’aimer). Bref : tout cela est très propre et qualitatif, même si certains plastiques détonnent un peu sur une voiture facturée un bon 50k€ (plastique de la planche de bord, flancs de portes, commandes de rétroviseurs, etc). Dommage, mais l’essentiel est ailleurs dira-t-on.

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L’essentiel, c’est plutôt le fun et le caractère de ce fichu moteur ! Le bloc six cylindres 3.0L bi-turbo développant 326 chevaux et 450 Nm est un régal de sonorité et de caractère. C’est d’ailleurs avec ce genre de moteurs que l’on voit vraiment la différence entre un quatre pattes certes très bien turbocompressé et un six cylindres : le son, le coffre, la montée en régime qui rejoint un brin l’aigu malgré le sifflement du turbo et la limitation logique du régime maximal. La boîte 8 fait son office sans sourciller et le sourire est franc alors que s’égrènent les rapports et que les litres d’essence disparaissent (600 km et 12.3 l/100, convenable néanmoins). Ce moteur est une raison d’achat à lui seul, tout simplement. C’était valable sur le Cab’, c’est vrai ici et ça sera toujours vrai. Sa sonorité en utilisation courante est agréable, plutôt rauque et onctueuse, barrée de quelques pschiii lors d’un appui pédale plus franc. En mode Sport+, les clapets s’ouvrent plus largement et le son qui s’échappe à l’arrière de la voiture est plus franc et assumé, tout en restant sobre, ligne série oblige.

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Cela révèle d’ailleurs assez bien le caractère de cette version xDrive : polyvalence. Car oui, le M235i est confortable grâce à une suspension pilotée bien gérée et une monte pneumatique raisonnable, loin des Sport Cup 2 de la Corse. Les flancs ont beau être typés « taille basse », ce ne sont pas pour autant des monstres de raideur et le diamètre relativement faible des roues  à cinq bâtons contribue ainsi à un bon amortissement général en utilisation quotidienne, en mode Confort ou même, soyons fous, Eco Pro. Ainsi, au delà du bloc moteur délicieux, l’utilisation au quotidien de cette auto semble tout à fait possible sans avoir peur pour ses cervicales. Loin d’être radicale, M235i n’est pas une M2, si vous en doutiez. Vous pourrez ainsi envisager de longs trajets à son bord dans un environnement plutôt silencieux mais surtout bien confortable. Un plus, à l’ère des pneus ultra taille basse et des suspensions à tendance bien trop raide.

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Attention toutefois, une fois en mode Sport ou Sport+, on change quelque peu de monde avec une réactivité direction / pédales nettement plus en phase avec l’idée que l’on se fait d’une voiture sportive. Le train avant répond à l’envi et la voiture se place de manière saine et équilibrée. Propulsion ? Le système xDrive sur mon terrain bien sec a eu tendance à lisser les déplacements et placements du véhicule, rendant la M235i que j’avais trouvée joueuse en propulsion très saine et neutre. Le fun et la rage du moteur restent, l’endurance des freins est très honnête et la direction + train avant est un régal mais pour le train arrière, on reste un peu sur sa faim, voire complètement sur sa faim de dérives, même légères.

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Vous l’aurez compris : je me suis bien amusé au volant de cette BMW M235i Coupé xDrive mais… mais il y a un mais ! Moteur : parfait. Boîte : parfaite. Confort : compromis idéal entre utilisation quotidienne et nécessaire fermeté sportive. Direction : parfaite. Freins : bien. Mais… mais où est le train arrière bien mobile que j’avais trouvé sur le Cabriolet et aperçu au CERAM sur le Coupé ? L’efficacité permanente du système xDrive, bien que respectant l’architecture initiale de la Série 2 (à savoir, que c’est une prop’), coupe une partie de la partie « fun » du M235i pour la transformer en pure efficacité. C’est rassurant d’un côté, très rassurant même si l’on considère des conditions de route particulièrement mauvaises ; mais pour ce qui est de routes sèches sur lesquelles on aimerait danser un peu, c’est un peu plus frustrant.

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Au final, alors que je rends les clés de cette M235i xDrive, je me dis que définitivement, il faudra que je refasse un tour sur la version Coupé à deux roues motrices. Ou que je reprenne la version xDrive par temps de pluie ou de neige ! Moins de fun, plus de sécurité et d’efficacité, cette M235i Coupé xDrive est destinée aux montagnards ou à celles et ceux souhaitant être en sécurité 800% sur routes normales, y compris par temps de pluie et en voulant hausser le rythme. Pour les usagers normaux sachant réguler leurs ardeurs par temps de pluie (et bon, y a un ESP, en 2015, hein) et souhaitant conserver tout le potentiel de fun de ce délicieux petit coupé propulsion par temps normal, vous savez désormais ce que j’en pense ! En tout cas, je reste persuadé d’une chose au sortir de cet essai et je réitère donc ma déclaration d’amour initiale : ce six cylindres est un régal et la Série 2 Coupé en M235i est peut-être la voiture qui me fait le plus rêver en ce moment. Gabarit, lignes, plaisir de conduite, prop’, préparation M réussie… seule la M2 pourra la détrôner dans mon cœur pour ce segment !

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