Canaries – Fuerteventura – Jour 4 – entre Los Molinos et Toto

Dernier jour sur Fuerteventura et je passe ma soirée à hésiter sur le programme de cette journée. Retourner sur Jandia pour gravir le Pico de la Zarza ? Retourner dans le parc de Betancuria ? C’est finalement cette seconde option qui l’emporte mais j’évite pour commencer la vallée et prend la direction du nord-ouest du parc, côté océan.

Au bout d’une toute petite route qui longe un splendide canyon, on découvre au ras des flots le petit village de Puertito de Los Molinos. L’endroit est bucolique à souhait, avec ses quelques maisons et son petit restaurant à la terrasse séduisante. Il paraît même qu’on y mange bien. De mon côté, je prends le chemin vers le sommet de la falaise d’en face, pas super évident à trouver au premier abord mais offrant une belle vue sur les environs.

Le sentier (répertorié au n°6 du Rother) longe ensuite les falaises, s’enfonçant ici ou là sur la terre désolée mais restant toujours plat. Quelques barrancos font leur apparition ici ou là, creusés profondément jusqu’au niveau de la mer et demandant donc contournement.

La zone est aride, brute, désolée, c’est Jandia en un peu moins sableux et nettement plus rocailleux. Sauvage au possible. Pas une once de vie animale en vue, pas d’oiseaux en l’air tandis que le vent souffle doucement et rend le soleil largement supportable.

Soudain, sur la droite, au pied des falaises, des piscines naturelles ! Il n’est pas très facile d’y accéder et il faut se frayer un chemin vers le bas et les flots, à moitié en escaladant, à moitié en contournant les plus grands obstacles. La récompense est immense : une baignade sans se poser de question (à poil quoi), pas un bruit, personne, rien, juste nous deux. Un régal.

Après la baignade, le chemin continue jusqu’au barranco de la Fuente Blanca, que l’on remonte en direction du centre de l’île vers une petite montagne haute de 252 mètres. Voici un joli point d’observation sur la côte et le chemin du retour, toujours plus aride et désolé ! La proximité des flots avait tempéré la nature réelle de l’environnement, tout sauf amical pour le randonneur.

Retour. Le chemin se balade tant bien que mal de colline en barranco, visant d’abord une ruine de bergerie et pointant ensuite vers Los Molinos, le village qui donne son nom au petit port d’où je suis parti plus tôt le matin. C’est… un peu long à dire vrai mais l’arrivée au niveau de Los Molinos compense bien, avec le superbe Barranco de Los Molinos, verdoyante réserve aviaire !

C’est d’ailleurs ce canyon bien particulier et important pour l’avifaune de l’île que l’on remonte, en prenant bien garde de ne pas trop déranger les oiseaux. Il est d’ailleurs interdit de descendre dans le ravin afin de les préserver et c’est tant mieux.

Le petit puertito de Los Molinos pointe finalement de nouveau son nez alors que le chemin rejoint la route et descend abruptement vers le fond du canyon. La randonnée, un peu longue et éreintante par moments malgré la quasi absence de dénivelée, est terminée ! Il est temps de repartir vers Betancuria.

Cette fois-ci, je contourne le parc et me rend dans le petit village de Toto. L’endroit est adorable, situé légèrement en retrait de la grande route qui fait la jonction entre la côte et la belle ville de Pajara. De là, je grimpe le long d’une belle vallée vers la Degollada de los Granadillos, déjà vue lors de mon premier tour dans le coin, deux jours auparavant !

Il faut dire que le coin est splendide et que sous le franc soleil de cette journée, je ne résiste pas à la tentation de me refaire un beau shoot de paysages. D’ailleurs, c’est tellement beau que je décide de remonter jusqu’à la crête du Pico de la Muda… quelle récompense une nouvelle fois et avec un ciel parfaitement dégagé. Vraiment, ce coin est le plus beau de l’île.

La journée s’achève. Il est temps de retrouver la belle plage noire d’Ajuy pour un nouveau coucher de soleil, en pensant au séjour écoulé, si contrasté. Une première journée décevante, la seconde aux pays des merveilles, la troisième un brin frustrante et brutale et enfin la confirmation du beau pays de Betancuria pour finir… Fuerteventura est très contrastée, offrant tantôt de splendides paysages désertiques, de belles vallées tentant de garder l’eau tant bien que mal et tantôt des horreurs architecturales et humaines sur sa côte ouest. Choisissez votre camp.

La carte de cette journée de randonnée à Fuerteventura :

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