Versailles Intime – Dans les coulisses de l’Opéra Royal

L’année 2012 s’obstine à commencer sous les meilleurs auspices puisque le weekend dernier, j’ai remis les pieds à Versailles pour une nouvelle session Intime, cette fois-ci à la découverte de l’Opéra Royal et de ses coulisses. Le temps était à l’avenant, nous pressant de rentrer dans les entrailles du château alors que notre illustre guide commençait d’ores et déjà à nous taquiner, nous tester, nous nourrir d’une foule de petits détails.

Jean-Paul Gousset est le directeur technique de Versailles, il est amoureux de ce château et cela se voit, cela se sent. Il nous observe et nous demande si cela nous tente de passer par un coin sans électricité, histoire de changer un peu du parcours traditionnel. Mais bien sûr que oui cela nous tente ! On traverse alors avec difficulté la cour du château, balayée par un vent cinglant et glacial pour monter très vite dans les étages attenants à la Chapelle Royale. Bienvenue dans les attiques de l’aile Nord !

On parcourt ces grands espaces rapidement, scrutant, observant les reliques d’un temps pas si lointain mais notre but se situe tout au bout de ces appartements : les loges supérieures de l’Opéra Royal ! Vue sur la scène, vertige émerveillé devant les ors du plafond et des colonnades illuminées par tous ces lustres. Notre guide nous conte alors l’histoire de ces lieux, nous explique la symbolique de ces loges, entamant au passage une petite joute verbale avec nous au sujet de la définition du pouvoir et de ses détenteurs à Versailles et de nos jours. Un régal.

On fait le tour de ces loges, un escalier monumental nous attend. Descendons-nous ? Non ! On monte encore… pour découvrir cette fois un joyau d’ingénierie : la charpente de l’Opéra. Qui l’eut crû ! Ce toit n’a rien de commun avec ses semblables, il s’agit d’une charpente en bois d’une portée de 20 mètres alors qu’en théorie, il est impossible de dépasser les 12 mètres. Exceptionnel, toujours en parfait état et dans son jus. Et dire que tout ceci a failli être détruit parce que certains ne croyaient pas à sa solidité.

Allez, cette fois-ci on redescend de quelques mètres pour surplomber rapidement la scène et se pencher sur l’occupation de l’Opéra par le Sénat et la destruction d’un mur coupe-feu redonnant à l’Opéra sa configuration d’origine. On digresse aussi un peu, on discute, il faut dire que notre guide est plus que passionnant, j’aimerais l’avoir à mes côtés à chaque fois que je suis à Versailles !

On apprend ainsi que la salle peut changer de forme et de configuration, devenant tantôt salle de spectacle, de ballet ou de festin, en fonction des occasions et changeant alors de capacité d’accueil. On tapote aussi les colonnades pour se rendre compte que ce sont elles qui servent de vases acoustiques : elles sont creuses ! La forme de la salle traduit aussi (enfin !) la compréhension de l’acoustique avec une demie-ellipse et des niveaux gradués. L’Opéra Royal était réellement conçu pour être exceptionnel, c’était à vrai dire le plus grand Opéra avant la construction de Garnier. Quelle majesté ! A ce propos, la loge du Roi nous voit passer comme des fusées tandis que nous descendons par des escaliers dérobés vers le foyer et enfin vers la scène.

La scène… on y arrive, on se retourne, exceptionnel… Difficile de partir et de s’enfoncer dans les entrailles de l’Opéra, 5 étages plus bas ! Oui, oui, 5 étages.

Un escalier métallique situé dans un coin sombre nous emmène sous terre, du moins en avons nous l’impression mais nous ne nous enfoncerons en fait jamais bien loin sous la surface de la rue, à peine un étage, pile sous les fondations. Les 5 étages de bois, de charpente, de machinerie sont en fait situés à l’intérieur de l’immeuble de l’Opéra. Tout est en décalage ici, c’est quelque peu perturbant quand après 4 étages de descente (et hop, une poutre dans le crâne !) on aperçoit la lumière du jour.

Fin de visite, derniers échanges enthousiastes avec Jean-Paul Gousset qui doit nous quitter rapidement pour une autre visite ! Les yeux pétillants, il file, bondissant, préparant sûrement ses premières saillies pour le prochain groupe. The Sweet Fairy a réussi à trouver les mots justes : cet homme est le Lapin Blanc, Versailles est son terrier et nous étions ses Alice alors qu’il consultait sa montre, toujours un peu en retard, et nous emmenait de l’autre côté du miroir de l’Opéra et de Versailles. Je ne saurais mieux l’exprimer mais cette visite a un goût un peu particulier par rapport aux autres.

Si cela vous a plu ou du moins vous a donné envie de faire de même, je vous rappelle que vous pouvez vous aussi réserver ces visites thématiques… Versailles peut être Intime pour tous.

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