Essai – Nissan Juke DIG-T 190ch

Après avoir essayé le Juke-R, il fallait bien prendre le volant de sa version civilisée la plus performante en attendant la mise à disposition de la version Nismo d’ici quelques semaines, j’ai nommé le Juke DIG-T développant 190 chevaux.

Le Juke est une voiture qui m’a toujours laissé un peu perplexe, comme l’ensemble des petits crossovers à vrai dire ! Ni vraiment 4×4, ni vraiment SUV, plus vraiment berline, c’est un drôle de mélange de tout, aromatisé ici à la sauce sportive. La robe ne laisse en tout cas pas indifférent et le parti pris de Nissan en aura rebuté plus d’un, au moins autant qu’il en a séduits d’ailleurs quand on voit les chiffres de vente de la bestiole. C’est bien simple, le Juke est le nouveau RAV-4, un best-seller que l’on croise à tous les coins de rue, un double pari style / concept comme Renault a pu en faire avec plus ou moins de succès. En ce qui me concerne, au delà de mes interrogations sur le segment, la bouille du Juke me plaît. Face avant reconnaissable entre mille avec ses gros yeux d’une part et les optiques acérées qui les surplombent, je trouve que la vue de cette voiture en 3/4 avant en impose pas mal, au contraire de la partie arrière un brin sans saveur.

Intérieurement, l’exercice de style est cohérent et Nissan a su tenir ses prix tout en proposant une bonne impression de finition au niveau de la planche de bord, des sièges ou encore du levier de vitesses. Le gros bloc qui supporte celui-ci pêche en revanche en terme de qualité d’assemblage, résonnant au moindre choc ou montrant quelques amorces de mouvements. Certains plastiques sont moins flatteurs, notamment celui de la planche de bord. Reste que l’ensemble est cohérent avec la gamme de prix, je n’ai pas été choqué par tel ou tel élément.

On retrouve d’ailleurs au milieu de la planche de bord quelques boutons permettant de commander soit la climatisation, soit le type de comportement du véhicule. Les modes Normal, Eco et Sport ont ainsi une influence sur le moteur (couple/puissance/réactivité), la direction et la climatisation. En mode Sport, le moteur réagit très rapidement aux sollicitations tandis que la direction se fait plus précise. C’est bien évidemment mon mode préféré mais le mode Eco a aussi retenu mon attention car il permet de limiter les consommations sans avoir l’impression de se retrouver au vélo d’un tank mollasson ! La direction ne devient pas un bloc de caoutchouc comme par exemple sur la dernière Kia Cee’d. On peut donc envisager de rouler en Eco tout le temps avant de switcher de temps à autre en Sport quand la route s’y prête !

D’ailleurs, en parlant de roulage, comment le Juke se comporte-t-il dans les deux modes ? Tout d’abord, il sait se montrer très civilisé et confortable comme me l’ont indiqué mes passagères, tant à l’avant qu’à l’arrière. Très bon point donc, c’est une voiture à vivre, encore heureux pour un crossover… Ensuite, en conduisant de manière plus sportive, on repère très vite quelques points bloquants qui vont limiter les ardeurs ! Si la boîte et les pédales sont d’un bon niveau, que le moteur pousse fort au vu du poids de la bête (900 km parcourus et 9L/100 relevés) et que les sièges offrent un bon maintien, les suspensions et les pneus servent de fusibles au conducteur. Le parti-pris de confort choisi par Nissan s’avère bloquant dès qu’il s’agit d’envoyer la voiture de courbe en courbe avec une prise de roulis conséquente. Le comportement n’en reste pas moins sain mais la voiture gagnerait à avoir une suspension pilotée par le mode Sport ou bien un amortissement plus sec (à voir sur la version Nismo…). De même, la monte en ContiPremiumContact aux flancs assez hauts n’est pas suffisante pour garantir une efficacité dans les sections serrées… Il aurait fallu des SportContact, tout simplement, mais au prix d’une dégradation conséquente du confort à bord.

Exercice d’équilibriste, ce Juke est très globalement réussi et j’ai mieux compris lors de cet essai pourquoi il se vendait si bien à ceux qui apprécient sa ligne. C’est un véhicule complet mais la motorisation DIG-T de 190 chevaux appelle à une conduite un peu plus dynamique et c’est là que les compromis faits montrent leurs limites. On ne lui en voudra toutefois pas trop puisque la version Nismo qui coiffera bientôt la gamme sera là assurer un amusement maximal.

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