Guadeloupe – ascension de la Soufrière et balade au Canyon Moustique

L’ascension de la Soufrière est clairement l’un des grands moments d’un voyage en Guadeloupe et je l’attendais clairement avec beaucoup d’impatience ! La météo a été très variable et chargée, comme je le disais il y a quelques articles ; les locaux nous ont même dit que c’était une année particulièrement pluvieuse et orageuse, là où nous aurions du avoir des matinées beaucoup plus clémentes.

En effet, la Soufrière, point culminant de Basse-Terre, est un véritable aimant à nuages. De part sa capacité à créer des contrastes thermiques qui attirent et retiennent les nuées, elle a tendance à être dégagée de bon matin et se couvre très rapidement dans la matinée. Il est bien rare de la voir dégagée l’après-midi, semble-t-il.

L’usage veut donc que l’on en fasse l’ascension de nuit, afin d’arriver au sommet du moment du lever du soleil. Je ne l’ai pas fait à Tenerife pour le Teide, même si ce n’est clairement que partie remise… mais je ne pouvais pas ne pas le faire en Guadeloupe, déjà parce que cela m’étonnerait que j’y revienne aussi facilement et régulièrement qu’aux Canaries et aussi parce que les contraintes météorologiques poussaient en ce sens.

On a donc choisi le matin du 28 décembre pour tenter l’ascension. Réveil 3h et quelques… 1h de route… et c’était parti pour le Chemin du Roi, à la frontale et à la lumière du téléphone, avec une ambiance déjà très clairement nuageuse. Cela semblait d’ores et déjà râpé pour un lever de soleil dénué d’obstacles ! Mais bon, quitte à s’être levés et à être là, on allait sûrement pas rebrousser chemin.

Alors on grimpe, un peu sec au début, puis de façon très régulière en faisant le tour du cône volcanique après Savane à Mulets, l’ancien parking qui donnait accès au pied du volcan ! L’ambiance est silencieuse, il y a un petit groupe de randonneurs loin devant nous et c’est tout. Quasiment personne dans la montagne, le silence, l’humidité assez fraîche et c’est tout.

Impossible de faire des photos, sauf à prendre le temps de faire des pauses longues avec trépied, ce que je ne souhaite pas faire… (et je n’ai pas le matériel de toute façon si un doute m’effleurait). Alors que la luminosité ambiante augmente doucement, le sentier arrive au pied d’une gigantesque fracture dans le cône du volcan. La sente bifurque alors vers le centre du volcan et grimpe sèchement pour la dernière partie de l’ascension.

On débouche au milieu des nuages et des fumerolles dans le coeur du volcan. La zone est interdite d’accès, sauf si l’on est accompagné, car les zones actives, fumeroles et autres effondrements changer d’un mois à l’autre et une erreur serait potentiellement fatale. Puisque nous ne sommes pas accompagnés, nous continuons l’ascension jusqu’à la Découverte, le sommet de la Soufrière ! C’est ici que le soleil doit se lever et il est bien là, boule dorée derrière les nuages qui filent à toute vitesse autour de moi.

La chaleur du soleil chasse ici et là les nuages, dévoilant un paysage dantesque, que l’on devine de toute beauté. Il y a là un mélange d’émerveillement poétique avec ces nuages fluctuants et ces jeux d’ombres et de lumière ; mais aussi une belle dose de frustration. J’aurais tellement voulu profiter du volcan dénué de ses nuées. Tant pis. Est-ce une raison suffisante pour envisager un retour en Guadeloupe ? Après tout, j’ai bien dit que je voulais revenir pour voir la Désirade et Marie-Galante… Qui sait.

La descente se fait à bon rythme, pour retrouver l’embranchement de la faille. On peut alors repartir par le sentier d’arrivée, le sentier des Dames, très facile d’accès, ou prendre à droite en direction de Carmichaël et de la carcasse du DC3 (ah tiens, encore une bonne raison de revenir !). On ne poussera bien sûr pas jusque là, faisant le tour du cône volcanique au milieu d’une végétation remarquable, luxuriante et basse.

Quelques traces de sols volcaniques se laissent apercevoir ici et là, tout comme des instruments de contrôle du volcan, en bouclant vers le col de l’Echelle. Une ascension de ce seront cône aurait d’ailleurs été possible et conseillée s’il avait fait beau, afin de contempler la Soufrière à hauteur d’épaule, l’Echelle étant à peine plus basse. On pourrait aussi descendre jusqu’à la Citerne, un autre cône, rempli d’eau quant à lui.

Mais la météo, vraiment, ne s’arrange pas vraiment. L’envie de prolonger n’est donc pas là car il me reste encore beaucoup de journées sur l’île. Je caresse l’espoir de revenir faire l’ascension un autre matin et de retenter ma chance sur d’autres sommets. L’avenir dira clairement “non”… la météo restant encore bien trop variable pour tenter quoique ce soit. Finalement, sur les 20 jours, il y aura eu un seul matin vraiment clair, le 26 décembre… Fou.

L’ultime section de la descente depuis le Col de l’Echelle permet toutefois d’admirer un gros bout de paysage, tandis que le sommet de la Soufrière se dégage un tout petit peu au moment de rejoindre Savane à Mulets. Comme un pied de nez mais le rythme des nuages au sommet permet de n’avoir aucun regret : ça doit être toujours aussi humide et bouché là-haut !

Le Pas du Roy se dévoile alors à la lumière du jour, redescendant de manière très ordonnée vers les Bains Jaunes. Il y a foule à cette heure… une raison de plus d’ailleurs pour vous conseiller de vous lever à l’aube pour profiter du volcan en solitaire ! Personne dans les Bains Jaunes, construits comme le sentier par les militaires… et donc baignade, alors qu’une petite bruine se met à tomber. Attention à ne pas mettre la tête sous l’eau dans les bains, les amibes pourraient vous croquer le cerveau.

La journée est terminée ? Que nenni ! J’étais parti pour un paquet d’heures de randonnée et une boucle complète via la Citerne et la Chute du Galion moi ! Il m’en reste donc largement assez dans les jambes pour filer juste après sur une randonnée aquatique : le Canyon Moustique. Il existe plusieurs points de départ, plus ou moins bien indiqués, je vous conseille de bien faire attention à la carte ci-dessous pour vous repérer et accéder au parking le plus pratique.

La sente Strava (et il en existe pas mal équivalentes sur OpenRunner) vous permettra de trouver le petit sentier très très très boueux qui descend jusqu’à la rivière Moustique ! Chaussons aquatiques et sac étanche sont clairement des must pour cette randonnée même si le début du parcours consiste à remonter tranquillement le lit de la rivière jusqu’au Canyon Moustique. L’avantage, c’est que vous pourrez le remonter sans vous poser de questions sur où mettre vos pieds pour éviter de les mouiller et vous pourrez profiter des superbes parois végétales.

Surtout, en arrivant au Canyon Moustique, vous pourrez vous jeter gaiment entre les parois de basalte et remonter sur une grosse centaine de mètres jusqu’à un petite cascade, vous mettre au sec et profiter du joli spectacle qu’offre le Canyon Moustique. C’est petit, c’est ludique, c’est vraiment l’une de mes balades aquatiques favorites en Guadeloupe !

La carte de la journée :

La carte de la randonnée sur la Soufrière :

La carte de la randonnée au Canyon Moustique :