Sept vies – Slumdog Millionnaire

Pour les chroniques cinématographiques, je crois que le retard est devenu la norme sur ce blog … même quand il s'agit d'avant premières comme pour Sept vies, vu une semaine avant sa sortie. M'enfin (comme dirait l'autre).
 
 Sept vies donc, ou comment Will Smith s'essaie à nouveau au genre dramatique après avoir écumé la comédie, le film d'action ou encore la chanson, avec plus ou moins de talent ou de réussite mais toujours autant d'enthousiasme. Et il ne manque une fois de plus pas d'enthousiasme pour interpréter ce nouveau rôle, celui d'un homme bien décidé à changer le cours de sept vies … ou plutôt, pour reprendre le titre original : seven pounds, qui me semble bien plus parlant : sept poids, sept mesures. Sept morts, sept vies à changer. 
C'est une histoire d'une terrible banalité finalement, celle d'un accident bête qui détruit un grand nombre de vies et dont l'auteur ne se remettra jamais, tentant alors de se racheter. Si l'on s'arrêtait à ça, le film n'aurait pas grand intérêt … mais il gagne en intensité grâce à son montage et à la progression logique de Will Smith dans sa recherche de candidats potentiels et avec la révélation progressive de son dessein et aussi de son passé.
Le film a beau être ancien maintenant, je ne veux pas vous gâcher le plaisir en vous racontant comment Will Smith change ces vies mais c'est "beau", point final ! Will Smith y est touchant en homme meurtri, névrosé et profondément humain, Rosario Dawson y est splendide de délicatesse et de fragilité, le film s'enroûlant autour de ce duo, montant en puissance pour finir de la manière devinée dès la moitié du film. Et c'est là le seul point noir à mes yeux : on devine un peu trop facilement les intentions de ce Ben Thomas, même si certains détails ne nous sont révélés qu'à la toute fin, éclaircissant les derniers points d'ombres du plan.
Un très beau film donc, Will Smith gagnerait à s'essayer plus souvent à ce type de scénarios, le cinéma aussi.

 Slumdog Millionnaire … Je crois que tout le monde a déjà tout dit sur ce film, avec moultes adjectifs dithyrambiques et je ne vais pas déroger à la règle qui consiste à dire que ce film est sublîme, splendide et affreusement bien tourné et monté.
Tout de même … tout ça pour une histoire d'amour ! un emballage graphique, dramatique, pour une histoire d'amour ! Car si l'histoire en soi est extraordinaire (le parcours de ce jeune homme issu des bidonvilles de Mumbai), tout tourne autour de sa relation avec la splendide Latika.
J'aimerais pouvoir revoir ce film chez moi, sans interférences de la part d'une salle qui n'a pas compris qu'il n'y avait pas de quoi rire devant ce portrait d'une Inde à deux vitesses (à la manière d'un Wall-E : pas de quoi rire …) et que ce film est aussi porteur d'une vérité intolérable : malgré l'amour et sa beauté, le quotidien d'une majorité des indiens est immonde, violent et sans avenir possible.
Un film rare, une photographie splendide, des émotions en permanence et quelques madeleines comme le passage du train qui m'a rappelé le Darjeeling Limited, film marquant à mes yeux s'il en est : à voir, à revoir, à savourer comme on déguste un grand cru, et peu importent la polémique et les Oscars car seules restent les émotions ressenties à la vue de ce classique en devenir.