Des choses fragiles – Nouvelles et merveilles – Neil Gaiman

Neil Gaiman, dont Silphi a brossé une rétrospective il y a peu, c’est Neverwhere, c’est De Bons Présages, c’est Miroirs et Fumées mais aussi American Gods que je n’ai pas encore lu. C’est aussi ce nouveau recueil de nouvelles et merveilles : Des Choses Fragiles.

Rencontrer les Grands Anciens dans les rues de Londres, goûter la chair de l’oiseau-soleil d’Égypte, survivre aux antivirus de la Matrice, voilà un aperçu des voyages auxquels nous invite Neil Gaiman, dans autant de fables tragiques et grotesques, de poèmes doux et cruels, de récits terribles et merveilleux, où réalité et fantasme s’accouplent à l’ombre de Conan Doyle, H P Lovecraft, C S Lewis ou encore Ray Bradbury. Une mosaïque de sons, d’odeurs, d’idées, d’échos, de souvenirs éphémères, de choses fragiles à garder précieusement dans le grenier de sa mémoire.

Dans son introduction, Neil Gaiman nous raconte l’histoire d’une phrase qui lui est venue dans son sommeil (« Je crois que je préférerais me souvenir d’une vie gaspillée en choses fragiles que passée à éviter toute dette morale. ») et nous en détaille la signification :

Les histoires, tels les gens, les papillons, les œufs d’oiseaux, les cœurs humains et les rêves, sont des choses fragiles faites d’un matériau aussi peu solide ou durable que vingt-six lettres et une poignée de signes de ponctuation. Ou des paroles faites de sons et d’idées, abstraites, invisibles, disparues sitôt prononcées. Et pourtant certaines, simples et minuscules, ont survécu à ceux qui les ont racontées.

Une phrase qui va présider à la naissance de cet assemblage hétéroclite de petits textes, poèmes et autres exercices emplis de sa douce folie et nourris de son écriture si particulière. 32 textes, inégaux, empreints de douceur, de cruauté, de délicatesse, de beauté, d’horreur, de folie douce ou avancée, mais 32 textes dans lesquels on se plonge avec plaisir bien que certains m’aient laissé sur ma faim et/ou quelque peu perplexe.

Il faut dire que je n’ai pas toutes les explications desdits textes qui sont assez malhabilement placées en tête du livre et non pas avant chaque nouvelle comme cela avait pu être le cas pour le recueil de Dan Simmons par exemple (le Styx coule à l’envers, miom). Un choix de l’éditeur je suppose et un bien mauvais choix quoiqu’il en soit. Ceci explique peut-être mon incompréhension face à quelques textes décidément bien étranges et beaucoup plus difficiles à appréhender que ceux de Neverwhere ou de Miroirs et Fumée.

Ce constat est d’autant plus valable que l’on saute d’un thème à l’autre, d’un format de texte à l’autre, d’un type de narration à l’autre ! Pas de cohérence ici si ce n’est l’accumulation des textes et des petites choses fragiles qui composent ce recueil. Bilan, on saute du coq à l’âne et d’un niveau brillant à quelque chose qui me touche moins voire ne me touche pas du tout. La lecture s’est donc avérée un peu difficile parfois, j’ai eu le plus grand mal à « dévorer » ce livre par rapport à ce que je puis faire d’ordinaire. Cela ne m’a pas empêché de tomber sur quelques textes sublimes, fort heureusement !

Inégal, imparfait, étrange, surprenant, je manque d’adjectifs mais je n’utiliserai en revanche pas de superlatifs sauf pour quelques textes, reste qu’il faut lire ce recueil pour en dénicher les petites perles qui s’y nichent et qui ne manqueront pas de vous séduire, quelle que soit votre sensibilité.

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