Canaries – Fuerteventura – Jour 2 – merveilles du parc de Betancuria

Pour cette seconde journée à Fuerteventura, j’ai décidé de jouer la sécurité en prenant la direction du coin qui me semblait être le plus beau dans les descriptions de l’île : le parc naturel de Betancuria. Depuis Triquivijate, je traverse le bourg assez animé de Antigua et prend la route des montagnes que l’on aperçoit au loin.

Je m’arrête à l’intersection entre la FV-30 et la FV-416, juste avant de prendre de la hauteur. Fuerteventura me montre ses terres désolées et pourtant parsemées de cultures intelligemment construites, tirant profit de toutes les ressources possibles et minimisant la dépense en eau. Je dépasse ensuite la petite plateforme abritant de drôles de statues, réalisées par Manrique. Direction Betancuria.

Une fois la voiture garée sur le parking du centre ville, il est temps d’attaquer la première randonnée du jour pour profiter du ciel plutôt dégagé et du beau cirque de Betancuria. Le chemin monte en face du village en direction d’une belle crête. Les vues sur le parc naturel sont splendides, alors que l’horizon reste bouché par les montagnes.

L’étape suivante, c’est justement un bout de randonnée en crête en direction d’une autre œuvre de Cesar Manrique : le mirador de Morro Velosa. Le vent souffle à décorner les cocus, il est presque difficile de tenir debout par moments, Fuerteventura porte admirablement son nom mais on ne lui en veut pas car le ciel reste suffisamment dégagé !

Le mirador est un drôle d’endroit, comme toujours parfaitement intégré à l’environnement, une constante chez Manrique. La blancheur de certains murs du côté de la vallée tranche avec la zone extérieure, visible depuis depuis la plaine centrale. Bel endroit, vraiment ; accessible bien sûr directement en voiture mais j’ai vraiment aimé ce chemin grimpant doucement vers lui.

Il est temps de redescendre en profitant de vues bien dégagées sur Betancuria, au gré d’un barranco joliment creusé dans la montagne. La descente est à dire vrai une invitation à découvrir les quelques bâtiments historiques de cette ancienne capitale économique et culturelle de l’île, à commencer par les ruines de son couvent et sa remarquable église, faisant de cette boucle n°9 du Rother une belle rando !

Il fait bon vivre à Betancuria, c’est indubitable. La remarquable préservation des maisons historiques, de l’église et de l’environnement de la vallée en font un endroit vraiment unique à Fuerteventura et un lieu de passage pour beaucoup de cars de touristes, qui troublent à peine la quiétude des lieux. Randonner sur place permet néanmoins de leur échapper et de profiter des lieux en toute tranquillité !

Il est malheureusement temps de filer un brin plus au sud pour une nouvelle découverte : Vega de Rio Palmas ! C’est parti pour la randonnée n°13 du Rother, depuis le village jusqu’à un drôle d’ermitage et ensuite sur les crêtes des montagnes environnantes, Gran Montana incluse avec ses 711 mètres d’altitude.

Le programme est alléchant, long de près de quatre heures, démarrant au niveau de l’église et attaquant par une douce descente le long du barranco de Vega de Rio Palmas. La végétation est assez chiche mais les palmiers dominent la zone, joliment construite.

On arrive ensuite à la zone très verdoyante abritant un barrage plus ou moins asséché, la Presa de las Penitas. Cela vaut alors le coup de pousser un peu plus loin, en abordant le sentier 14 du Rother, vers le joli petit ermita de Nostra Señora de la Pena. L’endroit, isolé dans des gorges de belle hauteur, est idyllique et austère à souhait. On aurait bien tort de ne pas y aller, d’ailleurs !

Retour vers le barrage, qu’il faut traverser pour poursuivre le chemin et ensuite suivre une piste très peu dessinée sur l’autre bord de la retenue d’eau jusqu’à rejoindre le chemin principal qui grimpe ensuite au pied de la route du parc vers une crête, la Degollada de los Granadillos. Le ciel se couvre peu à peu mais les paysages sont splendides, avec ou sans la prise de hauteur !

La suite de la randonnée est un brin plus ardue et mal tracée. Passée une petite cabane ayant servi aux bergers, on tourne à gauche, en direction d’une crête encore plus élevée, avec le Pico de la Muda à gauche, le Risco Blanco (la selle) en face et tout à droite, les sommets successifs du Pico Lima et de la Gran Montana ! C’est sec, bien sec, mais tout là-haut, c’est de toute beauté, même si le ciel s’est obscurci au sud et que la vallée de Vega de Rio Palmas alterne entre l’ombre et le soleil.

Arrivé au sommet de la Gran Montana, il est temps de songer à redescendre vers le centre du village de Vega de Rio Palmas, avec Betancuria et le mirador de Morro Velosa au loin, au fond de la vallée. La descente est abrupte, là-encore très peu tracée et peuplée de quelques cairns peinant à se démarquer du reste du relief.

On finit toutefois par trouver son chemin, au gré de quelques erreurs et demi-tours de quelques mètres ou dizaines de mètres seulement. Le chemin s’aplanit, le barranco se creuse en son centre pour dessiner une rivière asséchée, bordée de plantations plus ou moins luxuriantes et dominées par des éoliennes réverbérant le soleil de cette fin de journée. Paisible.

Décidément, quelle balade ! C’est d’ailleurs confirmé alors que je prends la route pour un coin encore plus au sud, dans les derniers kilomètres du parc naturel de Betancuria qui mérite vraiment toute votre attention si vous vous rendez sur l’île de Fuerteventura.

La journée s’achève sur la côte ouest, non pas au nord comme le premier jour mais en plein centre, à Ajuy. Il s’agit là d’un très joli petit port doté de quelques bars fermant bien tôt (n’espérez pas boire un coup en regardant le soleil se coucher en cette mi-décembre !) mais aussi de remarquables cavernes noirâtres accessibles en quelques mètres de balade depuis la plage principale.

Le spectacle est splendide au coucher du soleil, quand la roche volcanique se pare de couleurs un brin plus chaudes, tandis que les rayons plus faibles du soleil peinent à illuminer les zones plus obscures de ces belles anfractuosités que les locaux tentèrent de creuser plus profond pour les relier au village, l’endroit s’avérant être un port naturel de plutôt belle qualité ! Sans succès, bien sûr…

Sur le chemin du retour vers Triquivijate et mon logement sur l’île, il faut bien me rendre à l’évidence : après une journée d’apprivoisement et de déceptions au nord, Fuerteventura m’a conquis avec Betancuria, Vega de Rio Palmas et Ajuy, trois endroits bien différents mais hautement séduisants de son centre, loin de la folie balnéaire, avec un brin de végétation, de belles traces historiques et des paysages mêlant le lunaire et le rude, avec quelques pointes de luxuriance bienvenues. Adjugé, vendu et vivement le lendemain par conséquent !

La carte de cette journée sur Fuerteventura :

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