Crète – randonnée dans les gorges de Samaria

On ne dira pas qu’il est impossible de ne pas voir les gorges de Samaria lors que l’on vient dans cette région du sud de la Crète. On dira simplement que comme tous les endroits majeurs d’une destination, il serait dommage de passer à côté car sa renommée n’est pas usurpée.

Il convient en revanche de bien choisir sa période de visite car ce genre d’endroits vient avec une foule notable, allant du coureur de trail aguerri au touriste en claquettes et en mauvaise condition physique, avec quelque part entre les deux votre serviteur adorateur de randonnée (il s’agit là de la n°11 du Rother).

Les gorges de Samaria, tout aussi « Disney » soient-elles de part leur renommée, valent le détour et se méritent. Il faut partir très tôt de Sougia (le bus est à 7h du matin) pour rejoindre le plateau d’Omalos, superbe, au bout d’une interminable montée. Le bus vous débarque ensuite, quelque peu rendormi par le trajet à l’entrée haute des gorges.

Il est alors déjà plus que temps de vous prendre une bonne claque visuelle.

Le Gingilos, ce monstre de plus de 1000 mètres de parois, semble garder l’entrée de la gorge, sa face nord prenant les rayons du soleil tout juste levant. Il peut être le terrain d’une belle randonnée jusqu’à son sommet (la n°12 du Rother), via la selle que vous pouvez voir sur la photo ci-dessus à gauche. Ce n’est pas l’objectif du jour mais je me le note clairement pour une prochaine fois dans la région.

Passé le premier émerveillement, il faut bien entamer la descente de 15 kilomètres jusqu’à la plage, avec quelque chose comme 5h40 d’annoncées, même si on verra que ça dure bien moins longtemps (4h environ) quand on a le pied sûr et le bon rythme à la descente. Les premiers kilomètres descendent à travers bois au fil de lacets bien serrés, les frondaisons s’ouvrant ici ou là pour nous émerveiller.

Peu avant le village abandonné de Samaria, j’ai eu la chance d’apercevoir des Kri-Kri ! Cette chèvre sauvage, endémique à la Crète, a failli disparaître jusqu’à ce qu’un plan de conservation soit lancé autour du parc national des gorges de Samaria. Plutôt discrètes et furtives, elles étaient là à s’abreuver et surtout, avec deux cabris guère âgés de plus de quelques semaines ! La photo est floue… mais le moment était magique, c’est l’essentiel.

Après une courte pause dédiée à la crème solaire, la randonnée continue avec une descente nettement plus douce et un resserrement très franc des gorges autour de nous. Les parois s’étirent en hauteur, offrant une ombre bienvenue alors que la température commence à grimper.

On rentre alors dans le cœur des gorges de Samaria, mais leur point le connu est encore loin. Il est toutefois déjà temps de s’émerveiller face à ces hautes parois sculptées par les éléments !

Passées ces portes monumentales aux falaises hautes de plusieurs centaines de mètres, la gorge s’élargit de nouveau, s’offrant au soleil. Il est interdit de se tremper les mains ou les pieds (et le corps a fortiori) dans le ruisseau qui coule dans les gorges de Samaria car il est source d’eau potable pour le village en sortie de gorge. De la même façon, il est interdit de sortir du sentier principal car nous sommes en plein parc national, sensible et protégé. A respecter. Sans questionner.

On atteint enfin une nouvelle porte, large de quelques mètres seulement, partiellement inondée et pavée de quelques roches afin de faciliter le passage et éviter justement de faire trempette. La randonnée dans les gorges de Samaria à proprement parler est terminée et il reste maintenant à atteindre tranquillement la guérite qui les clôt et régule le flux montant. Car oui, il est aussi possible d’attaquer les gorges de Samaria par le sud, à la montée, soit jusqu’à Samaria, soit intégralement.

On traverse ensuite les ruines de la vieille Agia Roumeli, le village désormais situé au bord de la mer et qui fut ravagé par une crue dévastatrice au milieu du siècle dernier.

Agia Roumeli. Il est à peine 13h et le ferry n’est qu’à 17h30… Il n’y a pas grand chose à faire dans ce village du bout du monde, on ne va pas se mentir. Autrement dit, il ne reste plus qu’à jouer le jeu du farniente absolu en trouvant un bon restaurant pour grignoter quelques merveilles de la délicieuse cuisine crétoise, avant d’aller récupérer un transat’ et un parasol sur la plage attenante au prix de quelques verres et en compagnie d’un bon bouquin ou d’une petite sieste. A la cool.

Le ferry approche, il est l’heure de rentrer vers Sougia, récupérer la voiture, boire un dernier verre et repenser à cette journée. Les gorges de Samaria sont très peuplées, à n’en pas douter et peuvent être source de frustration pour celui qui aime randonner dans le calme de la nature. Certaines des personnes présentes n’ont pas cette culture de la randonnée, du laisser passer, des priorités à la montée, du silence aussi…

C’est la rançon du succès de ce lieu incroyable et qui vaut qu’on le parcoure. Certains comportements sont inévitables malheureusement, d’autres en revanche se doivent d’être repris ou sanctionnés tant l’impolitesse et la rudesse du tourisme de masse (dont je fais partie, même si j’ai un brin d’éducation) peuvent être dommageables pour l’incroyable nature qui nous entoure.

Le retour en ferry est en tout cas calme, tout le monde semble abruti par l’effort ou le soleil, l’ensemble étant bercé par une lumière de fin de journée qui souligne cette côte sud déchiquetée, sauvage, splendide.

La carte de cette journée de randonnée aux Gorges de Samaria :

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