Le Lion de Macédoine – David Gemmell

Après m’être coltiné tant bien que mal l’effroyable (et pénible) Soldat Chamane de Robin Hobb, dont je ne parlerai d’ailleurs pas ici tant je n’ai pas envie de lui consacrer plus de temps, je me suis lancé dans un cycle que je possède depuis maintes années : Le Lion de Macédoine de David Gemmell. Fort de quatre livres (l’Enfant Maudit, la Mort des Nations, le Prince Noir et l’Esprit du Chaos), cette grande fresque nous plonge dans l’histoire de la Grèce antique, du temps où la grande nation était tout sauf unifiée et s’embourbait dans des guerres dévastatrices et successives, retardant encore et encore sa domination régionale face à empire Perse plutôt structuré.

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L’auteur y conte donc la vie et les aventures d’un personnage existant bel et bien dans les tables de l’Histoire mais dont l’origine, la destinée ou encore le rôle exact dans les grandes étapes de ce temps n’est pas du tout écrit. David Gemmell s’est donc approprié ce fameux Parménion, bâtard spartiate, pour en faire l’un des personnages clés de l’histoire de la Grèce antique, tour à tour témoin ou acteur des bouleversements.

Loin de se contenter de retracer les grandes dates marquant guerres, conquêtes et chutes de telle ou telle Cité, Gemmell introduit également une forme de réécriture en développant l’histoire de Parménion, tant d’un point de vue guerrier et stratégique que de celui d’une magie obscure et omniprésente, sans oublier bien évidemment ses relations personnelles. Le livre, loin d’être une simple frise historique, est riche de personnages, de considérations politiques et de détails culturels d’époque. Dans cet univers que l’on ne peine finalement guère à imaginer tant il est richement décrit, l’Esprit du Chaos cherche à s’incarner et le destin de Parménion y sera toujours intimement lié.

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J’aurais pu m’ennuyer à un moment mais il faut dire que le livre ne souffre que de peu de répétitions, développant la psychologie des personnages avec leur vieillissement et leur implication dans les évènements plus ou moins marquants ayant conduits à l’avènement de Philippe de Macédoine et de son fils légendaire : Alexandre le Grand. Bien évidemment, la chute du livre est connue, tout comme les éléments historiques qui le composent, David Gemmell n’ayant pas choisi de réécrire l’Histoire mais bel et bien d’en enrichir la trame, de broder des histoires parallèles à ces destins fantastiques dont les noms ont marqué nos années d’école et quelques films plus ou moins réussis.

Ces quatre livres, que l’on dévore d’une traite ou presque, sont une plongée à la fois historique et imaginaire dans une époque fascinante, d’une violence inouïe et dans laquelle on replonge plus que volontiers en se remémorant certaines de nos vieilles leçons d’Histoire, admiratifs du brio d’un Gemmell inspiré et mêlant avec talent l’évolution de ses personnages, la maîtrise historique et enfin l’adjonction d’une dose d’imaginaire, format une fresque assez inoubliable pour le lecteur quelque peu rebuté par la Fantasy que j’étais, au Trône de Fer près !

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