Trophée Andros – Essai de l’Andros Electrique

Si je me suis rendu à l’Alpe d’Huez pour le Trophée Andros, c’était avant tout pour son pendant électrique et non pas pour les véhicules « Silhouette » qui étaient une sorte de bonus pour le gamin curieux que je suis. Il y a trois ans, le Trophée Andros a introduit une version « Electrique » de son Trophée sous les yeux ébahis de pas mal de monde, suscitant notamment un commentaire récurrent : « une voiture électrique en compétition ? sérieusement ? ». Mais oui, sérieusement, et pas uniquement sur glace puisque les véhicules conçus par les sorciers d’Exagon ont aussi tourné sur le circuit de Pau, grosses sensations à la clé.

Le véhicule électrique développé par Exagon Engineering, c’est en fait une coque de fibre de verre posée sur un cœur mêlant à la fois une conception simple et robuste et une véritable innovation technologique. La conception simple et robuste, c’est la partie châssis et trains roulants, Exagon ayant développé quelque chose de peu coûteux mais répondant à toutes les exigences du Trophée que ce soit en terme d’endurance, de performance et de sécurité. L’entreprise basée sur le technocentre de Nevers-Magny Cours s’est en effet appuyée sur la grosse expérience en compétition de ses membres et de son fondateur, Luc Marchetti pour produire un véhicule peu cher mais très efficace.

A l’intérieur, c’est dépouillé, fonctionnel, un dashboard permettant d’engager la transmission et donc de déplacer la voiture à l’aide du moteur électrique. La quête de poids a présidé un peu partout, tout comme l’équilibrage de la voiture avec 800kg tous pleins faits (ahah), une puissance autour des 120 chevaux mais surtout un couple constant de 200 Nm à passer aux seules roues arrières.

En revanche, dans les entrailles, c’est un petit régal avec les batteries Saft assurant 35 minutes d’autonomie à plein « régime », le moteur Siemens transformant l’électricité en couple qui est alors transmis aux roues via un petit différentiel. La batterie court en fait tout du long de la voiture tandis que le moteur et le diff sont situés sous le capot arrière. On pourrait croire que ce véhicule électrique est un peu gentil, c’est oublier que les meilleurs en électrique courent dans les temps de certains en Silhouette ! Alors, imaginez ce véhicule avec un moteur un chouïa plus performant et 4 roues motrices… peut-être dans quelques années.

Toujours est-il que j’ai eu la chance de faire quelques tous à bord de cette voiture pas comme les autres, d’abord en tant que pilote, ensuite en tant que passager de Franck Lagorce puisque c’est lui qui nous prêtait gentiment sa voiture ! Hors de question de la casser donc, surtout que Franck était à mes côtés pour me conseiller et jauger un peu mon niveau sur la glace ! Première chose : il semble que je sache freiner, envoyer la voiture en dérive et doser l’accélération / dérive / volant. Sauf que j’ai quand même un mal fou à mettre la voiture complètement de travers puis à maintenir la glisse ! Question d’habitude me dit-on. Soit, il va falloir bosser alors.

Ces quelques tours m’ont permis de me rendre compte que la voiture est d’une progressivité étonnante ! Le lissage du couple du moteur est très bien fait, assurant un très bon toucher de pédale d’accélérateur avec le dosage que cela sous-entend. Côté freins, cela mord fort, d’autant plus que les pneus n’ont aucun souci à rester directifs et à passer la puissance du moteur et celle du freinage. J’aurais voulu m’éterniser en piste, prendre confiance, lancer un peu plus la voiture, apprendre à véritablement la piloter simplement aux pieds plutôt qu’au volant mais le créneau était trop court. C’est au final Franck Lagorce qui m’a fait la démonstration de ce que la voiture sait faire. Il y a définitivement du boulot mais les sensations sont bonnes et surtout elles sont là. Avec un peu d’entraînement, il y a moyen de faire quelque chose !

Trêve de rêve éveillé, passons à la course entre tous les affreux, finalement remportée par Adrien Tambay, véritable extraterrestre cette année par rapport aux autres. Pour cela, direction la cabine des commentateurs en compagnie de Max Mamers.

Ah les furieux ! De la même manière qu’en Silhouette, ça bastonne fort, ça se suit au centimètre près, profitant de la moindre erreur pour s’infiltrer et tenter de dépasser sur un circuit diablement étroit… L’adrénaline de la course est toujours fabuleuse, sur glace et dans le cadre du Trophée Andros, ça doit être quelque chose.

Fin de la course, rondement menée et remportée par Adrien Tambay, toujours aussi éblouissant ce weekend face à un Christophe Ferrier qui ne démérite pourtant pas, les deux garçons m’étant apparus comme extrêmement sympathiques !

Au final, je dois avouer que le niveau de ce véhicule électrique m’a époustouflé. Entre les passages devant mes yeux et les sensations ressenties à leur volant, je suis conquis. Les discussions avec Luc Marchetti et Max Mamers m’ont enthousiasmé, m’ont donné une envie terrible de revenir mais aussi d’aller faire un tour à Magny-Cours. Le Trophée Andros 2011-2012 s’achève dans deux semaines, vivement 2012-2013. On en reparlera.

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