Corse – Sartène et menhirs antiques

Sartène, la plus corse des villes corses disait Prosper Mérimée, si j’en crois le Routard. Soit. Sauf que le premier jour de mon séjour sur place ressemble fort à une grise mise parisienne. Il pleut, il fait gris et plutôt frais, les pierres sont sombres et austères, on a tout sauf envie de sortir du chez soi sympathique loué pour la semaine à venir.

La grasse matinée effectuée par défaut de météo propice à la rando, les ruelles antiques de la vieille ville finissent par séduire suffisamment pour que l’on s’y risque, d’autant plus que la pluie a cessé et qu’il ne tombe plus guère qu’une espèce de crachin breton, ou normand, selon sa religion.

Les murs et maisons qui datent du XVIème siècle sont édifiées sur un incroyable promontoire montagneux qui confère à Sartène un caractère bien particulier. C’est la Castagniccia mais avec un soupçon d’altitude et de grandeur en sus ; une forme de noblesse, de menton bien relevé et de fierté plutôt bien placée.

On déambule le nez levé, entre la place de Libération, l’église Santa Maria, les ruelles étroites et parfois saugrenues de la vieille ville à proximité de l’échauguette. La seule frustration, alors que la pluie se décide à revenir une fois les courses faites à la cave sartenaise, c’est que le musée départemental soit fermé, covid et faible saison touristique oblige. (et il le restera, fermé, pendant tout le séjour, tristesse)

Après une pause café, séries et glandouille, il semble que le soleil se décide à ramener ses rayons sur la côte sud-ouest sévèrement malmenée par les tempêtes automnales de la dernière semaine. Il serait donc dommage de ne rester à rien faire et de passer à côté des singularités archéologiques de la zone.

Le mot clé est “menhirs” ! Il y a en effet à quelques encablures de Sartène des ensembles assez remarquables, en direction du hameau littoral de Tizzano. Je m’arrête dans un premier temps aux mégalithes de Cauria. Il s’agit d’un site datant de l’âge de bronze, toujours fouillé aujourd’hui et fait de trois lieux distincts.

On découvre successivement, dans une nature splendide, l’alignement de menhirs de Stantari, celui de Rinaghju et enfin le dolmen de Funtanaccia, surnommé force du Diable fut un temps ! Les menhirs arborent des visages, des bras armés, des formes plus ou moins érodées. Le dolmen est quant à lui superbement conservé.

Le second site de ce circuit des menhirs est l’alignement de Pagliaghju. Un tout petit peu moins facile d’accès, il se découvre au bout d’une piste carrossable et d’un petit bout de marche. Il s’agit d’un énorme alignement de menhirs, 260 mégalithes répertoriés… pour la plupart couchés certes mais offrant une vision très impressionnante et émouvante.

Au retour, le soleil couchant brille sur Sartène, illuminant soudainement son austérité montagnarde pour lui donner un cachet supplémentaire et lui rendre la séduction dont elle est clairement capable. La meilleure vue de la ville n’est pas celle du belvédère dédié à celles et ceux tombés pendant la guerre mais bien depuis le cimetière, légèrement en retrait de la ville…

La carte du roadtrip autour de Sartène :