Savoie – les Cirques de Pralognan-la-Vanoise

Pour cette journée, la météo est cette fois-ci annoncée bonne sur tout le secteur de Pralognan-la-Vanoise, l’un des lieux les plus emblématiques de l’alpinisme. Le village, croquignolet dans son centre, est niché au fond d’une vallée d’altitude de toute beauté. Ce n’est pas un cul de sac mais presque, puisqu’il suffit de s’engager dans la vallée des Prioux pour atteindre le bout de la route.

C’est d’ailleurs là que je commence la randonnée, la voiture garée à deux pas de l’auberge / refuge que l’on trouve ici ; point de départ ou d’escale des multiples randonnées qui sillonnent la zone, sous le regard des glaciers de la Vanoise. Le genou gauche chouine encore fortement, il va falloir le ménager un peu car il y a quand même 1400 mètres de dénivelée à avaler dans un sens puis dans l’autre !

Le premier bout de la randonnée est une montée assez progressive mais à la pente bien sensible dans les guiboles ! Le sentier, de remarquable qualité, s’élève au dessus du Doron de Chavière, coupant ici et là un ruisseau descendant du glacier des Nants. Petit à petit, la vue s’élargit sur la vallée et sur les sommets alentours, Pointe de l’Observatoire et ses voisins en tête. Le spectacle avant même la première étape de la randonnée, est déjà à couper le souffle.

Le sentier finit par rejoindre le chalet des Nants mais surtout le refuge de la Vallette, parfaitement perché sur un petit plateau herbeux offrant des vues superbes sur la vallée en contrebas mais aussi sur le Dôme des Sonailles et le paysage rocailleux et montagnard qui nous attend ensuite. On aurait presque envie de se poser là pour ne plus jamais repartir mais la route est encore longue.

Le sentier descend doucement depuis le col de la Vallette à travers herbages et rocailles pour se rapprocher de Pralognan-la-Vanoise. Le village apparaît d’ailleurs soudain au fond de la vallée, si loin et si proche à la fois. C’est un nouveau type de paysage qui se découvre, celui des cirques dominant le fond de la vallée, autant de petits mondes donnant sur “la ville”, sauvages et isolés.

Le premier se découvre au pied du Petit Marchet, un sommet en forme de pyramide dominant la vallée. Le sentier principal passe à sa gauche, côté Pralognan, mais une variante avec un zeste d’escalade part sur sa droite, permettant d’accéder au joli cirque du Petit Marchet. C’est beau comme tout et même si la remontée pique un peu, le paysage qui se découvre ensuite vaut vraiment le coup de passer par là !

On débouche en amont du Cirque du Grand Marchet, un double sommet qui domine la zone de toute sa minéralité ! Le sentier descend dans un premier temps avant d’offrir soit la possibilité de partir à gauche pour remonter ; ou bien à droite en direction de la belle cascade qui trône au milieu du cirque, tombant du glacier du Grand Marchet.

Je choisis cette option, même si la traversée de la zone de pierriers et ruisseaux n’a pas été forcément de tout repos avec ma patte folle. Qu’importe, quand on est au pied de la cascade, on oublie tout et on observe tantôt la chute, tantôt le paysage qui s’ouvre à ses pieds. Comme pour retarder l’ultime bout d’ascension !

Voici le col du Grand Marchet, point parfait pour se sustenter avant d’entamer la grande et abrupte descente vers Pralognan, sous la petite aiguille de l’Arcellin (et la grande aussi). La descente, avec un petit reste de névé en cadeau, est technique mais largement faisable avec des bâtons. Elle débouche à terme dans le cirque de l’Arcellin, d’où l’on est totalement dominé par les falaises alentours.

La suite consiste en une longue descente jusqu’à s’approcher du village de Pralognan, au niveau du hameau et du parking des Fontanettes. On ne bifurque pas là, on continue à travers bois en prenant bien soin de faire le plein de fraises des bois qui poussent ici à foison !

La traversée de la forêt d’Isertan, avec ses superbes pins et ses vues tantôt dégagées sur Pralognan, tantôt sur les sommets qui dominent le sentier, est très agréable et paisible, fraîche et une nouvelle fois riche de nombreux fraisiers des bois ! Alors forcément, on traîne un peu, avant de rejoindre finalement le GR55 pour une ultime marche vers le pont de Gerlon puis le refuge des Prioux. La guibole est un peu lourde mais les yeux en ont tellement pris plein les yeux que je m’en accommode volontiers.

La carte de cette randonnée :