La fille de l’alchimiste – Kai Meyer

 Avec ce roman, La fille de l'alchimiste, j'ai fait quelque chose que je fais rarement : lire un livre traduit de l'allemand. Allez savoir pourquoi, même si j'apprécie beaucoup cette langue, je n'en ai que rarement aimé les traductions, souvent bien trop rigides et mettant en exergue le côté structuré de la langue allemande … autrement dit pas le meilleur côté d'un strict point de vue "esthétique".
 
Et bien, c'est ici une traduction réussie, si l'on excepte la quatrième de couv', d'une platitude absolue :
Fin du XIXe siècle. Aura Institoris a grandi dans le labyrinthe de couloirs obscurs du château de ses ancêtres, bâti sur un récif de la Baltique. Lorsque son père, l'alchimiste Nestor Nepomuk Institoris, est assassiné sur l'ordre de son plus vieux rival, la jeune fille se trouve entraînée malgré elle au cœur d'un conflit dont les racines remontent au Moyen Âge. Aux côtés de son frère adoptif, elle décide d'affronter le meurtrier de son père. S'initiant à son tour aux terribles secrets de l'alchimie, elle va braver les intrigues et les dangers, et partir sur la piste du plus grand mystère de l'humanité : l'immortalité…
Vous en conviendrez, rien de transcendant dans cette énonciation de faits et je n'aurais surement pas acheté le livre sans ma fâcheuse tendance à acheter tout et n'importe quoi en fonction de mes intuitions.
 
Bref : le livre. Il se caractérise par un savant mélange des genres, entre l'historique, le fantastique, le gore et la fantasy … L'histoire est aussi admirablement servie par une palette de personnages complexes et sans compromis : séducteurs, repoussants, mystérieux, névrosés, ils ont tous une part d'ombre non négligeable, tant les principaux que les seconds couteaux. On ne sait plus que penser de ces personnsages jusqu'au dénouement final, dramatique à souhait, tous les éléments du livre finissant pas s'agencer et donner à Aura les réponses qu'elle attendait, et plus encore.
Et c'est avec ça que Kai Meyer se distingue de la production habituelle de la Fantasy : du noir, de l'ombre, de l'horreur … et la peinture d'une période de transition : le développement de l'Europe centrale au début du siècle dernier. Modernisation et pesanteurs historiques se mêlent pour dresser le tableau d'un monde encore sombre dans lequel les personnages s'inscrivent parfaitement : inceste, adultère, hermaphrodisme, alchimie, meurtres, trahisons …
Le livre aborde tous ces thèmes sans broncher et dissèque nos sentiments avec la précision d'un scalpel : on se sent "mal" sans pour autant être rebuté, et on continue à lire.
 
Vous l'avez compris, c'est là un livre sombre, gothique, qui se balade en dehors des sentiers battus, oubliant une partie des conventions du genre sans en renier les thèmes (immortalité, alchimie, etc.) et servi par un style précis mais riche en émotions et en personnages complexes.
 
A lire, sans hésiter une seule seconde.
 

3 Commentaires

  • :angry: :angry: :angry:

    pourquoi tu me laisse pas finir mon livre avant de me donner envie d’en lire d’autre…

    entre « un horizon de cendre », »Le souffle du temps », et maintenant « la fille de l’alchimiste »…

    Je vais j’amais m’en sortir 🙁

  • Ahah désolé ! Et attends de voir la suite hein 😉

    Intercontrat = le temps de lire tard le soir sans avoir peur du réveil le lendemain matin !

  • jvais etre obligé de prendre des congés pour rattraper tout ca alors :S

    si tu me vois en train de lire au ciné jeudi ca sera normal :cheer:

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