Essai – BMW M550d xDrive

Lors de ma visite au xDrive Tour l’an passé, j’avais eu l’occasion de prendre très rapidement en main la BMW M550d xDrive et je m’étais alors dit que ce moteur était de nature à me plaire et à mériter un essai un rien plus long. Il aura fallu attendre longtemps mais ce fut chose faite au début du mois de mai, avec une version berline et sur une belle distance : 1500 km ! De quoi confirmer toutes les bonnes impressions concernant cette voiture et creuser aussi un peu du côté de la performance, malgré une météo pas vraiment favorable (euphémisme puissance 12k).

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Si cette Série 5 particulière ne s’appelle pas 550d et justement M550d, ce n’est pas que pour le look. C’est bien parce que le département M s’est penché sur son berceau et a décidé de lui donner de réels atours et atouts sportifs. L’extérieur annonce en effet la couleur avec un bossage du capot prononcé et une face avant élargie, dotée d’ouïes caractéristiques et musculeuses. Les ailes sont légèrement élargies à l’avant comme à l’arrière et abritent de splendides roues de 20 pouces. On retrouve les symboles ///M à l’arrière des arches et sur la malle arrière, en surplomb de la grosse double sortie d’échappement. Ostentatoire ? Pas vraiment. Sans équivoque néanmoins ? C’est exactement ça. La BMW M550d xDrive étire ses muscles sans trop en faire, se couvrant d’un drap de respectabilité propre à ces grandes berlines voyageuses et ne basculant pas du côté du look ravageur d’une vraie « M ». Ainsi, si l’on excepte la bouche lippue et les grandes roues, cette série 5 cache bien sa vraie nature.

Du côté de l’intérieur, le côté ///M est moins perceptible, si l’on excepte quelques indicateurs comme les compteurs spécifiques, la présence du toujours réussi volant M ou bien les sièges. Le reste correspond à l’idée que l’on se fait d’une BMW Série 5 très bien équipée (la voiture coûte 88000€ en base, pas loin de 100k€ pour cette version d’essai !), avec un effet de vieillissement logique fort bien gommé par les récentes mises à jour. Les portières, à fermeture automatique, ferment le bocal de l’habitacle dans un léger sifflement d’actionneurs électriques. On prend vite l’habitude de les poser doucement à la fermeture, ne les claquant plus comme le quidam. Une idée du luxe ? Ou de la fainéantise ? Allez, un peu des deux.

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Le regard balaie donc le volant M. Jante fine, circulaire, diamètre parfait. Quelques boutons bien pratiques l’agrémentent : gestion du régulateur de vitesse, gestion de la partie volume et un bouton Mode quelque peu dépassé. Le volant est donc parfait pour ce qui est de plastique, moins pour ce qui est des fonctionnalités qui trahissent son âge. Mais il est beau, alors on lui pardonne tout. Derrière lui, on remarque les traditionnels comodos et bien évidemment les deux palettes de la boîte. On retrouve ici une boîte 8 ZF avec passages au volant et différents modes, à activer depuis le tunnel central, lui aussi mis à jour. En sus du levier de boîte et de sa forme traditionnelle chez BMW, la mollette du système infotainment reprend la dernière mise à jour avec un pavé tactile et cliquable. A son côté, le sélecteur de mode et les commandes des différentes assistances de la voiture : caméra 360, aide au stationnement en côte, etc. Du très classique et de l’agréablement fini avec l’aluminium de cette zone.

Le reste de l’habitacle est à l’envi avec une large finition aluminium propre à ce modèle M et donnant beaucoup de lumière dans l’habitacle en sus du toit en verre fumé. Les boutons de portière sont bien fichus à défaut d’être bien finis, tout comme la commande des feux située à gauche du volant, en compagnie des autres aides à la conduite (jamais compris l’étalement des boutons et fonctions dans 3-4 zones de l’habitacle mais bon). La console centrale a hérité de quelques mises à jour également avec des boutons de bonne facture et un écran plus agréable à regarder bien que sa résolution trahisse son âge.

On n’oublie bien sûr pas l’affichage tête haute, toujours très pratique et bien fichu chez BMW. On n’oublie pas non plus les caractéristiques habituelles du système infotainment de BMW, quand bien même il n’intègre pas ici toutes les dernières mises à jour. Un oubli ou un incompatibilité ? Je ne sais pas mais il manquait par exemple les couplages Spotify et autres fonctions vues dans BMW Série 2. Quoiqu’il en soit, cela reste toujours pratique et plutôt instinctif, une constante chez BMW chez qui je me retrouve toujours très bien en terme de fonctions et de praticité au quotidien.

Dernier point du côté des compteurs qui évoluent en fonction du mode engagé. Il s’agit là-aussi d’un classique chez BMW avec le toujours amusant (oui oui) mode Eco Pro, le mode Sport + encore plus amusant et des ensembles d’indications et couleurs réussis et agréables à utiliser.

Alors agréable à l’intérieur et discrète à l’extérieur cette BMW M550d xDrive ? Oui. La quiétude avec une once de muscle, la discrétion avec des touches de sportivité. Les lignes extérieures ont pris un petit coup de vieux mais le regard à jour et la face avant lui permettent de conserver une allure dans l’air du temps et une signature clairement identifiable et assimilable au reste de la gamme BMW, plus récente. L’intérieur a aussi pris un coup de vieux avec des sièges pas fabuleux et des boutons de portière (notamment la commande des rétroviseurs…) pas fameux. Pour le reste, le système infotainment mis à jour avec son pavé tactile et de nombreuses autres fonctions sont là pour vous rendre le voyage agréable et c’est réussi.

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Je ne vous apprendrai rien en vous disant que je n’ai pas passé ces 1500 km en mode Sport+ (d’où ma conso à 9.1 l/100, très honorable au vu du rythme ! – il ne faut pas trop espérer faire mieux je pense) et que cette BMW M550d xDrive se savoure fort bien sur autoroute ou « belles routes », à rythme raisonnable. Le confort est irréprochable avec un excellent pilotage de suspension en mode Confort. Je m’attendais à me faire maltraiter les lombaires par les pneus à profil taille basse et aux grandes roues, sans oublier le passage chez ///M de la suspension mais il n’en est rien. La Série 5, bien que 50d et M, n’oublie pas qu’elle est avant tout une grande routière et les kilomètres à son bord sont confortables, lissés, onctueux. Bosses ? Quelles bosses ? Pas de choc, un bon filtrage au dos et à la direction, les kilomètres s’enchaînent sans fatigue.

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La partie mécanique ? Le mot que vous cherchez est « agrément ». Le six cylindres 3.0L est une petite prouesse de motoriste et il est d’ailleurs la seule et unique raison d’essayer cette voiture pour moi qui suis plutôt preneur de plus petits gabarits. Tri-turbo. Tout est dit. L’avalanche de couple et de puissance est conséquente : 381 poneys ronronnants à 4400 tr/min et surtout 740 Nm disponibles entre 2000 et 3000 tr/min. Voilà pour l’agrément et surtout pour l’onctueux, autre mot qui caractérise parfaitement ce moteur. Il faut par ailleurs signaler que BMW signe la prouesse de filtrer quasi parfaitement les vibrations du diesel et livre une sonorité agréable, ronde et flatteuse. Je n’aurais jamais cru dire ça d’un six cylindres diesel, surtout quand je pense au V6 du SQ5, artificiel et vibrant désagréablement. En clair : on roule sur un filet de gaz, puisant dans l’inépuisable couple du moteur qui sait, même en sous-régime et en septième, déposer le reste de la flotte automobile environnante. Si d’aventure, un peu plus d’énergie était nécessaire, ce ne serait pas un problème en glissant simplement la boîte sur le rapport inférieur ? Plus ? Inutile. Alors oui, doux ronron du moteur (vraiment flatteur, vous dis-je), confort au rendez-vous et agrément phénoménal grâce à ce couple moteur / boîte : c’est parfait pour dérouler les grands voyages.

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On n’est tout de même pas là pour enfiler des perles et la tentation est grande de vérifier si ce M dans le patronyme est mérité et si le xDrive fait bien son travail sur les petites routes détrempées de la Charente-Maritime. Dont acte. Sur ces routes bosselées et parfois sales, la transmission intégrale BMW fait des merveilles sans jamais trahir la nature première de la Série 5 : c’est une propulsion ! Autrement dit, attendez-vous à voir l’arrière tenter de passer devant si vous ouvrez un peu trop grand en mode Sport+. Il va sans dire qu’en mode Sport, il y a déjà moins de risques que cela arrive mais le tempérament de la voiture reste le même : ça pousse fort derrière et le couple comme la puissance passent bien au sol, aidés en cela par une boîte 8 très efficace et sachant moduler pour être toujours dans la bonne plage. Je ne me suis jamais fait peur au volant de ce grand bateau qui trahit toutefois son poids sur les gros freinages.

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Il faut dire que l’agilité n’est pas sa moindre qualité. La BMW M550d xDrive passe d’un bord à l’autre et d’une courbe à l’autre sans coup férir. Une fois le mode Sport+ activé et la boîte en manuel, le passage des rapports passe de l’onctuosité à la brutalité, à la limite de ce que j’avais pu ressentir avec M3 et M4. Cela claque à la montée et la nuque repart en arrière pour retrouver l’appuie-tête. Le moteur se laisse aller à un peu plus de grondements, toujours flatteurs. La bande son est définitivement bien travaillée avec quelque chose du grognement d’un V8 dans l’échappement du bestiau, rendant l’idée de rouler en diesel au quotidien nettement plus acceptable. Bon, les 381 chevaux aident aussi et permettent d’atteindre des vitesses stupides au volant d’une voiture de deux tonnes. Les freins sont corrects mais pas époustouflants pour autant, suffisants dira-t-on pour une utilisation dynamique mais pas au delà. Trop de masse à ralentir pour vraiment rouler fort dans du sinueux. Et pourtant, la BMW M550d semble le demander tant, une fois de plus, le touche de route est au rendez-vous et la vivacité du train avant également sur les inscriptions en courbes.

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Le moteur souffle, encore et encore. Le premier turbo bosse seul jusque 1500, le second arrive ensuite – un brin plus gros et enfin le troisième rajoute sa couche vers 3000. Autrement dit : roulez sur le couple, à 1200/1300 tr/min. Et puis, quand l’envie vous en prend, appuyez franchement et préparer vous à tenir le volant avant. Jusque 5000 tr/min environ, vous aurez l’impression de vous faire tracter / pousser très fort, toujours avec ce ronflement sympathique et un très léger sifflement, à peine audible ! Ce moteur est assurément une réussite mêlant force, onctuosité et même du muscle enrobé d’un grondement rauque partiellement artificiel certes mais diablement réussi.

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Boîte parfaite, liaison au sol réussie, freinage un peu limité parfois, confort irréprochable y compris en mode Sport+ où l’équilibre entre précision et raideur est bien trouvé, violence quand il le faut et onctuosité le reste du temps… cette BMW M550d xDrive s’accompagne également d’une mise à jour intérieure bienvenue, en attendant le remplacement en 2016/2017, de quoi parfaitement enrober un moteur qui a justifié tout du long de cet essai le qualificatif de petite merveille de motoriste.

BMW sait faire des moteurs, on le savait. C’est toujours bon de se le rappeler de temps en temps et de prendre une dose de sensations et impressions, y compris du mauvais côté de la pompe et c’est exactement ce que j’ai fait avec cet essai d’une voiture quasiment inutile sur nos routes mais dotée d’un agrément incroyable et pouvant faire rosir de jalousie pas mal de berlines dotées de moteurs propulsés par le bon carburant. Chapeau.

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