Hautes-Alpes – le tour de la Tête des Toillies dans le Queyras

Pour cette nouvelle journée, direction le coeur du parc naturel régional du Queyras et le village de Saint-Véran, réputé pour être l’un des plus beaux de France mais aussi l’un des lieux les plus ensoleillés du pays ! Il y a foule ce matin-là alors que le soleil brille effectivement de mille feux. La voiture garée, je ne niaise pas dans le village mais admire néanmoins les premiers chalets tout en prenant la direction du point d’embarquement de la navette qui mène au départ de la randonnée. En saison, la piste est effectivement interdite à la circulation et une navette est mise en place pour éviter les problèmes. Vous n’êtes évidemment pas obligés de l’emprunter, cela vous rajoutera simplement quelques kilomètres… sachant que le tour de la Tête des Toillies effectué ce jour fait déjà la bagatelle de 21.5 km !

Une fois lâchés sur le terrain, les randonneurs se lancent sur une première phase d’approche de la Tête des Toillies, empruntant d’abord la piste pour rejoindre une ancienne carrière de marbre, une ancienne mine également et enfin la petite chapelle des Clausis dominée par les sommets environnants. Cette première section permet de gentiment se chauffer les jambes tout en profitant déjà de jolis paysages, la “tête” trônant toujours à l’arrière-plan.

Après cette phase d’approche, il est temps de commencer à grimper un peu (beaucoup). Bon, d’abord, on grimpe doucement vers le lac de la Blanche et son joli refuge… mais ensuite ça monte sec et net vers le Col de la Noire, à 2955 mètres d’altitude ! Forcément, la végétation disparaît quasi intégralement en direction du col, le minéral prenant intégralement possession des lieux. Les derniers mètres vers le col sont rudes, avec de nombreux lacets pour casser la pente mais la récompense en cours de route et à l’atteinte du col valent largement l’effort ! La Tête des Toillies domine les lieux et au col, elle semble à la fois terriblement proche et encore lointaine. En contrebas du col, côté sud, on découvre la suite du parcours, avec le joli lac de la Noire.

N’allons toutefois pas trop vite en besogne car un petit sentier se détache du col pour rejoindre la Tête des Toillies. Ce n’est pas le “tour” à proprement parler mais franchement, le détour fait envie ! Je me lance donc dans les éboulis et sur la trace assez exposée me rapprochant des roches noires de la Tête. Après cette première zone où il vaut mieux éviter de se rater, le sentier redevient plus aisé et alterne petites montées et descentes pour franchir les derniers obstacles. Une ultime montée m’amène à un peu plus de 3050 mètres d’altitude, au mieux de la Tête des Toillies. L’à-pic est ahurissant et la vue sur l’Italie et l’incroyable (monte) Viso à couper le souffle. La suite de la randonnée se devine également de ce côté avec une multitude de lacs. Je ne tenterai pas l’ascension de la Tête des Toillies, un casque et un équipement léger étant conseillés pour le faire. Redescente vers le col de la Noire donc.

Voici donc le premier des trois cols du tour de la Tête des Toillies franchi. La descente vers le lac de la Noire est paisible, avec un troupeau de brebis gardé par des patous quasiment invisibles et pas le moins du monde agressifs. Le sentier continue de descendre gaiment alors que l’herbe refait son apparition et qu’un second lac fait son apparition en plein soleil, le lac du Longet. D’autres petites étendues d’eau sont visibles également un peu plus loin, à proximité du col du Longet, le second de la randonnée. Ces petites mares si importantes pour la faune et flore locales reflètent superbement le Viso qui continue de prendre le soleil au loin. Magnétique, ce sommet.

D’autres lacs sont visibles un peu plus bas en Italie mais le Tour de la Tête des Toillies m’emmène, après une pause déjeuner bien méritée, vers le troisième et dernier col de la randonnée : le col Blanchet. La montée est raide mais largement moins que celle menant au premier col. Un lac quasiment asséché fait office d’étape à mi-parcours, pile sous la falaise incroyable de la Tête des Toillies. Le paysage, qui redevient largement minéral à l’approche du col, est fascinant, on est en terrain hostile à l’homme.

Commence alors la longue descente vers le point de départ de la randonnée. On frôle d’abord les lacs Blanchet, inférieur et supérieur, avant de rejoindre plutôt rapidement le lac de la Blanche. On longe d’ailleurs ce dernier plutôt que de reprendre le trajet de l’aller pour s’engager ensuite dans une très belle descente le long de la rivière jusqu’à la petite chapelle. La lumière descendante de cette fin de journée, superbe, annonce aussi que c’est bientôt la fin des navettes… ! Ce n’est pas comme si on avait niaisé pendant la randonnée, mais il a fallu légèrement augmenter le rythme sur la dernière section de piste pour réussir à avoir la toute dernière navette. Ouf. Pas passé loin. Et tant mieux, car avec donc 21.5 kilomètres dans les pattes et quasiment 1400m de D+, je n’avais pas spécialement envie de m’en remettre une dose.

Pour finir la journée,  je niaise cette fois-ci pour de bon dans les rues de Saint-Véran, prenant ma dose de chalets centenaires au soleil couchant. Le village a un charme indubitable et donne sérieusement envie de revenir à une saison un tout petit peu moins courue pour refaire ce tour de la Tête des Toillies et rester un peu plus longtemps dans le coin. Peut-être l’an prochain !

La carte de la randonnée :