Le Comte de Bouderbala – Chronique de J.B.

A un moment, je me suis demandé si ça allait s’arrêter. C’est pas que je m’ennuyais ou que j’étais mal assise, même si la Cigale n’est pas aussi confortable que mon canapé, mais j’avais mal aux zygomatiques.

C’est que j’ai eu la chance d’être invitée par Viinz pour aller voir le comte de Bouderbala ce lundi. Malheureusement, le petit Viinz n’était pas en pleine forme, c’est donc seule que je suis allée retirer ma place et m’assoir au carré VIB (very important blogueur).

C’est là que j’ai vécu ma première expérience de virtualité augmentée. Des dizaines de blogueurs tweetant et commentant leurs statuts sans même se connaître IRL depuis leurs Iphone 4. Je m’explique : une jeune fille à ma gauche dit recevoir un commentaire d’une personne qui est, elle aussi, dans la salle. Elle ne sait pas qui il est, où il est et à quoi il ressemble. Il répond à ses questions via Iphone et applications interposées et elle s’aperçoit que c’est la personne qui est… à ma droite. L’angoisse.

Il est 20h, il faut que le spectacle commence. C’est pas que je m’ennuie mais la Cigale n’est pas aussi confortable et spacieuse que mon canapé (je l’ai déjà dit, je sais). Et là, surprise, une première partie. Une chanteuse : Juliette Katz. 4 chansons et puis s’en va. Bien que la voix soit rauque et sucrée, il est préférable de l’écouter dans son bain plutôt que sur scène.

La première partie finie, Sami aka Le comte de Bouderbala n’allait pas tarder. La question que je me pose est pourquoi se fait -il appeler comte alors que sur les affiches de son spectacle il est « déguisé » en bouffon ?

Du coup, j’ai envie de dire fais moi rire Sami. A peine sur scène et voilà que j’entre en transe, que j’éclate de rire, que je gigote d’avant en arriére. Pire encore, c’est une cacophonie dans ce carré VIB à en perdre, parfois, la chute.

Le debout (ou spectacle de stand-up en anglais) est une performance, ce n’est pas une série de sketch mais un point de vue humoristique. Celui de Sami commence par une distinction entre les États-Unis et la France en terme de sport, de séries mais aussi de remise de diplôme. Alors que les jeunes américains ont le droit à une pimpante cérémonie avec parents, recruteur et lancer de chapeau nous avons le plaisir, que dis-je, la chance, de recevoir un courrier affranchi par nos soins à la rentrée nous demandant de venir retirer notre diplôme au secrétariat pour ensuite nous rendre à reculons à l’ANPE. Tellement vrai.

Un détour par l’intégration et le « racisme » humoristique du stand-up. Par là, je veux dire que bien souvent les humoristes prennent la place qu’ils ont pour parler des différences qu’il peut y avoir entre les cultures en France. Pas dans un but raciste mais parce que ça fait (toujours) rire, parce que malgré tout ils retranscrivent le quotidien, une vérité qui nous touche sans aucune méchanceté.

Puis petit cours de français donnés par des rappeurs – aux rappeurs (ne pas rayer la mention inutile) pour en arriver à imaginer un mariage de rappeur. Tordant. Sportif professionnel, professeur, humoriste entre Alger, Paris et New-York … le comte a de quoi nous conter le monde, son monde sous un regard malicieux, des mots mordants et le sourire aux lèvres.

Pas besoin d’aller à NYC, la France t’a adopté le comte (oui, le comte parce que après tout il faut un certain niveau pour faire rire toute une salle pendant 1h30).

Merci Sami et merci Viinz.

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