Essai – Renault Clio RS Gordini

Après l’essai de la démente Mégane RS, j’ai eu la chance de poser mes fesses dans le baquet de sa petite sœur, la Clio RS badgée Gordini et donc dotée du kit purement esthétique de cette version : robe bleu malte, bandes blanches, habitacle revu et corrigé à la sauce Gordini et jantes bleu diamantées du plus bel effet. La petite puce, d’ordinaire assez discrète, est par conséquent métamorphosée et son caractère de mange-bitume étalé aux yeux de tous. J’ai beau regretter que ces « packs » Gordini soient purement esthétiques et non plus mécaniques comme le voudrait l’héritage Gordini, il faut bien avouer que le résultat est splendide et flatte l’œil. Le point de rendez-vous était le même que pour la Mégane RS, j’ai donc retrouvé avec plaisir ce parking et pris la mesure de celle qui ressemble à un hamster bodybuildé en robe de gala… Le bleu malte allume des paillettes dans mes iris, la lèvre blanche du spoiler avant est une invite à la caresse de l’accélérateur, les jantes diamantées sont sublimes. Vite, moteur !

A l’intérieur, une fois la portière refermée dans un claquement sourd, le traitement Gordini est visible, agréablement visible en fait, donnant tout son sens au terme de préparation et rendant l’habitacle de la Clio tout à fait désirable. Volant gainé de bleu et de blanc, baquets en cuir rehaussés du même bleu, pommeau de vitesse en aluminium qui tombe parfaitement sous la main, plaque Gordini sous le tireur de câble, pédales « sport » (oui je dis, « sport »), tout est bien réalisé. Je m’attendais toutefois à une assise un peu plus raide que celle de ces baquets, quelque chose de plus extrême et de moins rembourré / chauffant / électrique. Qu’importe, on est très bien maintenu dans les baquets et la voiture est confortable, Renault Sport ayant réussi comme avec la Mégane à trouver un compromis parfait entre efficacité et confort. Bravo.

Point mort, on lance le moulin d’une pression sur le bouton… Le quatre-cylindres de 2.0L s’ébroue gentiment, remplissant les alentours d’une sonorité grave du plus bel effet. Les deux sorties d’échappement ne sont pas là pour amuser la galerie et les 200ch ne demandent qu’à s’exprimer au travers du joli petit levier de boîte et des non moins jolies pédales. L’invite est claire, il me semble que je me dois d’obéir !

La première s’enclenche, verrouillage franc, débattement de levier court. La pédale d’embrayage est tout aussi précise, tout comme celle des gaz, la voiture s’insère sans sourciller dans n’importe quelle circulation, facile, saine, « normale ». Les autres rapports s’enclenchent avec la même qualité, les sensations aux pédales sont toujours bonnes, cette voiture est tout à fait capable de filer sur un filet de gaz, ne révélant sa vraie nature que lorsque l’échappement se fait entendre.

Je quitte Paris, ses embouteillages, j’enfile quelques courbes du côté de la Défense, premières accélérations franches… et premier coup au cœur. Car oui, à l’heure du downsizing et des petites cylindées boostées aux hormones turbo, Renault Sport livre un quatre cylindres atmosphérique et ça change tout. Vraiment tout. 200ch libérés très haut dans les tours, le moteur feule, chante, gronde, se libère totalement à partir de 6000 tr/min. Dieu que c’est bon, fenêtres ouvertes, dans un tunnel ou une vallée un peu encaissée que de le faire chanter au rythme des clac/clac de la boîte de vitesse ! Chers amis de Renault Sport. Merci pour ce moteur, c’est un pur régal de disponibilité, de violence, de rage même. Le pied.

Boîte : bonheur. Moteur : bonheur. Freinage ? Sec ! Les étriers Brembo à l’avant mordent les disques avec ardeur et les décélérations sont complètement à la hauteur des performances de la machine. La conséquence de cela est que l’on freine tard, fort, sans hésiter non plus car la voiture est stable au freinage, se plaçant bien sur ses appuis et ne se dandinant pas outre mesure. De la même manière que sur la Mégane RS, Renault Sport a fait du bon boulot sur sa déclinaison freinage, rendant une très bonne partition même si j’ai retrouvé sur les deux véhicules une certaine constante : du crissement à basse vitesse en ville. Impossible de savoir si cela est dû à des plaquettes un poil fatiguées ou à un défaut du frein, reste que ça couine pas mal. Gênant par moments.

Qu’est-ce qui peut bien pêcher vraiment dans cette voiture alors ? Les trains roulants ? Même pas. Le réglage des trains est un savant mélange d’efficacité pure et de nervosité, empattement court oblige. La voiture se comporte à merveille aussi bien sur un revêtement lisse que sur un terrain très bosselé, les changements de caps sont francs et directs, bien aidés en cela par une direction assistée aux cartographies revues et corrigées, les prises d’appuis se font de manière sensible et la voiture remonte un nombre suffisant d’informations pour que l’on se sente en parfaite confiance. Reste que comme je le disais, l’empattement de la Clio lui donne un petit caractère nerveux et vif que la Mégane n’avait pas, mieux posée sur ses quatre gros boudins… Il faut donc se méfier des lâchers d’accélérateurs en courbe sur le gras si vous voyez ce que je veux dire ! Disons que l’arrière de la voiture n’hésite pas à vous faire savoir qu’il veut passer devant, ce malgré l’ESP qui est de toute façon très permissif, comme sur Mégane.

Le plaisir est donc très largement au rendez-vous avec cette voiture : direction, trains, freinage, boîte, moteur, ressenti pédale(s), comportement sain et joueur à la fois, efficacité, sonorité et plaisirs auditifs, je ne vois à vrai dire pas de défaut à cette voiture si ce n’est une prise de poids de génération en génération… Ahhh que ce serait bien une version Gordini radicale de la Clio RS avec une centaine de kilos gagnés !

Si encore la voiture était un gouffre en terme de carburant… mais il n’en est rien ! J’ai roulé, avouons-le, comme un sagouin en tapant dans la voiture au maximum de ce que je sais faire et ma consommation moyenne est à moins de 10L/100… Merci l’atmosphérique ! Allez, il est temps de clore le chapitre de ces jolis souvenirs au volant de la Clio RS Gordini. J’ai depuis roulé d’autres voitures du même créneau et oui, oui et oui : la Clio RS Gordini est la référence du segment.

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