Canaries – Fuerteventura – Jour 3 – la péninsule de Jandia

Au petit matin, je prends la route du sud pour cette troisième journée sur Fuerteventura. L’objectif est de la quitter, d’aborder son pendant réellement désertique et de découvrir celle qui était auparavant un peu plus séparée qu’elle ne l’est aujourd’hui de l’île : la péninsule de Jandia, avec son isthme sablonneux faisant la jonction entre les deux anciens royaumes antiques.

Le sable abrite désormais tout le tourisme balnéaire qu’il peut, faisant bien fi des contraintes environnementales et architecturales de la voisine Lanzarote pour optimiser au mieux l’espace disponible. Le résultat est une immondice, une atrocité architecturale et humaine. Le tourisme balnéaire dans toute son horreur. Barres de bétons sans âme, boutiques d’un goût (in)certain destinées à drainer tout ce qu’il est possible de drainer des porte-monnaies déjà exsangues des touristes et ainsi de suite. Vous m’avez compris : la zone allant de la Lajita à Morro Jable mériterait d’être rasée.

Je traverse donc vite, le plus rapidement possible sans écraser personne, pour emprunter la piste qui débute à Morro Jable et s’enfonce toujours plus au sud, en direction de la Punta de Jandia. Il y a un peu de monde mais les dépassements des chicanes mobiles restent possibles, au gré d’une piste plutôt large et facile pour tous types de véhicules. N’ayant pas peur de la casse, à moins d’y aller vraiment comme des cochons…

Le phare de la punta de Jandia est un joli bout du monde, avec un petit village attenant, quelques caravanes et une ambiance roots au possible. C’est que ça ferait sacrément envie, après tout ce béton ! Sauf que c’est sacrément aride, limite désertique. Pas très accueillant, le coin, si on est honnête.

Je file un peu plus au nord, toujours sur la péninsule de Jandia bien sûr, en direction d’un autre phare, celui de la Punta Pesebre. Voici le point de départ de la randonnée n°30 du Rother ! Seuls au monde… Pas une voiture, pas un voisin, rien. Le chemin, monotone au début, arrive rapidement (en vrai, ça paraissait plus long avec le soleil qui tape et l’absence de végétation) à la sublime Caleta de la Madera… Mâchoires béantes, quelle vue !

La suite est une succession de très beaux paysages désertiques, jusqu’à la crique de Agua Cabras et la belle Punta Junquillo. La balade est rude, toujours rude, avec un soleil qui s’est décidé à cogner pleine balle ce jour-là et un environnement vraiment peu hospitalier. Si les températures mi-décembre restaient vivables, cela doit cogner sec en été, prévoir de l’eau en quantité !

J’en termine en une petite paire d’heures mais je dois bien avouer que malgré l’absence de dénivelée significative, j’en ai bien ch*é ! Marcher sous ce soleil, en l’absence de vent frais et avec un environnement complètement désolé, n’est pas chose aisée et j’aspire désormais à un peu de douceur. La péninsule n’offre à dire vrai rien de cela, aussi devrai-je la visiter en oubliant cette envie de verdure et de tempérance. Direction un coin au pied des montagnes, réputé paisible et sympathique : la plage de Cofete, visible au loin lors de la randonnée.

Après avoir rebroussé chemin sur une paire de kilomètres depuis le phare de la Punta de Jandia, une belle piste  en montée par sur la gauche puis la route redescend de l’autre côté de la crête, offrant rapidement un mirador permettant d’admirer le paysage. Ma première étape sur la route est le drôle de bâtiment de la Villa Winter. Cette folie, plus ou moins abandonnée et en cours de restauration à la fois, abrite un musée que je ne visiterai pas. Quelle folie a bien pu pousser ses propriétaires à la bâtir ici, à quelques pas du village coupé du monde qui se maintient à autant d’encâblures de la gigantesque plage. Cofete, bout du monde, bout de folie, endroit au charme fou au possible.

Je quitte Cofete avec un peu de regrets, celui de ne pouvoir prendre plus de temps pour randonner sur place, le long de la plage, au pied du sommet de l’île, le Pico de la Zarza. Y reviendrai-je pour le gravir pour autant ? Rien n’est moins sûr. C’est beau, assurément, mais tellement hostile et aride, ce coin. J’ai vu, j’ai un peu vécu l’endroit, je ne souhaite pas beaucoup plus. Le paysage de cette plage immense et sauvage, dangereuse, avec l’isthme sableux séparant Fuerteventura de Jandia reste toutefois longuement marqué sur mes rétines.

La journée s’achève au niveau d’un drôle de phare, celui de la Entallada, après un court arrêt au niveau de la lagune du Risco el Paso (de quoi faire trempette, vous l’aurez compris). Le sémaphore se dresse au sommet d’une belle excroissance rocheuse qui domine d’un côté les flots de l’océan Atlantique et de l’autre un gigantesque canyon, au bout d’une route très étroite de toute beauté ! Le spectacle au coucher du soleil est magnifique, ne le ratez pas !

Bon. Si la péninsule de Jandia a soufflé le chaud et le froid sur mes sentiments, m’impressionnant par ses paysages mais me lassant aussi un peu par sa rudesse absolue seulement adoucie par quelques eaux turquoise contrastant admirablement avec le spectacle des roches volcaniques, il n’en reste pas moins qu’elle est remarquable et participe du charme réel de Fuerteventura, pour peu qu’on évite son infâme zone balnéaire…

La carte de cette troisième journée à Fuerteventura :

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