Essai – Alfa Romeo Stelvio Q4 280 Lusso

Après avoir essayé la plutôt brillante Giulia, je ne pouvais pas vraiment faire l’impasse sur le nouveau modèle de la marque au trèfle : l’Alfa Romeo Stelvio. Ce n’est pas tant que je sois accro aux SUV, c’est même plutôt l’inverse si on regarde mon historique d’essais des deux dernières années mais la Giulia était si plaisante à conduire, tant en version diesel qu’en Quadrifoglio, que ce haut sur pattes m’intriguait. Était-ce un SUV à conduire et pas seulement une machine à transporter la famille ?

Le style extérieur est plutôt racé pour un SUV, dynamique, avec des lignes qui redescendent bien sur la poupe et une proue plutôt agressive et « fine ». Je pense qu’il faut remercier le regard Alfa et la calandre centrale pour cela : le Stelvio ne ressemble pas à une armoire normande et présente des volumes enrobés et arrondis tranchés par quelques lignes. C’est donc plutôt racé, élégant même avec la teinte optionnelle Blue Montecarlo dont bénéficiait mon modèle d’essai.

Les similitudes avec la Giulia sont nombreuses et c’est à dire vrai un compliment. Lignes tendues, beau capot, regard, calandre, bas de caisse et jolies roues : on retrouve le style de la belle berline dans le SUV, avec bien sûr la silhouette surélevée et un arrière dodu de transporteur. D’ailleurs, c’est amusant comme ce Stelvio est presque plus équilibré que la Giulia du côté de l’arrière.

Bref : le Stelvio reste un SUV mais il est plutôt du côté des « beaux », de ceux qui ont un peu d’élégance et ne (sur)jouent pas d’effets de style pour se rendre sportifs, agressifs ou que sais-je. Remballez également les calandres béantes ceinturées de chrome, le Stelvio ne donne pas dans la vulgarité avec cette finition Lusso qui rajoute quelques joncs ici ou là mais sans trop en faire.

A l’intérieur, on retrouve toutes les qualités et tous les défauts de la Giulia. Le Stelvio ne fait pas déjà évoluer la base sortie il y a peu et se retrouve donc avec un habitacle chaleureux, globalement très bien fini, bien servi ici par une finition cuir noire et de jolis inserts en bois. Ces derniers, côté porte, à la jointure infodivertissement / console et au centre de l’habitacle, donnent une touche chaleureuse supplémentaire à un ensemble que l’on perçoit une fois encore tout sauf allemand, ou suédois. Ce dernier a déjà tendance à me plaire avec ses singularités, Alfa Romeo offre avec le Stelvio encore autre chose.

La partie poste de conduite est irréprochable, si l’on excepte quelques plastiques pas très glorieux. Le volant est toujours superbe, avec le logo grisé Alfa Romeo et les belles palettes en aluminium (une option à 250€). Les sièges semi-baquets sont très confortables et enveloppent idéalement. Le pédalier alu (une autre option à 250€) rend bien sur la moquette et complète l’ensemble. La position de conduite, forcément un brin surélevée, ne donne pas non plus dans la camionnette. C’est un bon compromis.

Du côté compteurs, infodivertissement et console centrale, on retrouve là encore les petits déjà-vu de la Giulia. Le Stelvio récupère donc la boîte AT8 dont le levier dépasse grandement et un peu bizarrement de sa zone en plastique gris. Il récupère également la molette DNA qui pilote les différents modes de fonctionnement de l’auto et la molette de commande centrale de l’écran.

Celui-ci, toujours pas tactile et toujours aussi « simple » mais bien pensé en terme d’ergonomie, est intégré dans la console centrale. Pas de changement là-encore, même chose aussi pour le tachymètre, le compte-tours et les informations centrales. Le Stelvio est bien pensé et équipé, doté de détection de franchissement de ligne, d’un régulateur adaptatif, de caméras et ainsi de suite mais pour les quasi 60k€ demandés, on peut trouver plus technologique et plus connecté ailleurs, c’est un fait.

A l’arrière, les passagers sont plutôt bien traités, avec pas mal d’espace, un siège central plutôt banquette mais large et la possibilité de rabattre en 1/3-2/3 via des commandes bien placées dans le coffre ou dans l’habitacle. Le coffre justement, à fond plat, m’a semblé plutôt spacieux par rapport à ce que j’avais à transporter pour mon weekend familial. Bref : on est plutôt bien dans le Stelvio, y compris à 4 ou 5.

Passons maintenant à la conduite puisque tous ces éléments ne sont pas vraiment des surprises, simplement des confirmations des bonnes pré-dispositions de la plateforme Giorgio découverte sur l’Alfa Romeo Giulia. J’ai profité de l’essai du Stelvio pour me frotter à une motorisation nouvelle pour moi, le quatre cylindres 2.0T et 280 ch ! Il est ici couplé, comme sur la Giulia Veloce, à une transmission Q4 et à la boîte AT8.

Le démarrage génère un gentil « brap » de bon augure, plutôt discret mais audible. Le fait que ce moteur, qui tracte ou propulse sans peine la masse du Stelvio (1660 à vide), est bien coupleux, développent 400 Nm dès 2250 tr/min. La puissance maxi étant atteinte à 5250 tr/min, on se retrouve en général à fonctionner sur une plage 2000/4000 idéale, dans un ronronnement doux et avec des mises en vitesses plus que raisonnables.

Le 0-100 est donné pour 5″7 et ça ne semble pas déconnant tant les quatre roues semblent s’y mettre pour catapulter le Stelvio. Ce qui ne gâche rien, c’est qu’au bout de mes 680 km d’essai, j’ai consommé 10.5 L/100 de moyenne. Sur une auto de cette taille, en ayant eu le pied plutôt lourd par moments et avec un tel moteur, c’est plutôt pas mal.

Ce moteur est donc capable d’une belle poussée, plutôt linéaire toutefois si on veut bien être honnête. Je serais bien curieux de voir ce qu’il en est dans une Giulia et avec un échappement modifié pour un peu plus de sonorité… Reste que sur un Stelvio en finition « Lusso », c’est plutôt agréable d’avoir juste ce qu’il faut de sonorité ronronnante, couplé à une boîte AT8 qui se débrouille très bien en automatique et se manie avec régal en manuel grâce à ces belles palettes. Cela change des touches en plastique que l’on peut trouver chez d’autres.

Bon. La mise en vitesses, c’est bien. Mais encore faut-il savoir tourner sans sous-virer comme une vache ou brûler ses freins en quelques virages ! C’est de ce côté-ci que j’attendais le Stelvio, afin de voir s’il était digne de son patronyme. Le Stelvio a la bonne idée de reprendre à la Giulia son excellente direction et son ressenti, malgré l’adjonction des deux roues motrices supplémentaires. La démultiplication est très directe, avec des inscriptions franches dans les courbes.

Le nez pointe volontiers à la corde tandis que l’arrière enroule, avec même une pointe de survirage si on le provoque salement. Les freins, signés Brembo, tiennent le choc et le rythme passe de dynamique à soutenu sans trop sourciller. On est toujours assis bien trop haut pour un tel exercice mais il faut aussi constater que le Stelvio est bien suspendu.

La prise de roulis est plutôt limitée mais ne sait pas en contrepartie d’une trop grande raideur en roulage tranquille. La suspension est ferme mais bien tarée, avec un amortissement très satisfaisant sur autoroute et petites routes à rythme normal. La caisse se tient bien dans les courbes et seuls les changements brutaux de cap peuvent un peu la déstabiliser, centre de gravité haut oblige.

Bref : dynamiquement, je dois bien avouer que le Stelvio a de sacrés arguments ! Sa direction, son freinage endurant à défaut d’être très agréable en terme de pedal feel et sa tenue de caisse donnent envie d’enrouler les courbes comme un mauvais père ou une mauvaise mère de famille… et tant pis si ça couine derrière ! Alfa Romeo rime donc bien avec conduite, même pour un SUV.

Ce sera le mot de la fin pour ce qui me concerne : je ne regrette absolument pas d’avoir intégré le Stelvio à mon programme d’essai. Si les SUV allemands (Mercedes / Audi / BMW) ne génèrent chez moi globalement aucune envie de les conduire (j’ai fait, j’ai vu, ce sont d’excellents transporteurs), je dois bien avouer que les suédois me séduisent et m’attirent toujours.

Je dois désormais rajouter à la liste les italiens de Alfa Romeo qui livrent avec cette version 2.0T 280 AT8 Q4 un SUV familial, semi-premium, dynamique, aux finitions certes perfectibles mais doté de certaines caractéristiques d’ordinaire réservées aux berlines dynamiques, à savoir une direction et un train avant incisifs et une belle tenue de caisse ! Un SUV à conduire, indubitablement. (me donnerait presque envie d’essayer un Macan et la version Quadrifoglio, c’est dire !)

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